vendredi, 20 juin 2008
Affaire Kieffer, affaire «bombardement» de Bouaké : deux traitements médiatiques
Bizarre autant qu’étrange : chaque fois qu’un «témoin» est déniché sur l’affaire Kieffer, chargé d’un des deux scoops suivants :
— Kieffer enquêtait sur le cacao qui est une source financière importante de l’État ivoirien ;
— Kieffer a rencontré l’homme qui est le beau-frère de sa belle-sœur Simone, laquelle est la femme de son mari Laurent ;
chaque fois qu’un nouveau témoin nous apprend à nouveau une de ces deux informations (et il est certes heureux que l'on parle de Kieffer), il fait plusieurs fois la une des journaux télévisés, relayés par les grands journaux écrits.
Hier, Mediapart publiait l’interview (par Fabrice Lhomme) de Me Balan, l’avocat des familles de soldats français tués à Bouaké. Il affirme — excusez du peu :
— que Mme Alliot-Marie avance des «justifications [...] non seulement insatisfaisantes, mais surtout inexactes» — et que «Mme Alliot-Marie doit s’expliquer»…
— qu’ «il n’est pas exclu que la France soit complice d’une affaire qui aurait pu être le prétexte idéal pour se débarrasser de Laurent Gbagbo» (selon les termes de la question de Fabrice Lhomme) : «c’est une hypothèse comme une autre» ! (répond Me Balan).
Cela à l’appui de l’audition du Gal Poncet qui dit — excusez du peu — qu’il a reçu «instruction de libérer les mercenaires» — assassins présumés des soldats français, tout de même —, par deux canaux différents :
— «d’une part le canal diplomatique[…].“C’est l’ambassadeur de France qui m’a fait savoir qu’il fallait remettre ces personnes au représentant de la Russie. ”»
— «d’autre part le canal militaire. […] Le général dit avoir reçu l’ordre formel de libérer les mercenaires du général Emmanuel Beth, commandant du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO). “Le général Beth n’a pu que me retransmettre un ordre qu’il avait lui-même reçu, il n’a pas pris d’initiative sur ce plan-là”»
Et une telle «bombe» médiatique — selon les termes de Th. Kouamouo qui relaie l’information — ne reçoit aucun écho dans les grands médias et journaux français. Je fouille les moteurs de recherche : rien !
Je vous assure mon cher lecteur : vous avez dit «bizarre» !
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mercredi, 11 juin 2008
À Djé sur «Le génocide voilé»
Djé publie un article qui vaut d’être lu sur le livre de Tidiane N’Diaye, Le génocide voilé, éd. Gallimard, Collection Continents Noirs (272 pages - 21,50 €).
Résumé du livre :
« Les Arabes ont razzié l'Afrique subsaharienne pendant treize siècles sans interruption. La plupart des millions d'hommes qu'ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains.Cette douloureuse page de l'histoire des peuples noirs n'est apparemment pas définitivement tournée. La traite négrière a commencé lorsque l'émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d'esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d'une énorme ponction humaine qui devait s'arrêter officiellement au début du XXe siècle. »
À retrouver sur le blog de Djé, une interview de France Ô : ’10 minutes pour le dire’ du 20 mars 2008 avec Tidiane N’Diaye, écrivain et anthropologue, auteur de ’Le génocide voilé’ — http://franceo.rfo.fr/article1072.html# —
« Un livre qui va faire débat… » conclut l’interviewer.
Tidiane N’Diaye s’inscrit dans la ligne des travaux de Austen auxquels renvoie avec moins de bonheur Pétré-Grenouilleau (Austen a contesté l’usage que ce dernier fait de ses recherches). Austen permet de savoir que la traite arabo-musulmane, phénomène souvent méconnu, est loin d’être pour autant quantité négligeable.
Malek Chebel s’est récemment penché sur la question. Cf. chez St Ralph : ici et ici. Cf. aussi http://delugio.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/09/14/%C3...
Tidiane N’Diaye soutient que la disparition des descendants des esclaves noirs est due au fait qu’ils étaient systématiquement castrés. Voir sur le blog de Djé, des citations éloquentes.
Trois remarques :
1) L’absence de castration des esclaves déportés en Occident renvoie à la catastrophe que représente l’institution de la polygamie : les eunuques sont attachés au service du harem (pratique très connue depuis la plus haute antiquité mais rendue inutile en Occident du fait de la prohibition de la polygamie — prohibition répandue par le christianisme).
Ce qui, selon Alban Dignat, n’empêche pas qu’aux temps carolingiens, « les prisonniers slaves alimentent en grand nombre un commerce actif entre Venise et l'empire arabe du sud de la Méditerranée. Ils rejoignent en premier lieu la place de Verdun, en Champagne, où ils sont systématiquement émasculés (!). Un quart environ d'entre eux ne survivent pas à cette brutale mutilation. Les autres gagnent Venise puis, de là, sont embarqués vers les ports orientaux.
Les marchands vénitiens, bien que de religion chrétienne, ne voient pas d'objection à vendre des païens slaves aux musulmans. Venise conserve le souvenir de ce fructueux commerce dans le nom d'un quai célèbre à l'extrémité du Grand Canal : le quai des Esclavons (nom sous lequel étaient désignés à l'époque les Slaves). C'est l'époque où, dans les langues occidentales, le mot «esclave» ou «slave» se substitue au latin «servus» pour désigner les travailleurs privés de liberté.
Le trafic très particulier se tarit vers l'an 1100 du fait de la christianisation des Slaves. »
2) Cela doit induire une certaine relativisation quantitative de la pratique de la castration dans le monde arabo-musulman : tous les esclaves n’étaient pas employés au service des harems.
Quelques précisions à ce sujet trouvées sur le blog de Krathos :
« Extrait. Les eunuques du sultan :
William Lemprière, médecin anglais reçu à la fin du 18ème siècle par le sultan Sidi Mohammed, roi du Maroc, décrit les eunuques en charge du harem du sultan.
“Aussitôt que le prince eut décidé que j’entrais dans le harem de ses femmes, il ordonna qu’on me conduisit avec mon interprète. Le chef des eunuques me reçut à la porte. Il est à observer que les eunuques chargés spécialement de la garde des femmes sont issus d’esclaves nègres. La voix des eunuques a un accent particulier, elle ressemble un peu à celle des jeunes gens qui sont encore dans l’adolescence. Enfin, ces êtres mutilés offrent tout à la fois une image dégoûtante de faiblesse et de monstruosité. […]” »
Un témoignage qui laisse à penser que les esclaves voués à d’autres tâches, comme les tâches militaires par exemple, n’étaient probablement pas castrés !
Un autre extrait signalé par Krathos confirme l’idée que tous n’étaient pas castrés :
« La Moudawana d’Ibn Al Qassim, texte de référence du rite malékite, contient des dispositions liées à la propriété sexuelle des esclaves :
- Les “parties honteuses” de l’esclave femelle appartiennent de droit à son maître. Il en va ainsi de son ventre (ses enfants) et de son dos (force de travail).
- L’esclave ne peut épouser que deux femmes (contre quatre pour l’homme libre).
- L’esclave ne peut se marier sans l’accord de son maître, mais ce dernier peut l’y obliger.
- Une esclave ne peut être co-épouse avec une femme de condition libre.
- Le nombre de concubines que peut posséder un musulman n’est pas limité (contrairement au nombre de femmes légitimes et de condition libre).
3) Sur Ibn Khaldun, grand penseur musulman du XIVe siècle, souvent considéré comme un des ancêtres des Lumières : Tidiane N’Diaye note qu’Ibn Khaldun tient des propos nettement racistes, parlant d’infériorité des « noirs ».
Ibn Khaldun n’a manifestement pas remarqué que les Slaves, qui ne sont pas « noirs », sont aussi passés par là, jusqu’à recevoir le nom générique de « Slaves » (= esclaves).
Par ailleurs Ibn Khaldun, posant les bases d’une théorie raciste, est, en cela aussi hélas, l’ancêtre des philosophes des Lumières, et probablement pour les mêmes raisons : l’abandon de la référence religieuse qui à terme débouche sur la fin de l’esclavage, entraînait une alternative, pour raisons économiques (raisons du maintien de l’esclavage) : légitimer une pratique à terme disqualifiée religieusement, par des arguments d’un autre ordre : « raciaux », en l’occurrence en rapport avec le taux de mélanine !
Les idées « lumineuses » d’Ibn Khaldun triompheront plus tard. En attendant, un des facteurs (outre la castration) de « disparition » des descendants des « noirs » a pu être le « métissage » — par le viol, ou, au temps de l’affranchissement par la montée dans la hiérarchie socio-religieuse, au bout de plusieurs générations… l’islam valant à terme à son adepte un statut... relativement « élevé » (au-dessus des « dhimmis » juifs et chrétiens)…
Reste du livre que Djé signale opportunément, l’exhumation d’un tabou, levé par Tidiane N’Diaye, aspect des choses dont la recherche ne pourra pas faire l’économie.
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lundi, 02 juin 2008
Au nord de la Côte d’Ivoire : « rétrocession de communes aux maires élus » (sic)
Deux extraits de l’article ci-dessous : Il s’agit de « rétrocéder les communes aux différents maires démocratiquement élus ». En l’occurrence, « rétrocession des mairies dans le cadre de l’unicité des caisses de l’Etat ». Simple remarque : la… prise en main des mairies avant leur « rétrocession » aux maires élus était un des effets collatéraux de l’interposition Licorne et du tant vanté — par les médias français — « accord de Marcoussis ». Une… prise en mains, qui perdure dans les villes qui n’ont pas encore bénéficié de ladite « rétrocession », et qui inclut, avec la bénédiction de la « communauté internationale » la... ponction financière non-étatique desdites communes, ce qu’en d’autres lieux, et en termes moins choisis, on appelle « racket ».
Lu dans Fraternité Matin — samedi 31 mai 2008 — http://www.fratmat.info/1,,,1_fgfd10,,1.php?,__=eb,,0-0&a...:
« Sortie de crise : Les Forces nouvelles cèdent quatre autres communes »
Article par Adjé Jean Alexis, correspondant régional :
« La gestion des communes de Sakassou, Béoumi, Diabo et Bodokro qui était aux mains des Forces nouvelles, depuis le déclenchement de la crise militaro-politique qu’a connue le pays, le 19 septembre 2002 a été cédée à ses maires, hier au secrétariat général desdites forces. Le commandant de la zone 3, le chef de bataillon Chérif Ousmane, a profité de cette occasion pour attirer l’attention du secrétariat national chargé de l’économie et des finances dans les zones CNO sur la prise en charge des éléments des Forces nouvelles. En attendant que le gouvernement qui s’est engagé dans ce sens dans le cadre de l’unicité des caisses de l’Etat dégage les moyens nécessaires. Avant de dire que cela ne peut constituer un frein au respect de leurs engagements c`est-à-dire continuer à rétrocéder les communes aux différents maires démocratiquement élus. "La preuve, après la commune de Bouaké, c’est nous-mêmes qui avons rappelé au secrétaire national chargé de l’économie et des finances dans les zones CNO que les communes telles que Sakassou, Béoumi, Diabo et Bodokro méritent également d’être restituées à leurs maires respectifs", a-t-il laissé entendre. Le représentant du secrétaire national chargé de l’économie et des finances dans les zones CNO, M. Abel Djoré, a fait savoir que l’acte important qui vient d’être posé rentre dans le cadre du processus de paix en cours dans le pays. Et que chacune des parties en présence se doit de jouer sa partition pour permettre à la Côte d’Ivoire de sortir de cette crise qui n’a que trop duré. "Les Forces nouvelles, à travers leur secrétariat national chargé de l’économie et des finances ont pris l’engagement d’aller jusqu’au bout", a-t-il affirmé. Intervenant au nom de ses pairs, M. Kouadio Kouamé Eugène, le maire de la commune de Sakassou, a exprimé toute sa reconnaissance au secrétaire général des Forces nouvelles et à travers lui, tous les membres de ce mouvement qui ont pris l’engagement de leur céder l’ensemble de leurs outils de travail qu’ils détenaient. Pour lui, leur priorité est d’abord d’aller à la rencontre de leurs populations pour les sensibiliser sur ce grand changement à vient de s’opérer. Et ensuite, de se remettre rapidement au travail pour rattraper le temps perdu dans l’intérêt de leurs administrés. M. Djézou Konan, le secrétaire général de la préfecture de Sakassou, représentant le préfet de ce département, a souligné que l’acte que viennent de poser les Forces nouvelles est d’une importance capitale pour l’administration. Parce que le processus de paix qui est en cours et dont la rétrocession des mairies dans le cadre de l’unicité des caisses de l’Etat est un maillon, rencontre pleinement l’adhésion de l’administration ivoirienne. Puis il a précisé que les éléments du Centre de commandement intégré (CCI) qui ont été désignés pour suppléer les Forces nouvelles dans le département de Sakassou dans le cadre de la sécurisation des biens et des personnes tardent à se redéployer. Cela, précise-t-il, pose problème. C’est pourquoi, il a affirmé que les populations du département ont encore besoin des Forces nouvelles pour assurer leur sécurité jusqu’à la sortie définitive de la crise. »
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vendredi, 30 mai 2008
Nouveau scoop dans l’affaire Kieffer : Boga Doudou opposant de Gbagbo !
… Opposant « notoire » pour citer précisément David Servenay annonçant sur Rue89 un « scoop » de Canal+.
Car voilà qu’on nous ressert les fameux « escadrons de la mort de Gbabgo » que d’autres journalistes avaient jusque là pris l’habitude d’évoquer avec plus de circonspection…
David Servenay, lui, qui semble ignorer qui était Émile Boga Doudou, semble ne pas savoir non plus que la justice française a condamné ses confrères qui avaient lancé le « scoop » desdits « escadrons » (en tête desquels confrères Stephen Smith du Monde — tout de même). Diffamation, pour laquelle de tels grands noms de la presse française ont dû payer au couple Gabgbo et à leurs gardes du corps des dommages et intérêts. Il y a quelque temps il est vrai : David Servenay a donc dû oublier…
À moins qu’il n’argumente à l’esbrouffe. Il n’avait pas cité Boga Doudou parmi les « opposants notoires » de son article. Il ne le mentionne qu’en commentaire, talonné par des commentateurs (Djignab et Destribat) qui lui demandent de nommer les fameux « opposants notoires » assassinés. Et comme il n’y en a pas, il nous lâche… Boga Doudou, proche de Gbagbo, haut responsable du FPI assassiné alors que la rébellion tente de renverser le gouvernement Gbagbo dont Boga Doudou est ministre de l’Intérieur ! Soit D. Servenay est très (trop) mal renseigné, soit il tente un coup d’esbrouffe (espérant que ses commentateurs soient aussi mal renseignés qu’il semble l’être ?) pour étayer son propos sur les « escadrons de la mort ».
Pour les autres victimes qu’il mentionne, il déclare le comédien télé Camara H « opposant notoire » — sauf que la notoriété de Camara H n’était pas due à son appartenance au RDR mais à son statut d’homme de télé connu !… Du coup, le voilà qui représente à lui tout seul « les artistes » (au pluriel – sic) assassinés… Son cadavre, on s’en souvient, s’est trouvé exhibé sur le terre-plein central d’une voie rapide très fréquentée, et arboré en boucle dans tous nos journaux télévisés — ce qui a alors permis aux médias français d’occulter, ou au moins de lourdement minimiser, les manifestations monstres d’Abidjan contre le coup fourré parisien de Marcoussis.
Voilà un assassinat qui, pour Gbagbo, serait revenu à se tirer une balle dans le pied, comme celui de son ancien ami Dacoury-Tabley (le troisième que mentionne Servenay, en commentaire) ; comme aussi celui du jardiner de Ouattara qui se trouve précisément être le jardinier… de Ouattara — ce qui en fait ipso facto un haut cadre de l’opposition !? pour reprendre l’interrogation de Destribat. On lira avec profit ses commentaires, ainsi que ceux de Djignab. Ils ont manifestement mis dans l’embarras D. Servenay, lequel a utilisé, ainsi que le note Destribat, et apparemment comme seule source sur ce point, un article de Jeune Afrique — du temps où le magazine était une des voix marquantes des attaques françafricaines contre la Côte d’Ivoire.
Mais alors quid de l’autre « scoop » ? — celui de Canal+ sur l’affaire Kieffer… Eh bien là, pas grand-chose, hélas.
Pour l’essentiel, ce qui était déjà de notoriété publique : la Côte d’Ivoire a acheté des armes pour se défendre, et a pour cela utilisé l’argent que lui rapporte le cacao qu’elle produit. Ce qui n’a jamais été ignoré. « Gbagbo est le premier à avoir dit que l'argent du cacao a servi à acheter des armes pour protéger l'État ivoirien. C'était en 2003, donc avant que Monsieur Kieffer ne disparaisse », note Djignab.
Un commentaire de Destribat pose la bonne question : « si la France n'avait pas fui ses responsabilités (application des accords de Défense de 1962), l'argent du cacao aurait servi à financer des projets éducatifs, de santé »... et il n’y aurait pas eu de lieu d’acheter « des armes en Ukraine, des drones et l'assistance militaire israéliens », poursuit Destribat.
C’est là qu’est le mystère de l’affaire Kieffer… Car quel sens cela a-t-il de faire disparaître quelqu’un réputé dévoiler… des faits connus ?
Quant à ce que la justice française se voit opposer des obstacles, ce n’est pas un scoop non plus, comme il n’est plus un scoop que Paris lui oppose des obstacles dans l’enquête sur la mort des soldats français de Bouaké.
Un des obstacles majeurs à l’enquête Kieffer consiste peut-être… à faire mine de bloquer sur la non-extradition de Legré ! Comme si, en inversant les choses, un Français soupçonné par la justice ivoirienne d’avoir participé à un enlèvement en France pouvait être extradé vers la Côte d’Ivoire !!!
Quant aux « témoins » qui sont en France, Jean-Tony Oulaï ou Berté Seydou, leur présence n’a pas fait avancer grand-chose. Ils ont pourtant fait eux aussi l’objet de nombreux « scoops ».
Et pendant qu’on nous ressert ce type de « scoops » sempiternels, l’enquête piétine… En revanche, il semble que les « escadrons de la mort » aient encore de beaux jours médiatiques devant eux…
À preuve, il n’en fallait pas plus pour que Hofnung sorte de son amer silence et nous donne la conclusion de ce qui à ce jour reste une énigme : Legré comme « appât » (certes au conditionnel – restons prudent) et Gbagbo comparé à Le Pen évoquant son « détail » ! Où Hofnung franchit une nouvelle étape : comme le note très bien Djgnab, il fallait « oser mettre en parallèle la négation d’un génocide » avec l’affaire Kieffer. Hofnung a osé ! « Libération ne serait-il pas un peu haineux ? » demande Djignab en titre de son article. Comme le remarque Théo en commentaire : « Contre Gbagbo, contre Chavez, à peine contre Bush... Fort avec les faibles, faible avec les forts ». Attitude qui apparemment satisfait Hofnung, mais qui n’apporte rien concernant Kieffer — même quand il nous assure que « Kieffer multipliait les scoops dans la presse locale sur les malversations présumées des caciques du régime de Laurent Gbagbo » (cf. la réponse de Djignab). (Je n’ai toujours pas trouvé le ou les articles de Kieffer en question. Un commentateur de Servenay, Paul Aymé, promet qu’ « en quelques clics sur internet, vous en trouvez au moins une quinzaine sur différents sites » — « cacao ivoirien, global witness, bitter chocolate de carol off, la lettre du continent » précise-t-il. Les moteurs de recherche ne m’ont pas fourni lesdits articles de Kieffer à ces références-là… Si quelqu’un est plus habile que moi…)
Les questions troublantes sont posées, en commentaire de l’article de Hofnung, par Bernard Kieffer : « Pourquoi l'ambassade de France et les deux représentants du Quai d'Orsay qui étaient sur place ont-ils discrédité Guy-André Kieffer ("c'était un affairiste douteux qui n'a eu que ce qu'il méritait"), sitôt son enlèvement connu ? Pourquoi Le Lidec, ci-devant ambassadeur de France, a-t-il refusé de recevoir GAK qui lui avait demandé audience quelques jours avant son enlèvement ? […] Pourquoi Joubert et Delapalme ont-ils refusé de s'expliquer devant les auteurs du reportage diffusé par Canal Plus ? […] Pourquoi le Quai d'Orsay prétend-il n'avoir aucune information sur cette affaire qui regorge d'informateurs en tout genre ? […] Pourquoi la Brigade criminelle s'est-elle vu interdire de travailler sur ce dossier en novembre 2007, alors qu'elle enquêtait depuis le début de l'affaire ? Pourquoi cette attitude plus qu'ambiguë des autorités françaises ? »
Destribat, qui se présente comme « un simple citoyen qui refuse simplement d'être pris pour un con » rappelle quelques éléments utiles :
« Tout le monde sait que c'est Gbagbo qui a demandé [à GAK] cet audit sur la filière cacao. Si comme semble le montrer l'enquête, les hautes autorités ivoiriennes sont impliquées dans cette affaire, qu'est-ce qui les empêchait dès le départ d'expulser GAK ? Lorsque les autorités ivoiriennes dénonçaient l'impartialité de RFI dans le traité de la crise ivoirienne, ils ont purement et simplement privé d'antenne la radio. […]
Jean Ziegler ventait les louanges de l’Assurance Maladie Universelle que le parti de Laurent Gbagbo a fait adopter au parlement ivoirien début 2002. Le financement de ce programme, une première dans un pays du tiers Monde, a été bouclé en parti en prélevant une taxe sur l’exportation du cacao (Gbagbo parlait de 1 à 2% à l’époque). L’AMU devait garantir à toute personne résidant sur le territoire national de bénéficier des soins gratuits. Ce programme n’a pas hélas pu se mettre en place à cause de cette sale guerre, et l’argent prévu à cet effet a servi à acheter les armes pour résister à une rébellion dont les soutiens extérieurs sont légions.
L’armée ivoirienne ? Elle n’existait que de nom. […] La Côte d’Ivoire a procédé à un réarmement important […].
Les pistes américaines et européennes, plusieurs quotidiens qu’on qualifie de proche du pouvoir l’on souvent mentionné en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens ont la conviction que l’Affaire GAK est devenue aujourd’hui un épouvantail pour faire pression sur Gbagbo à chaque fois que le processus de paix semble aller vers la résolution définitive du conflit. »
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vendredi, 23 mai 2008
Quand la vérité rattrape le mensonge tôt levé...
Une vidéo édifiante -
le retour des investisseurs français en Côte d'Ivoire :
http://news.abidjan.net/videos/videowcat/eco_n/8963.htm
**************
Voir aussi sur le blog de Théo, un "Aveu de taille" du chef rebelle "Wattao" :
"Même le Président Gbagbo qui avait les moyens de nous écraser a accepté de négocier, il nous a tendu la main. Cela doit servir de leçon à tout le monde."
Le "lapsus" de Raffarin affirmant fin 2004 : « l’armée française est là pour défendre les rebelles du Nord »… « euh… et les populations » - ce lapsus n'en aurait donc pas été un...
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vendredi, 24 août 2007
La voix de son maître
« Sarkozy prend l’affaire en main et décide d’entendre Gbagbo » annonce le journal ivoirien d’opposition Le Nouveau Réveil — vendredi 24 août 2007 — http://news.abidjan.net/h/262323.html — à propos de l’affaire Kieffer !
Imaginons qu’un journal français ait titré pour une affaire similaire, ou pour une affaire pire — celle du Rainbow Warrior par exemple, ou le gouvernement français était effectivement coupable d’un attentat qui avait coûté la vie à un journaliste — ; imaginons qu’un journal français ait annoncé en titre d’article : « le président néo-zélandais David Lange décide d’entendre Mitterrand » !
Il suffit d’imaginer la stupeur des lecteurs français pour avoir une idée de l’étrangeté du titre du Nouveau Réveil !… Sarkozy habilité à « entendre » Gabgbo : le ton paternaliste du discours de Dakar serait donc légitime ?!…
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vendredi, 06 juillet 2007
Darfour — «pédagogie médiatique», ou : comment être sûr de ne rien comprendre…
Lu sur Afrikara, un article utile : il permet de démêler quelques nœuds médiatiques habituels concernant le conflit du Darfour. Je relèverai cinq précautions de cet article, que j’ai marquées (*), précautions indispensables pour sortir un peu du flou sémantique et de l'embrouillamini de la «pédagogie médiatique» qui prévaut habituellement concernant le Darfour.
L’article d’Afrikara — 03/10/2006 —
http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=14...:
« Darfour, génocide en direct : Périssent les Faibles, surtout s’ils sont Africains !
Le conflit qui a éclaté au Darfour en mai 2003 a déjà eu les pires qualificatifs possibles, de génocide pour Colin Powell, à crime contre l’humanité pour le président français Jaques Chirac, il n’a pas arrêté depuis quelques années de susciter émotions, promesses généreuses, cris d’alarme. En septembre 2006, plus de 30 000 personnes manifestaient à New York contre cette tragédie humaine, ses plus de 200 000 morts et 2,5 millions de déplacés, ses milliers de femmes violées, familles torturées, razziées, villages brûlés, exécutions de masses. Dany Glover ou Georges Clooney, personnalités réputée du cinéma mondiales, n’ayant pas hésité à s’afficher pour la cause du Darfour.
Une horreur indicible qui fait pourtant son chemin malgré vents et marées. Peut-être que si il y avait quelque part une véritable volonté d’arrêter ces déplacements de populations et massacres consécutifs aux combats entre milices dites «arabes» (*) Djandjawids, soutenues par le gouvernement et «ethnies» dites «africaines» (*), cela se serait su.
Ce conflit est très emblématique des intérêts des puissants et de la situation des faibles dans la géopolitique mondiale d’aujourd’hui. L’ONU -est-ce une surprise ?- est paralysée par l’implication de deux membres du Conseil de sécurité aux côtés des autorités soudanaises : la Russie fournisseur d’armes d’une répression sans nom d’un gouvernement sur une de ses populations -de l’Ouest- et la chine qui exploite le pétrole du pays.
A cette neutralisation de l’ONU, finalement bien faiblement utile à la paix dans le monde, lorsque de surcroît ses « grands pays » ne sont pas d’accord…, précède la vieille tradition de razzias esclavagistes menées par les populations arabes sur les Noirs (*), dans un climat politique dominé par une dictature militaire islamique.
Un conflit complexe donc. Politique, les Africains -non musulmans ou pas assez (*)- ayant toujours été muselés et sujets de brimades et servitudes, s’étant mis en rébellion contre le régime islamique au pouvoir ; économique avec des oppositions pour le partage de la terre entre paysans sédentaires et nomades; et religieux-culturel -«animistes» contre musulmans (*).
Au milieu de cette catastrophe humanitaire où les conditions d’existence des déplacés s’aggravent de jour en jour, en 2004, mai 2004 selon le journal allemand Zeit, la Syrie avait profité du cheptel humain africain, pour tester sur les populations africaines du Darfour, des armes biologiques. En accord de «coopération» avec le gouvernement soudanais ! Une information passée inaperçues en son temps.
Les tribulations de l’Union africaine, de l’UE et toutes les interpellations, appels et mobilisations ne parviennent aucunement à infléchir la violence du régime central du Soudan. Il faut reconnaître que le Darfour représente un bon «produit» dans l’imagerie occidentale inconsciente du monde. Des Noirs jamais moins indignes dans les images internationales retrouvent toute leur place dans les médias occidentaux. Une place utile à montrer un négatif, utile à démontrer indirectement les zones «civilisées» où il vaudrait mieux avoir le privilège de vivre, tout en se rendant sensible aux clichés dégradants et avilissants de peuples entiers pourtant visibles sur d’autres aspects.
Prenant la place jouée naguère par l’Ethiopie et les famines, le Darfour rassure aussi ceux qui n’imaginent l’Afrique que malade, en guerre, mourante, à aider, modalité subtile de contrôle des Etats modernes et riches, tout en inculquant aux Africains la haine de soi, l’indifférence aux autres, aux valeurs, à soi.
Le Darfour rempli ainsi une mission de reproduction des imaginaires de la modernité, de la civilisation et des barbaries, avec l’aide de tous ! »
Les cinq précautions commentées :
— 1) «milices dites "arabes"» : «dites "arabes"» (avec les guillemets), précision indispensable ;
— 2) «"ethnies" dites "africaines"» : de même que les guillemets à «arabes», les guillemets à «ethnies» et à «africaines» sont fort utiles dans la mesure où tous, localement, sont «africains», et où il n’est pas indispensable de recourir à la notion d’«ethnie» ;
— 3) «les Africains - non musulmans ou pas assez -» : la précision «pas assez» musulmans, corrigeant «non musulmans» donne cette indication fort précieuse : le véritable problème local n’est pas «ethnique», mais relève de l’intégrisme du pouvoir (pouvoir soutenu en son temps, au-delà de la Chine et de la Russie, aussi par la France et les USA ! — ceci expliquant largement cela). Le régime intégriste a ainsi tout loisir de ne pas tolérer, et les chrétiens, et les musulmans… «pas assez» musulmans (que nos médias appellent les «Noirs» pour les distinguer des «Arabes», lesquels «Arabes» sont éventuellement aussi africains, voire «noirs» que les autres ! — mais lesdits «Arabes» sont adeptes d’un islam — arabe — qu’ils considèrent plus pur…
— 4) «"animistes" contre musulmans» : on comprend à la lecture de ce qui précède que les guillemets à «animistes» sont indispensables.
À cela s’ajoute
— 5) «la vieille tradition de razzias esclavagistes menées par les populations arabes sur les Noirs», «tradition»-prétexte sur laquelle s’appuient les intégristes au pouvoir — cette «vieille tradition» servait en effet d’alibi pour des razzias s’autorisant d’une… mission civilisatrice — «les bienfaits de la colonisation» — (musulmane en l’espèce) : réduire des populations en esclavage pour leur bien !
Où les puissances onusiennes, au-delà de leurs intérêts, manifestent un certain… embarras ; tandis que nos médias, sous prétexte de simplifier les choses pour le public (mais ont-ils bien saisi eux-mêmes), ethnicisent un problème autre, et du coup, embrouillent tout.
Pendant ce temps, les musulmans «pas assez» intégristes, non seulement subissent violences et massacres, mais servent en outre d’alibi à la bonne conscience du citoyen euro-américain lambda, qui peut s’en prendre aux «Arabes», finalement bien pires qu’on l’est chez nous : c’est ainsi que nos pouvoirs, se joignant à ce concert larmoyant mais inoffensif — d’un citoyen télévisuel qui ne comprend rien (et pour cause) —, peuvent continuer à s’indigner vertueusement contre les Chinois, les Russes… et accessoirement les Africains, décidément incurables !…
10:50 Publié dans Analyses & commentaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Vingtaine, Côte d'Ivoire, Afrique, Delugio, Politique, Actualité, International
mardi, 29 mai 2007
Guerres, médias et autocritique
« Les médias américains peinent à faire leur autocritique »
titre Libération
pour un article annonçant en sous-titre :
« Un documentaire pointe leurs erreurs dans le traitement du conflit irakien. »
Article signé par DéVRY Thomas, correspondance de New York — daté du mardi 29 mai 2007 —
http://www.liberation.fr/actualite/monde/256710.FR.php
L’article annonce remarquablement la couleur dès sa première phrase. Je cite :
« Comme le chante Elton John, «Sorry seems to be the hardest word» («S'excuser est la chose la plus difficile»). Quatre ans après l'invasion de l'Irak […], la presse américaine semble toujours réticente à admettre son rôle de «facilitateur» dans la catastrophe irakienne. »
Voilà qui s’annonce intéressant pour qui suit la façon de faire de la presse française concernant la crise ivoirienne depuis 4 ans. Un article, écrit pour un journal français — et quel journal français, en regard de la crise franco-ivoirienne !
On peut aisément reprendre mot pour mot cette première phrase à deux détails près :
« Comme le chante Elton John, «Sorry seems to be the hardest word» («S'excuser est la chose la plus difficile»). Quatre ans après l’interposition en Côte d’Ivoire […], la presse française semble toujours réticente à admettre son rôle de «facilitateur» dans la catastrophe ivoirienne. »
(Heureusement, et malgré l’ « interposition » française, la crise en Côte d’Ivoire s’est trouvée depuis quelques mois une issue qui permet la paix jusqu’à présent — avec le dialogue direct.)
Reprenons la lecture de l’article de Libération, pour constater que la presse américaine, elle, se remet tout de même quelque peu en question — cela apparaît tout au long de l’article, sans compter le film qui est à la base de l’article — ce à quoi on pourrait ajouter le scandale d’Abou Graïb rapporté par la presse américaine —, quand la presse française se gardait bien de parler d’Abidjan nov. 2004, et d’enquêter sur le présumé « bombardement » de Bouaké.
Et pourtant le film amateur montrant les tirs sur la foule devant l’hôtel Ivoire qui circulait sur Internet, et où l’on voit Jean-Louis Coulibaly se faire décapiter par une balle de gros calibre, était connu : un extrait (non-significatif) en était montré par nos journaux télévisés. Il a fallu trois semaines et le reportage de Canal + diffusant en outre le bombardement du pont de Gaulle pour que les Français voient enfin ! — l’équivalent de « l'exception d'une poignée de reporters » américains (Canal + et les questions de Daniel Scheidemann à « Arrêt sur image » et dans « Rebonds » — bon alibi pour Libé !).
Et pourtant, rien en France d’équivalent à la remise en question américaine ; non plus qu’à cet autre documentaire « du vétéran Bill Moyers » signalé par l’article Libé, diffusé « début mai » (2007 ?) par la TV publique américaine : « recensant les principales charges (absence de questionnements des motifs de la Maison Blanche, crédulité des reporters, relégation des articles sceptiques en fin de journal...), ce journaliste respecté a recueilli les confidences penaudes d'un certain nombre d'acteurs de l'époque. L'ancien présentateur de CBS, Dan Rather, admet : «Nous n'avons pas assez creusé. Je ne crois pas que l'on puisse excuser ma performance et celle de la presse en général dans les préparatifs de la guerre.»
Amende honorable qui n’est pas sans dignité, et dont on attendrait l’équivalent de la part des médias français, Libé en tête, concernant la Côte d’Ivoire. Mais rien de cela en France, quand en outre, contrairement à la guerre d’Irak, il ne s’agit pas d’une dictature, mais de dégommer un président démocratiquement élu — au prix des pires calomnies relayées par les médias français.
Poursuivons notre lecture : « L'ex-PDG de CNN, Walter Isaacson, pour expliquer le bilan médiocre de la chaîne qu'il dirigeait, lâche : "Il y avait une police du patriotisme dans la foulée du 11 septembre, et quand nous montrions des images de victimes civiles par exemple, nous recevions des coups de téléphone des annonceurs et du gouvernement qui nous taxaient d'antiaméricanisme..."
Voilà qui nous replace en terrain connu en France, où les doigts ont aussi connu la couture du pantalon — certes des médias, mais aussi des opposants politiques, comme au PS —, mais personne pour reconnaître là l’équivalent d’« une police du patriotisme ».
Et pourtant en France aussi, nouvelle équivalence, comme pour leurs confrères américains, « si, à l'exception d'une poignée de reporters, la plupart des journalistes [français] se sont fait rouler dans la farine par l'administration [Chirac], ce sont les éditorialistes et chroniqueurs qui en ont été la vraie chambre d'écho. »
Il n’est pas jusqu’à ce « jeune "faucon de gauche" Peter Beinart [— à présent,] sa prestation fait peine à voir [… — qui] admet qu'il n'a jamais mis les pieds en Irak, qu'il n'est pas spécialiste du Proche-Orient, mais qu'il "a beaucoup lu sur la question" et que cela le rendait parfaitement apte à disserter doctement sur le conflit qu'il appelait de ses vœux... » — il n’est pas jusqu’à ce « jeune "faucon de gauche" » qui n’ait son équivalent : les nombreux ennemis plumitifs français de la démocratie ivoirienne — les fameux « spécialistes de la Côte d’Ivoire » — l’attaquant tout au long des coups de boutoirs diplomatico-militaires françafricains pour la renverser.
Mais en France, pas d’amende honorable. Ici, on pratique le « révisionnisme évolutif » ! Aussi, en France on ne saura pas si — comme « le Time, par exemple, [qui] n'a pas hésité à recruter comme chroniqueurs grassement payés » — certains de nos propriétaires de journaux et accessoirement marchands d’armes ou tout aussi accessoirement propriétaires de l’essentiel de l’économie de la Côte d’Ivoire, se sont payé de même le luxueux service de chroniqueurs, ni de quelle éventuelle façon.
En revanche, on trouvera moult critiques, dans ces mêmes journaux français, de la presse américaine qui a, elle, la décence de faire amende honorable.




