Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 04 sept. - dim. 10 sept. | Page d'accueil | lun. 18 sept. - dim. 24 sept. »

vendredi, 15 septembre 2006

Contre l’appel du pied des médias français à la révolte contre la République, le peuple ivoirien ne se trompe toujours pas de cible



Le ministre ivoirien des Transports, Anaky Kobena — de la mouvance politico-rebelle —, accessoirement fondateur de la Compagnie Tommy ayant «traité» les déchets toxiques du Probo Koala, a subi aujourd'hui une prise à partie vigoureuse de la part du peuple ivoirien (cf. ci-dessous l’article de
Fraternité Matin).

Effet imprévu de l’appel du pied des médias français en Afrique au soulèvement contre le pouvoir ivoirien suite à la pollution ! C’est que dans les cercles français des médias et autres «spécialistes» de la Côte d’Ivoire, «pouvoir ivoirien» égale Gbagbo.

Et voilà, oh stupeur ! que le peuple ivoirien est mieux renseigné que nos «spécialistes». Pas plus tard qu’hier, Libération (relayant RFI et le journal d’opposition Le Jour - qui aujourd'hui convoque Le Monde ! -, un article du dossier de Libération étant repris aujourd’hui par les journaux d’opposition Autres et Le Patriote de Ouattara – si ce n’est pas une histoire de serpent qui se mord la queue !), Libération livrait à la vindicte populaire, en les nommant, les lampistes «proches de Gbagbo» qui viennent d’être «suspendus» sans autre forme de procès par le 1er ministre — qui doit tout de même donner des gages à la «communauté internationale» élyséenne qui l’a placé à son poste.

Libération les a livrés dans une citation… du ministre des Transports précisément, dont à aucun moment le journal «progressiste» ne rappelle, ni le nom, ni, encore moins, le fait qu’il est le créateur de la société Tommy incriminée dans l’épanchement des déchets toxiques à Abidjan, ni a fortiori le fait qu’il appartient à l’opposition politico-rebelle. En revanche Libération décrète que les coupables sont ceux qui ne lui ont pas refusé l’autorisation de créer sa société — et Libération de nommer l’élue (ça, Libération ne le dit pas !) FPI Mme Gbagbo, et les responsables du port et des douanes, qu’Anaky, intégralement cité par Libération, ne manque pas de charger nommément, Libération précisant qu’ils sont «proches de Gbagbo».

Les voilà donc aujourd’hui «suspendus» sans autre forme de procès, tandis qu’Anaky n’est nullement inquiété par la justice. Il est vrai que le ministre de la Justice, comme celui des Transports (et comme Libération si l’on en croit ses articles), appartient à la mouvance politico-rebelle françafricaine…

Et voilà que le peuple ivoirien, lui, victime de la pollution, s’y trompe moins que prévu ! Contre l’attente apparente de la Françafrique et de ses médias, les victimes de la pollution s’en prennent, outre à ceux que médias français et de l’opposition ivoirienne désignent à sa vindicte, à celui qui est resté à l’abri — même pas nommé par les médias pro-français…

Reste qu’on n’entend pas parler, dans les médias français, de l’appartenance politique du ministre pris à partie — quand on répète à l’envi que le DG du port est FPI et «proche de Gbagbo» : nos faiseurs d’opinion savent très bien que ce silence induit le public français à imaginer qu’Anaky aussi est du FPI. Ainsi Le Monde de ce jour, qui en outre — ne manquant au passage une nette prise de parti pour Banny qui se voit opposé à Gabgbo — se pose en fin d’article en interprète {original en regard du texte} de la Constitution ivoirienne en décrétant que le mandat de Gbagbo est terminé !

Sachant les moyens de retentissement de la presse française, qui alimente largement la presse ivoirienne d’opposition (cf. ci-dessus), la situation n’en reste pas moins fragile, les appels du pied persistant (voir pour aujourd’hui, 15.09, les dépêches l’Afp en boucle), en vue de l’échéance d’octobre, à appuyer vigoureusement quelques manifestations de colère aussi compréhensibles que désordonnées…



«LE MINISTRE ANAKY BLESSÉ, LES ODEURS SE REPANDENT DANS LA VILLE»

Fraternité Matin 15 septembre 2006 — http://www.fratmat.net/content/detail.php?cid=RC5zzy24029 :

«Affaires des déchets toxiques : »

par Barthélemy Kouamé :

«Le scandale des déchets toxiques connaît depuis ce vendredi matin un rebondissement. Plusieurs habitants de la ville d’Abidjan se plaignent de la propagation des odeurs desdits déchets. Le ministre des transports, Innocent Anaky Kobena, a fait les frais de la colère des populations de la Riviera, dans la commune de Cocody.

« La ville est gâtée. On ne peut plus respirer », entendaient-on ce matin au « carrefour de la vie », un célèbre endroit de la commune de Cocody. Plusieurs personnes, le nez dans le creux de la main, tentaient vainement d’avoir un véhicule de transport en commun. Au même moment, un véhicule de police faisait retentir sa sirène. La situation semblait confuse à cet endroit, autour de 10h (GMT).

Les populations manifestent dans plusieurs endroits de la ville contre la réapparition et la propagation des odeurs dues au déversement des déchets toxiques. C’est dans l’une de ces manifestations que le ministre des transports, dans le gouvernement démissionnaire, est tombé aux environs de 08h. Innocent Anaky Kobena, selon ses proches venait de quitter sa résidence au « Génie 2000 », dans la commune de Cocody pour se rendre à la levée du corps de son jeune frère décédé il y a trois semaines. « Le ministre et son épouse ont été molestés, blessés. Leur véhicule a été incendié », a déclaré Joël N’Guessan, Vice-Président du MFA, le parti du ministre Anaky, interrogé par téléphone à 10h30.

Selon M. N’Guessan, le ministre Anaky est maintenant hors de danger. « Sa garde l’a conduit au camp militaire d’Akouédo d’où le général Mangou (Philipe, chef d’Etat major des FANCI) est allé le chercher par hélicoptère à 10h », a ajouté le vice-président du MFA.

Ce vendredi, de nombreux habitants d’Abidjan affirment être touchés par les déchets toxiques. « Un camion citerne est venu à 3h du matin déverser les déchets dans une fosse à Angré extension », a témoigné Honoré Kouamé, riverain. « On sent fortement l’odeur des produits au petit marché d’Angré », a affirmé une jeune dame sous couvert d’anonymat. « Des déchets ont été déversés à la Riviera hier nuit, et maintenant nous ne pouvons plus resté à la maison », a indiqué Narcisse Aka., un habitant de la Riviera Palmerais, dans la commune de Cocody.

Notons que dans une adresse à la nation, livrée hier soir, le premier ministre Charles Konan Banny a suspendu plusieurs personnalités. Il s’agit du ministre des transports, du directeur général des douanes, du directeur général du Port autonome d’Abidjan et du gouverneur du district d’Abidjan. »




Quel degré de toxicité ?



medium_toxique.JPG«
L’immunité diplomatique de l’ambassadeur de France est-elle efficace contre les émanations toxiques ?»

C’est une des questions (cf. la photo : au centre, l'ambassadeur de France) que pose, dans Notre Voie, Jacques Silué, Maître-assistant à l’Université d'Abidjan, en regard d’un certain nombre de faits concernant l’affaire des déchets toxiques.

Si les médias français ont été très silencieux en France, on l’a constaté, jusqu’à la démission du gouvernement puis jusqu’au moment où l’affaire leur a semblé pouvoir être mise à profit pour attaquer la résistance ivoirienne ; la rupture du silence des médias français en Afrique s’est faite d’une autre façon : pour déplorer que les Abidjanais ne manifestent pas de façon marquée contre le Président !

Et Jacques Silué d’énumérer un certain nombre de faits curieux. Une liste que l’on peut dire non-exhaustive : il se limite aux bizarreries manifestes. On pourrait ajouter par exemple le fait étrange que des déchets à l’odeur si excessivement nauséabonde aient été déversés en plein cœur d’Abidjan et en plusieurs endroits bien choisis ! Les pollueurs sont généralement plus discrets…


L’article :




Notre Voie
No. 2488 14 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/presse/notrevoie.htm :

«
Les déchets toxiques d'Abidjan ont déjà, en très peu de temps, fait couler beaucoup d'encre et de salive. L'affaire est certainement grave puisqu'elle a provoqué mort d'hommes et fait de nombreux malades sans parler des désagréments causés par des déménagements forcés (à ne pas confondre avec le déplacement massif de populations). Comme si l'on recherchait à donner à cette affaire toxique un retentissement médiatique encore plus fort, on en a amplifié l'apparente gravité avec la dissolution spectaculaire du gouvernement, une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. L'affaire a même réussi à noyer le sommet de Yamoussoukro mais surtout la réunion du GTI. Mais au moment où la justice s'active pour déterminer les responsabilités et que les experts cherchent à déterminer la nature et le degré de toxicité des déchets, il faut garder la tête froide et re-examiner cette affaire à travers le prisme de la crise ivoirienne qui nous a habitué aux intrigues les plus inattendues.

Spontanéité de l'aide ; empressement à répondre à la demande d'aide ; les experts français ne portent pas de masques

La période
L'affaire des déchets est survenue à un moment quelque peu crucial de la vie politique ivoirienne en crise, précisément à quelques jours seulement de la tenue de la réunion mensuelle du GTI qui, on le sait, avait été curieusement décalée de quelques jours comme pour respecter quelque timing. Mais profitant de l'effet gazeux des déchets, le GTI a réussi à annoncer son remake de tentative de noyautage des institutions républicaines en entreprenant de placer la résolution 1633 au-dessus de la Loi fondamentale ivoirienne.

La bizarre manifestation du jeudi 07
Dans la nuit du mercredi 06 au jeudi 07, les organisateurs de la ville morte pour cause de dissémination de déchets toxiques se sont employés à effrayer et à ameuter les populations. Ces organisateurs, sans le moindre début de preuve, n'ont pas hésité à affirmer que les déchets étaient radioactifs et qu'ils avaient déjà fait 77 morts ! En réalité, un chiffre voulu très précis pour le rendre plus vraisemblable aux fins de frapper suffisamment l'imaginaire des Ivoiriens et les convaincre à sortir massivement. La mobilisation n'ayant pas atteint le niveau des démonstrations de forces patriotiques, RFI dont tout le monde connaît l'impartialité, n'a pas pu s'empêcher de s'étonner de la timidité des populations abidjanaises, se plaignant presque de la torpeur des manifestants. Quelque chose à méditer sereinement.

La sérénité des ressortissants européens
La sérénité des ressortissants européens est tout aussi déconcertante. En effet, lorsque l'on connaît le haut niveau d'éveil écologique des occidentaux souvent témoins, eux, de fréquents accidents dus aux accidents industriels aux émanations toxiques dévastatrices, on ne peut que s'étonner de n'avoir ni entendu aucune instruction des chancelleries européennes à destination de leurs ressortissants qui leur sont si chers, ni observé le moindre signe de panique chez ces derniers. Connaissant le degré de conscience écologique très élevé des occidentaux, on devrait observer, ne serait-ce qu'un début de rapatriement ou au moins de relocalisation. Rien de tout cela, curieux non ? Et si nos frères occidentaux étaient relativement bien informés de la modicité de la teneur toxique des déchets au point que ceux dont les bureaux sont situés à Vridi, une zone normalement affectée, continuent d'aller au boulot sans montrer la moindre inquiétude ?

L'immunité diplomatique protégerait-elle l'ambassadeur de France ?
Un autre détail qui n'a peut-être pas échappé aux observateurs attentifs, c'est cette image du journal télévisé de 20 h du vendredi 08 septembre reprise à “la une” de Fraternité matin du samedi 09. L'image montre très clairement le Premier ministre Banny, la ministre déléguée à la Coopération française, le ministre de l'Environnement et quelques membres de la délégation filmée sur le site “normalement très intoxiqué” d'Akouédo arborant strictement des masques de protection contre les émanations supposées toxiquement mortelles. Chose curieuse, l'ambassadeur de France n'en a point. Sans doute, son immunité diplomatique est-elle, elle aussi, efficace contre les émanations toxiques. Ou bien le diplomate français saurait-il que les déchets n'ont pas le caractère hautement toxique qu'on veut leur attribuer ?

La spontanéité de l'aide française et l'enchaînement des événements
En outre, les experts français dépêchés depuis la Gaulle et qui se sont montrés d'une extraordinaire spontanéité seraient-ils eux aussi vaccinés contre nos déchets au point de se passer de masques de protection ? Enfin, la rapidité d'acheminement de l'aide matérielle française signifierait-elle qu'ils étaient déjà prêts à intervenir bien avant la révélation de l'affaire des déchets ? Ce ne sont que des interrogations, même si elles peuvent paraître violentes. Dans les catastrophes, revoyons aussi la chaîne des sociétés citées dans l'affaire.

Une structure d'accueil spéciale pour les déchets
Le cas de la société Tommy mérite qu'on s'y penche aussi. Cette société, qui s'est portée volontaire pour le traitement des déchets toxiques, a entamé sa procédure de constitution légale il y a seulement trois mois. C'est-à-dire juste après le départ même des déchets d'Europe... Avant même que l'on ne soit situé sur les conclusions des investigations judiciaires, n'a-t-on pas des raisons sérieuses de croire que cette société a été mise sur pied dans le seul but de servir de structure d'accueil aux déchets ? Et pour quelle fin ?

Du charnier de Yopougon aux déchets toxiques d'Abidjan
On aurait finalement tort d'accuser de paranoïa ceux qui ont déjà trouvé des similitudes troublantes entre les déchets d'Abidjan et le fameux charnier de Yopougon annoncé, en son temps, dans l'espoir d'un soulèvement populaire. Dans le cas des déchets toxiques, ceux qui ont compté sur un soulèvement de la population, soulèvement qui, selon leurs calculs, aurait dû être aiguillé par une conscience écologique aiguë se sont peut-être trompés. La crise imposée aux Ivoiriens depuis quatre ans ne leur donne justement plus le loisir de s'inquiéter de considérations écologiques. Ils sont comme immunisés contre l'inattendu “Didiga”. Il ne faut peut-être pas donner tort à ceux qui pensent que derrière les déchets toxiques se cache un plan B de renversement du pouvoir en Côte d'Ivoire. Le président Gbagbo avait d'ailleurs relevé avec amertume qu'“après avoir livré la guerre militaire à la Côte d'Ivoire, on lui servait à présent des déchets
toxiques”.

Comme on le voit, certains faits, comportements et indices autour des tas de déchets toxiques sont si intrigants que l'on peut être amené à se demander si, finalement, les gestionnaires internationaux et nationaux de déchets toxiques ne recherchaient pas beaucoup une toxicité politique, à défaut de la toxicité chimique qui, en réalité, est sans commune mesure avec la radioactivité dévastatrice de l'accident nucléaire de Tchernobyl dont les effets avaient été ressentis à des milliers de kilomètres du site sibérien… Alors vigilance ! ! !

Une contribution de Jacques Silué S..
Maître-assistant
Université d'Abidjan»



Suites «judiciaires» (outre les suites médiatico-diplomatiques déjà constatées dans les jours précédents)… : la suspension des responsables du port et des douanes «proches de Gabgbo». Quid du créateur de la société Tommy, le ministre d’opposition politico-rebelle ?


«Banny a-t-il le pouvoir de suspendre des DG?»


Le
Temps - 15/9/2006 - http://news.abidjan.net/article/?n=212811

«On croyait le Premier ministre Charles Konan Banny en tandem avec le Président Laurent Gbagbo. En tout cas, c`est ce qu`il a laissé croire. Mais sa énième sortie hier, à la télévision nationale laisse entrevoir un conflit d`autorité dont souffre le Gouverneur de la BCEAO. En effet, au moment où le peuple ivoirien attend un nouveau gouvernement qui éloignerait le vide crée suite à l`affaire des déchets toxiques, Banny a encore outrepassé ses pouvoirs de Premier ministre du gouvernement de transition. Il a non seulement pris le contre-pied de la décision du Président de la République de ne pas "s`immiscer dans les affaires d`ordre judiciaire ", mais il a court-circuité et le procureur de la République et le procureur militaire commissaire du gouvernement qui poursuivent leurs enquêtes {cf. article ci-dessous}. On est alors en droit de se poser la question de savoir que veut Banny ? Pourquoi ne va-t-il pas dans le sens de la justice comme le conseille le Président de la République ? Banny aurait-il des documents que n`auraient pas le procureur de la République et le commissaire du gouvernement et qui prouveraient que ceux qu`il a suspendus " provisoirement " sont coupables dans l`affaire des déchets toxiques ? Qu`est-ce qui justifie cette précipitation avec laquelle il sanctionne, alors que même le Président de la République s`en est remis à la justice et que cette justice n`a pas encore bouclé son enquête ? Banny a-t-il le pouvoir de démettre des hautes fonctions de l`Etat à la place du Président de la République ? A ce qu’on sache, seul le Président de la République a le pouvoir discrétionnaire de nommer à des hautes fonctions de l’Etat et de démettre. Banny voudrait-il montrer aux Ivoiriens qu`il est de connivence avec le GTI qui lui demande de ravir le pouvoir au Président Gbagbo ? Que veut donc Banny et de quoi parle-t-il - lui dont l`action s`arrête à la démission de son gouvernement et qui devait reprendre à la composition d`un nouveau - quand il s`immisce dans une affaire qui dépasse son pouvoir ? Les jours à venir nous situeront.
Simplice Allard»



«Mesures transitoires/ Gossio, Gnamien Konan et Amondji suspendus»


Le
Temps - 15/9/2006 - http://news.abidjan.net/article/?n=212809

«Comme prévu, le Premier ministre Charles Konan Banny s'est adressé hier, à la Nation. Il a fait savoir des mesures transitoires et indiqué la réouverture provisoire de la décharge d'Akouédo; le temps de débarrasser le district d'Abidjan des tas d'immondices visibles dans tous les coins de rues. En outre, le Premier ministre Banny a annoncé la formation du nouveau gouvernement pour les prochaines heures. Non sans mentionner que les opérations d'enlèvement des déchets toxiques et de dépollution vont commencer le 17 septembre prochain. Toujours au titre des mesures transitoires, il a annoncé la suspension des Directeurs généraux du Port autonome d'Abidjan (PAA) et des Douanes. Que sont respectivement, Marcel Gossio et le Colonel Major Gnamien Konan. De même que le Gouverneur du district d'Abidjan, Pierre Djédji Amondji et le Directeur des Affaires maritimes du ministère des Transports. " Ces mesures conservatoires en accords avec les règles de la gestion administrative, pourront entraîner la révocation des concernés si les enquêtes établissent leur culpabilité. Qu'une distinction à cet égard, soit faite entre responsabilité et culpabilité", a conclu le Premier ministre Banny.
B. M»





jeudi, 14 septembre 2006

Refus d’aller à New York : Gbagbo contacte Ivoire Forum



http://www.ivoireforum.com/a_la_une.asp?id=1018 :

Le président ivoirien Laurent Gbagbo, on l’a dit est un lecteur assidu du journal Ivoire Forum. Non seulement il le lit de manière quotidienne, mais il en extirpe les éléments les plus essentiels pour sa politique. Pour preuve, il y a deux semaines, comparativement à la prochaine assemblée de l’ONU qui doit également se plancher sur la situation politico-rebelle en Côte d’Ivoire, le journal en ligne Ivoire Forum avait annoncé et conseillé au PR de ne point répondre à la convocation du SG de l’ONU le Ghanéen Kofi Annan. Le président a considéré notre point de vu et ne mettra pas les pieds à new York.
Devant toute la hiérarchie militaire, SEM. Gbagbo a été, on ne peut plus clair "Je n'irai pas à New York et n'y enverrai aucune délégation"…Je n'irai pas pour protester contre la manière cavalière et impolie dont le GTI (Groupe de travail international, chargé d'évaluer les progrès du processus de paix ivoirien) traite les histoires de mon pays…Le GTI est incapable de nous aider à désarmer les rebelles et à aller aux élections" a-t-il indiqué à qui veut vouloir l’entendre avant de terminer net: "Je ne veux pas cautionner la mascarade…Les négociations sont terminées".
Maintenant, on attend à Abidjan, ce que les barracudas de M. Chirac viendra semer à Abidjan.
Depuis le 19 septembre, on a tout vu : tirs à l’arme automatique, destruction des notre flotte aérienne, tentative d’assassinat et d’enlèvement, et maintenant déchets toxiques. Mais Ivoirien meurent pas !!!!!!!!.

Gervaise. Assoumou



«Le vrai plan B de la France»



Le Courrier d’Abidjan
— Parution N° 815 du 14 septembre 2006 — http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14881:


par
Théophile Kouamouo :


«Analyse – De nombreux observateurs, y compris parmi les proches du président Gbagbo, pensent que les prochains rounds ne visent qu’à une réorganisation du partage du pouvoir. Pourtant, Paris se prépare à tenter le tout pour le tout pour en finir avec le numéro un ivoirien. A quelques mois de la retraite politique de Jacques Chirac…

A quelle sauce la résistance ivoirienne sera-t-elle mangée dans les prochains jours, si comme le mouton du sacrifice, elle accepte les règles d’un jeu diplomatique qui la condamne ?
La configuration prônée par Omar Bongo (Gbagbo président sans pouvoirs, ADO vice-président et chef de gouvernement, Soro premier ministre, Bédié préposé à la rédaction d’une nouvelle Constitution) étant plus ou moins écarté, tous les analystes se concentrent sur le schéma de Paris, plus ou moins «officialisé» et quasiment annoncé par le GTI : la Constitution est dissoute, Gbagbo reste président, mais Banny a des pouvoirs accrus.
Sur cette base, de nombreux acteurs des cercles politiques proches de la République pensent que la bataille d’octobre 2006 sera à peu près la même chose que celle d’octobre 2005. Et que le résultat sera à peu près le même. Le clan des «risquophobes» du camp présidentiel est d’ores et déjà dans ses petits calculs sur le partage du pouvoir, les postes de ministres et de directeurs généraux à défendre, les réflexes de survie à avoir en attendant le grand départ de Jacques Chirac en mai 2007. Et s’ils se trompaient ?
De sources concordantes, les stratèges de la Françafrique comptent bien accélérer leur machine pour obtenir une neutralisation du président Gbagbo, sans possibilité de rémission. Le décor est déjà mis en scène. Paris, qui estime pouvoir abattre ses cartes, ne fait plus semblant. La ministre française de la Coopération, Brigitte Girardin, avoue elle-même n’avoir jamais vu le président Gbagbo et n’avoir jamais demandé à le voir. Paris profère des menaces, notamment sur les listes électorales, avec la même virulence qu’en septembre 2002. Tout un scénario machiavélique est mis en place pour faire apparaître le président ivoirien comme l’obstacle à la paix.
Les stratèges du plan savent que les décrets de l’ONU ne valent pas grand-chose par eux-mêmes : la résolution 1633 ne demandait-elle pas le désarmement «immédiat» de la rébellion ? Ils ne se contenteront pas de textes onusiens alors que Kofi Annan s’en va en décembre et que Jacques Chirac suivra quelques mois plus tard. Ils essaieront de mettre la main sur l’Etat de Côte d’Ivoire par la force.
Un coup d’Etat du troisième type, à la fois mené par l’opposition politico-militaire, l’ONU et la force Licorne (chargée de mettre en application les résolutions), se prépare.
A New York, il ne s’agira pas que de mettre la Constitution en veilleuse. Il s’agira aussi de donner une «légitimité internationale» à la prise en main de l’armée par le Premier ministre. D’où la dernière salve du GTI concernant les nominations aux responsabilités «civilo-militaires». Paris prépare donc une marginalisation de la Légion de l’Honneur et la création d’un nouvel état-major fait des supplétifs de Licorne, qui viendront, sous prétexte de liquidation des «milices», terroriser les jeunes patriotes. Les jeunes patriotes liquidés, le champ serait libre dans un contexte où le camp présidentiel a quasiment abandonné tous les instruments idéologiques de l’Etat.
Ce qui est en jeu, c’est véritablement le renversement du président Gbagbo. La Constitution mise à l’écart, l’ONU pourra très vite statuer, quelques semaines après le vote du «nouvel arrangement institutionnel», sur une série de mesures criminalisant le président de la République, au point de le transformer en zombie lâché par une partie de son propre camp, corrompue par la Françafrique.
Le président Laurent Gbagbo et les patriotes authentiques sont-ils prêts à faire face au vrai plan B de la France ? Si elle se présente de manière plus sournoise, la situation actuelle est au moins aussi grave que celle de novembre 2004. Mais les patriotes ne se battront pas s’ils n’ont pas un leadership franc et conséquent. »




mercredi, 13 septembre 2006

La Côte d’Ivoire entre déchets toxiques et tentatives de déstabilisation



Pendant que d’aucuns s’agitent et tentent de dissoudre leur responsabilité derrière la multiplication des sociétés écrans et autres intermédiaires, fût-ce au prix d’insinuations, voire de diffamations — pendant qu’à l’ombre de tout cela, et fût-ce en usant de cela (comme le dénonce ci-dessous Mamadou Koulibaly) se poursuivent les grandes manœuvres diplomatico-médiatiques visant à influencer l’Onu contre la Côte d’Ivoire républicaine, — pendant ce temps, celle-ci pose des actes concrets de solidarité :


«COLLECTE DE DONS - Les Ivoiriens répondent à l`appel de Blé Goudé»


Le Matin d'Abidjan - 9/12/2006 8:39:26 PM — http://news.abidjan.net/h/212358.html :

«
La chaîne de solidarité initiée par le président de l'Alliance des jeunes patriotes de Côte d'Ivoire pour venir en aide aux victimes des déchets toxiques a démarré officiellement hier à l'hôtel communal de Cocody.

En collaboration avec le Syndicat national des étudiants en sciences de la santé (SYNESS), représenté par le Dr Saraka, une équipe de médecins effectuera une permanence aux heures ouvrables pour collecter les dons des ivoiriens pour la prise en charge médicale des victimes. Aussi les membres du SYNESS se sont engagés à se déployer sur les 36 centres de prise en charge pour aider les équipes locales à prendre soin des personnes intoxiquées. Cette action humanitaire vise à démontrer à l'opinion nationale que la jeunesse patriotique n'est pas indifférente au drame des déchets toxiques, a expliqué Charles Blé Goudé dont l'objectif principal est d'aider à soulager les malades et de leur exprimer sa solidarité et celle des ivoiriens en général. C'est un moyen de faire comprendre aux Ivoiriens qu'ils doivent apprendre à se prendre en charge en pareille situation en mettant fin à la politique de la main tendue vers l'extérieur pour régler ce genre de drame a expliqué le président de l’Alliance qui a ajouté que cette action vient en appoint aux efforts de l'Etat. Ainsi, il a appelé chaque Ivoirien à s'investir dans cette action et remercié les jeunes médecins et les donateurs de la première journée de cette collecte de dons. Pour le Dr Saraka, porte parole des jeunes médecins, il s'agit, à travers leur mobilisation, de résoudre le problème de l'accessibilité des médicaments et des soins à tous les malades concernés. C'est un moyen, en outre, de jouer leur part dans ce drame que vit la Côte d'Ivoire et de venir en appoint au dispositif sanitaire déployé par le gouvernement, a-t-il signifié. Les Ivoiriens ont répondu favorablement à l'appel du leader de la galaxie patriotique. Parmi eux, le président de l'Assemblé nationale, le Pr Mamadou Koulibaly. Accompagné d'une délégation de membres de l'institution nationale, il est venu remettre la contribution du parlement ivoirien composée de médicaments d'une valeur d'un million de Fcfa. Dans son propos, le Pr Mamadou Koulibaly a salué et félicité les jeunes patriotes et les médecins. Pour lui, cette affaire est un acte de terrorisme pour annihiler tous les efforts de sortie de crise en cours. En témoigne, selon lui, la période choisie pour ce scandale et les sites touchés par l'intoxication. Il s'est indigné de la complicité des autorités ivoiriennes et espère que la justice fera son travail pour sanctionner les coupables. Par ailleurs, espère que ce scandale honteux permettra aux Ivoiriens d'être solidaires et de ne plus brader leur pays pour des intérêts personnels. Les artistes ivoiriens ont adhéré à l'action des jeunes patriotes. Réunis au sein de l'Union nationale des artistes de Côte d'Ivoire (UNARTCI), ils ont offert des médicaments d'une valeur de 500 000 F cfa. " “Nous soutenons les actions qui tendent à sortir la côte d'Ivoire des problèmes ", a dit Gadji Céli, le président de cette union. Mme Sidjiri Bakaba, administratrice générale du palais de la culture, a apporté son soutien avec un lot de médicaments. De façon personnelle, de nombreux Ivoiriens ont également participé à cette action humanitaire en donnant qui, de l'argent qui des médicaments. Cette initiative sera maintenue jusqu'à ce que le mal soit écarté, a souligné le Dr Saraka. Pour sa part, Charles Blé Goudé entend initier dans le même ton un Téléthon dans les jours à venir pour que les Ivoiriens fassent parler leur cœur.
CAROL OFFI
»



mardi, 12 septembre 2006

«Déchets toxiques a Abidjan - Des révélations sur la société affréteur du Probo-Koala»



Soir Info
— mardi 12 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=212119 :

par Ahou Nazaire KIKIE :

«Affréteur du Probo Koala, navire qui a déversé des déchets toxiques à Abidjan, la multinationale du “ trading ” pétrolier et des matières premières, Trafigura, est une société de l’ombre à la réputation sulfureuse. Selon des renseignements assez précis, elle est très active en Afrique, où elle commercialise le pétrole de plusieurs pays tels que le Congo-Brazaville, l’Angola et le Cameroun. Immatriculée aux Pays-Bas, mais avec ses bureaux à Londres et des ramifications dans de nombreux paradis fiscaux, Trafigura a été créée, en 1993, par deux Français : Claude Dauphin et Eric de Turckheim. Ces “ traders ” ont été formés à la bonne école. Ils sont d’anciens collaborateurs du “ pape ” du négoce du pétrole, le très contesté homme d’affaires américain Marc Rich, condamné à 325 ans de prison pour fraude fiscale aux Etats-Unis, avant d’être amnistié par Bill Clinton, quelques jours avant la fin du second mandat de ce dernier. Omniprésent sur le marché mondial du pétrole, Trafigura n’en est pas à son premier coup tordu. Cette société est l’un des principaux acteurs du scandale du programme des Nations Unies “Pétrole contre nourriture ”, où des milliards de dollars, entre 1996 et 2003, ont été frauduleusement détournés, partagés entre les dirigeants du régime de Saddam Hussein et des intermédiaires occidentaux alléchés par l’appât du gain. Ainsi, Trafigura est-elle abondamment citée dans l’épais rapport sur l’Irak. Rapport de l’enquêteur de la Cia Charles Duelfer (publié en octobre 2004 et disponible sur le site internet de la Cia), puis dans celui (rendu public le 27 octobre 2005) de la commission d’enquête indépendante mise en place par l’Onu et présidée par Paul Volcker, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine. Trafigura est d’abord accusée d’avoir reçu du régime de Saddam Hussein, 25 millions de barils de pétrole, en association avec un Français, l’homme d’affaires corrézien Patrick Maugein, proche ami du président Jacques Chirac. La firme a aussi été épinglée par l’Onu pour avoir commis une fraude portant sur 500 000 barils de pétrole irakien, en 2001. Là encore, en association avec un Français, l’homme d’affaires Jean Paul Cayre, de la société Ibex. Ce pétrole, acquis frauduleusement, avait été chargé à bord du supertanker Essex, intercepté par les autorités américaines, aux larges des Antilles. Dans cette affaire, le 25 mai dernier, devant le tribunal de Houston, au Texas, Trafigura a plaidé coupable et reconnu avoir violé la loi fédérale américaine et l’embargo des Nations unies dans le cadre du programme “ Pétrole contre nourriture ”. La société a accepté de payer deux fois 9,9 millions de dollars d’amende. La première tranche de cette somme correspond aux profits tirés de ces ventes frauduleuses et la seconde à des pénalités. Plus récemment, Trafigura est apparue lors de différentes procédures judiciaires à Londres et New York, dans le dossier baptisé “ Kensington ” des sociétés écrans utilisées par le président actuel d’un pays de l’Afrique centrale pour vendre du pétrole sur les marchés internationaux, en échappant aux saisies de créanciers réclamant leur dû. Trafigura dispose d’ailleurs dans ce pays, d’une filiale baptisée Puma-Congo, dont le nom rappelle étrangement Puma Energy, son correspondant en Côte d’Ivoire. Filiale qu’elle contrôle à 50%. Les 50 % étant détenus selon des sources bien introduites, par Bruno I, neveu du président en question et par Antoinette, la sœur de l’épouse de ce chef d’Etat. Enfin, en 2000, Trafigura avait été impliquée dans le scandale des réserves pétrolières stratégiques de l’Afrique du Sud, que la compagnie avait pu racheter à prix “ bradé ” avec la complicité de décideurs locaux. L’affaire qui se soldait par une perte de 30 millions de dollars pour les finances des contribuables sud-africains, s’est finalement réglée à l’amiable deux ans plus tard. Cette fois, c’est en Côte d’Ivoire, avec cette histoire de déchets toxiques, que la société Trafigura refait parler d’elle.»




lundi, 11 septembre 2006

En marge de la pollution, la «communauté internationale» poursuit ses grandes manœuvres

 



Analyse dans
Le Courrier d’Abidjan Parution N° 812 du lundi 11 septembre 2006 http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14... :

«
Laser : les preuves de la mauvaise foi du GTI»

par Sylvie Kouamé :



«
Analyse – Dans son dernier communiqué, le GTI a dévoilé les prismes mensongers par lesquels il regarde la crise ivoirienne. Il refuse de reconnaître les vrais responsables de l’obstruction de la résolution 1633. Et s’acharne sur la Constitution, dont Linas-Marcoussis et Pretoria (qui ont concédé de nombreux avantages au bloc rebelle) sont indissociables.


«Dans un western, le premier qui dégaine a gagné. En l’état actuel de la Côte d’Ivoire, c’est l’inverse : celui qui tire le premier est un homme mort». C’est la confidence que faisait il y a quelques mois le président ivoirien Laurent Gbagbo à un de ses proches, si l’on en croit l’hebdomadaire Jeune Afrique. Son axiome pourrait bien se vérifier dans la nouvelle guerre diplomatique qui oppose la Françafrique à la Côte d’Ivoire libre, si la diplomatie ivoirienne, dont il est le chef, fait preuve de pugnacité et décide de se battre – ce qui n’a pas été le cas, plusieurs fois, dans des circonstances pourtant favorables.
Le dernier communiqué du GTI est une aubaine pour la résistance ivoirienne. Parce qu’il met à nu la stratégie de la Chiraquie pour les prochains mois, dont l’objectif est de permettre l’aboutissement du coup d’Etat constitutionnel ébauché à Linas-Marcoussis après l’échec du coup de force du 19 septembre 2002.
Une stratégie préparée depuis le vote de la résolution 1633. En effet, ce texte onusien n’était pas ce qu’attendait la France. Entrée, après novembre 2004, dans une logique progressive de «criminalisation internationale» et de marginalisation radicale du régime ivoirien, elle pensait en finir avec lui grâce à un embargo éreintant la Côte d’Ivoire mais épargnant le Burkina Faso, fournisseur de la rébellion en armes, et par le biais de nombreuses sanctions finissant par jeter l’opprobre sur tous les piliers du camp présidentiel – y compris Gbagbo lui-même. La médiation sud-africaine, en montrant la lourde responsabilité des rebelles dans l’impasse ivoirienne et en plaidant pour une bonne cohabitation au sommet entre le président et le Premier ministre, a compliqué le plan français et lui a rendu la Résolution 1633 amère. C’est tout ce que Paris n’a pas pu imposer en 2005 au Conseil de sécurité qui s’est retrouvé dans les premiers communiqués du GTI décrétant la mise à mort de l’Assemblée nationale et demandant la gestion de la Côte d’Ivoire par des «ordonnances présidentielles» de Banny. L’objectif était de prendre en otage et de dévoyer le processus électoral, en truquant notamment les listes électorales, pour y ajouter un électorat étranger favorable à Alassane Ouattara – donné perdant par tous les sondages. Les oukases du GTI n’ont pas eu de grands effets sur la situation réelle de la Côte d’Ivoire. Ils n’ont pas permis la mise à mort de la Loi. Ils n’ont pas permis le déroulement des audiences foraines «wouya-wouya», qui ont été arrêtées par Charles Konan Banny lui-même et réinscrits dans le cadre de la loi.
L’attitude opportuniste du GTI, qui fait semblant de soutenir Charles Konan Banny tout en avalisant la stratégie de l’opposition (laquelle a bloqué le processus de désarmement), est très lisible dans le 10ème communiqué final du GTI. Elle pourra être exploitée durant les prochaines discussions au Conseil de sécurité.

Le GTI refuse de voir les obstructions de la rébellion à l’action de Banny

Qui a empêché l’application de la résolution 1633 de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ? Qui a refusé de se soumettre au chronogramme de Pretoria sur le processus de désarmement comme le demandait le point 12 de la résolution 1633 ? Qui a obstrué la feuille de route de Charles Konan Banny, prévoyant le désarmement et l’identification de la population ? Qui a entravé le Plan national DDR, dont parle le point 13 de la résolution ? Qui a ignoré le point 14 du texte onusien, exigeant des «Forces nouvelles qu’elles appliquent sans délai le programme de désarmement, démobilisation et réintégration afin de faciliter le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, la réunification du pays et l’organisation d’élections dès que possible» ? Qu’est-ce qui bloque «l’opération d’identification» dont parle le point 15 de la résolution ?
Le GTI ne veut pas répondre à ces questions pour faire le bilan de l’application de la résolution 1633. Et pour cause. Ce sont les rebelles qui ont mis un terme au processus DDR, pour contester le Guide des audiences foraines concocté par la Primature et par elle seule. Ce sont les rebelles qui ont fait de l’activisme contre les audiences foraines, dès lors qu’elles ont été faites dans le cadre de la loi, et menacé de chasser les responsables de l’administration préfectorale devant les superviser. C’est le ministre de la Justice qui a refusé de déployer dans tout le pays les magistrats nommés par le président de la République, avec l’accord du Premier ministre. Le GTI n’en parle pas, et au contraire fait du lobbying pour la rébellion et contre le Guide des audiences foraines en plaidant pour des mesures «exceptionnelles» et «dérogatoires». Drôle de manière de soutenir Banny !

Le GTI veut à tout prix opposer le président et le Premier ministre

Si le «Conseil des gouverneurs» est aveugle face aux obstacles suscités par l’opposition et la rébellion, il pousse le zèle jusqu’à inventer un conflit entre Laurent Gbagbo et Charles Konan Banny, jusqu’à imaginer des entraves posées par le président à l’action du Premier ministre. Sur quoi ont donc porté les «conflits d’interprétation juridique» entre Gbagbo et Banny ? Le GTI doit pouvoir y répondre.
A quel moment Banny s’est-il plaint de l’impossibilité d’exercer ses pouvoirs ? La résolution 1633 «souligne que le Premier Ministre doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires, conformément à l’Accord de Linas-Marcoussis, ainsi que de toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la défense et des affaires électorales». Se fondant sur ce bout de phrase, le Premier ministre a demandé et obtenu du président de la République qu’il nomme des hommes proches de lui aux ministères de la Défense et de la Sécurité et qu’il prenne en main lui-même le ministère de l’Economie et des Finances – le portefeuille de la Communication étant la cerise sur le gâteau…
Le GTI fait dans la falsification en invoquant «les nominations aux emplois civils et militaires» que la 1633 aurait confiées à Banny… ce qui est rigoureusement faux ! On lit à loisir ce texte onusien sans rien y voir de tel. Pis : le Premier ministre n’a jamais demandé officiellement une nomination au président de la République sans l’avoir obtenue.

Sanctions onusiennes : le GTI joue le jeu de la France et se piège

Le Monde l’a annoncé dans son édition datée de jeudi. Citant des sources françaises, le quotidien affirmait que «dès la semaine prochaine, si ce n’est avant, les Nations unies devraient sanctionner trois personnalités, toutes proches de la présidence ivoirienne, pour leur rôle dans les violences qui ont secoué le pays en juillet». Il ajoutait que dans la ligne de mire de la France, il y avait Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, et Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale. Dans son dernier communiqué, le GTI tente de plaider le dossier de Paris en demandant «l’adoption de sanctions individuelles à l’encontre, en particulier, des responsables d’entraves au processus de paix et de réconciliation». Le problème est que, sur la question des audiences foraines, ceux qui posent des entraves aujourd’hui ne sont pas ceux qui, hier, demandaient qu’elles se déroulent selon la loi – et ont été entendus. Imagine-t-on des sanctions qui ne prendraient pas en compte Guillaume Soro, qui en mettant un terme au dialogue militaire, a entravé le processus de paix et de réconciliation ? Imagine-t-on des sanctions punissant un mouvement social à qui il a été finalement fait justice sur la question des audiences foraines ?

Le GTI renie Linas-Marcoussis, Pretoria et la résolution 1633

Le GTI affirme, en substance, que c’est la Constitution qui a empêché l’application de la Résolution 1633, et demande de jeter la Loi fondamentale aux orties à travers «un nouveau cadre de transition». Pourtant, la Résolution 1633, comme tous les autres accords sur la Côte d’Ivoire, a été rédigée en prenant en compte la Constitution. Dire que c’est la Constitution le problème, c’est affirmer que c’est à l’ONU de porter le chapeau de l’échec de la résolution 1633, qui résulte de ses propres contradictions. Pire : demander un nouveau cadre de résolution de la crise qui irait à l’encontre de la «dualité institutionnelle» conciliant la Loi fondamentale et les accords de paix, c’est mettre à mort les compromis précédents et forcément renier leurs acquis. Linas-Marcoussis, qui fonde le «gouvernement de réconciliation nationale», est fondé sur la Constitution. Les accords de Pretoria, qui rendent Alassane Ouattara éligible et qui fondent la présence du Haut représentant de l’ONU pour les élections, reconnaissent la Constitution. Si le cadre global de ces accords est aboli, l’Etat de Côte d’Ivoire devra retourner à sa configuration d’avant Linas-Marcoussis pour négocier avec la rébellion et la France. Est-ce le souhait du GTI ?
Plus profondément, on doit s’interroger sur le rôle de la communauté internationale cornaquée par Paris en Côte d’Ivoire. Travaille-t-elle dans le cadre d’un processus de paix ou d’un processus de dépossession violente du président Gbagbo ? En effet, alors que le G7 a bloqué pendant un an à la fois le désarmement et l’identification, on veut lui donner plus de pouvoir dans le cadre de la formule «1+4» qui montre pourtant son inanité en République démocratique du Congo. Alors que le numéro un ivoirien a en permanence, contre l’avis de la galaxie patriotique, déblayé le terrain pour son Premier ministre, on veut le neutraliser en faisant disparaître la Constitution, la loi et en définitive, la Nation ivoirienne. Ceux qui le font ne préparent ni la paix ni la réconciliation. Ils organisent un coup d’Etat et mettent en place les ingrédients d’une guerre civile.»