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samedi, 26 août 2006

Quand Tiken Jah tente de se justifier : laborieux et édifiant



Lecture de l’interview de Tiken Jah Fakoly par L'intelligent d'Abidjan 25/08/06 — http://news.abidjan.net/h/209108.html


(CENSURÉ SUR blogs.nouvelobs.com)

«{…} Gbagbo, tout le monde est conscient de sa lutte. La liberté de la presse est de son combat. Il méritait de gouverner la Côte d'Ivoire. Mais, il n'a pas eu la chance de rentrer par la grande porte. {…}»


C’est Tiken Jah Fakoly qui dit cela ! Bonne nouvelle il a enfin compris, pourrait-on penser… D’autant qu’à la question de Firmin Koto, qui l’interviewe,

«Que penses-tu de la politique extérieure par rapport à la Côte d'Ivoire?»

il va carrément répondre :

«Je pense que la politique extérieure a un impact négatif dans ce qui arrive à la Côte d'Ivoire. C'est clairement une guerre économique entre le colonisateur et notre pays. Le paradoxe c'est que l'Afrique est le continent qui a le plus de ressources au monde. J'ai lu récemment que les ressources minières représentent 75% dans le monde. Il est donc clair que l'Afrique est convoitée par les Occidentaux. C'est pourquoi, il faut que les dirigeants africains parlent d'une seule voix pour défendre les intérêts de l'Afrique. C'est vrai que la France pourrait soutenir une opposition ou une rébellion contre un pouvoir qui n'est pas en accord avec elle. J'ai l'habitude de dire que si nous sommes unis, ça va faire mal. Si les Ivoiriens étaient unis et qu'ils avaient mis en place une bonne démocratie, transparence, justice et égalité il n'y aurait pas cette guerre aujourd'hui.»

«Penses-tu à un réel retour de la paix en Côte d'Ivoire?»

«Oui mais à condition que tout le monde soit conscient de l'intérêt de la nation. {…}»



[Sur blogs.nouvelobs.com l'article censuré, intitulé "Tiken Jah va-t-il rejoindre la République ?", se terminait ici en ces termes : La bonne nouvelle se confirmerait-elle ? Tiken Jah va-t-il rejoindre le camp républicain ?
Pas si simple… La suite sur http://unevingtaine.hautetfort.com/]



Quand il vient de dire, un peu plus haut :

«{…} Gbagbo, tout le monde est conscient de sa lutte. La liberté de la presse est de son combat. Il méritait de gouverner la Côte d'Ivoire. Mais, il n'a pas eu la chance de rentrer par la grande porte. Après son élection dans des conditions calamiteuses, la première chose qu'il aurait dû faire était de prononcer un message d'unité. Ceci en promettant qu'après son mandat tous les partis allaient se présenter pour qu'enfin il y ait des élections justes et transparentes en Côte d'Ivoire.»


Sachant, comme le lui dit Firmin Koto, que Gbagbo n'a jamais terminé ce mandat en bonne et due forme — quand Tiken Jah vient de dire cela, on se dit : bon, tout va bien, il a enfin compris, il va donc pouvoir prendre son courage à deux mains, franchir le pas et dire qu’il s’est fait avoir et qu’il rejoint à présent le combat des patriotes.

Mais non, ce pas, il ne le franchit pas. Il a compris, mais ne l’a dit qu’au conditionnel : «C'est vrai que la France pourrait soutenir une opposition ou une rébellion contre un pouvoir qui n'est pas en accord avec elle».

Ce qui lui permet de se contorsionner tout au long de l’interview et de ne pas aller au-delà d’une réponse agacée à la question :

«Peux-tu dire franchement quelle est ta position par rapport à la rébellion?»

«{…}
Une fois pour de bon, j'aimerais dire que je n'ai aucun lien avec la rébellion. Mais, je comprends leur combat. {…}»

Et, en regard des trois années passées, c’est le moins qu’on puisse dire en effet : «il comprend leur combat» dont il a fait la promotion sur tous les continents, ce qui, disent les mauvaises langues — comme Alpha Blondy, rappelle-t-il —, lui a valu comme récompense au goût néo-colonial, le trophée des «victoires de la musique».

Voilà ce qu’il faut donc justifier, et qu’il est si difficile à présent de justifier. C’est ainsi que lorsque à sa remarque selon laquelle — en substance — Gbagbo aurait dû l’écouter (sic) et faire en sorte «qu'après son mandat tous les partis allaient se présenter pour qu'enfin il y ait des élections justes et transparentes en Côte d'Ivoire», Firmin Koto lui rétorque :

«Gbagbo n'a jamais terminé ce mandat en bonne et due forme…»

Tiken Jah bredouille, en guise de justification, cette étrange réponse :

«Oui, mais les dés étaient pipés au départ avec le forum de la réconciliation que j'appelle le forum de la distraction. Et c'est de là qu'est parti tout ce malaise. Au cours du forum de la réconciliation nationale, tous les partis et les couches sociales étaient représentés. Malheureusement, Laurent Gbagbo a refusé d'appliquer les résolutions de ce forum. C'est pas sérieux. La réalité est là. C'est pour cela que je dis que je comprends le problème des rebelles. Ce qu'on aurait pu obtenir par les revendications musicales a été finalement mais malheureusement obtenu par les armes. Toutes les avances en passant par l'acceptation de la candidature d'Ado. Nous avons chanté, Alpha, Fadal, moi et bien d'autres, mais personne n'a voulu nous écouter.»

Ah bon Gbagbo n’a pas appliqué les résolutions du forum ? — alors qu’il a fait entrer au gouvernement, et pas à des postes de figurants, des représentants de tous les partis, y compris celui d’ADO pour lequel la rébellion prendra les armes !

Ultime tentative d’auto-justification de Tiken Jah qui a aussi parlé de son exil au Mali parce que sa sécurité ne serait pas assurée en Côte d’Ivoire — renvoyant pour cela à Camara H, dont le public français se souvient du cadavre passé en boucle en 2003 dans tous les journaux télévisés pour contrer les manifestations pro-Gabgbo au lendemain de la tentative de coup d’État de Marcoussis. Allusion donc, mais sans précision supplémentaire de Tiken Jah, aux fameux «escadrons de la mort» que Le Monde avait envoyés alors dans les pattes de Gbagbo. Pas de précision supplémentaire parce que Tiken Jah sait très bien que, depuis, Le Monde a été condamné pour cela. Et Tiken Jah sait vraisemblablement que cela n’avait aucun sens pour les partisans de Gbagbo, d’aller casser un possible impact médiatique mondial des manifestations monstres en sa faveur en tuant un opposant et en exposant son cadavre sur le terre-plein central d’une route archi-fréquentée !

Tandis que Tiken Jah a oublié de dire que ça c’était dégradé pour Gbagbo bien avant le forum de réconciliation, en fait au jour même de son intronisation — avec le fameux charnier de Youpougon, dont éclate aujourd’hui que c’était un montage, comme les fameux «escadrons de la mort».

Tiken Jah le sent bien : il s’est fait avoir en prenant parti pour la rébellion, ou, selon ses termes, «en la comprenant». Mais que ne le dit-il pas clairement ?!




vendredi, 25 août 2006

2000...



Dans une chronique précédente, la comparaison me semblait s’imposer entre les 150 soldats qui arrivaient au Liban et les 5000 de la Licorne en Côte d’Ivoire.

Au moment où 170 soldats débarquent annonçant donc, non pas les 200 d’abord promis, mais finalement 2000 soldats français, la mise en perspective par rapport à la présence française en Côte d’Ivoire me semble prendre un sens nouveau non-négligeable. Je passe sur le nombre, et j’en viens à un parallèle significatif dans le problème : le désarmement.

Si, comme en Côte d’Ivoire, la force internationale tergiverse au Liban concernant le désarmement des «milices» — dixit le Président Chirac —, à savoir concrètement le Hezbollah, on débouchera sur la situation qu’on a promue en Côte d’Ivoire en n’exigeant jamais concrètement le désarmement de la rébellion et en ne fermant jamais la frontière-passoire par laquelle elle s’approvisionne en armes. Une rébellion, ou une milice, qui ne désarme pas, surarme !

Ça se voit en Côte d’Ivoire, ça s’est vu au Liban, où, non désarmé, le Hezbollah n’a fait que surarmer. Ce qui ne fait que pourrir une situation — pour des lendemains qui déchantent toujours plus faux.

Au point que c’est à se demander si ce n’est pas ce qu’on cherche ! — cela en regard de la façon dont on laisse calomnier ceux qui sont dans la légalité… Ainsi, pour la Côte d'Ivoire : légendes, promues par les médias français contre les patriotes, sur des «escadrons de la mort de Gabgbo», le concept français d’ «ivoirité», le charnier de Yopougon, autant de clefs de voûte d’un dénigrement médiatique, qui ont fait tant de mal… et qui aujourd’hui s’écroulent les unes après les autres.

Ainsi, Mamadou Koulibaly annonçait les aveux de l’exécutant de la macabre mise en scène du charnier de Yopougon. Notre Voie publie aujourd’hui son témoignage — tandis qu’on se souvient que la ministre-Marcoussis de la justice (mentionnée ci-dessous par le personnage) avait décidé en son temps de stopper l’enquête…


«
Charnier de Yopougon: Abou Kamagaté (le convoyeur des corps) raconte»

Notre Voie - 8/24/2006 7:36:54 PM — http://news.abidjan.net/h/208876.html :

«Dans le mois de mars 2003, Abou Kamagaté, 67 ans, de nationalité malienne, chauffeur de son état, est arrivé de son Mali natal pour, a-t-il annoncé, rencontrer les autorités judiciaires ivoiriennes. Des entretiens qu’il a eus avec ses hôtes, il ressort que M. Kamagaté est arrivé du Mali rien que pour faire des révélations sur le charnier de Yopougon. En exclusivité, nous vous proposons quelques-unes de ces révélations qui vont, sans nul doute, provoquer un séisme dans le microcosme politique ivoirien.

“Je suis Abou Kamagaté, chauffeur de camion-benne. Précisément, je livre du sable de construction. Je travaillais à la gare de sable d’Abobo, un quartier où j’ai habité, avant de la quitter précipitamment pour m’installer au Mali. Mon départ est lié à l’affaire du charnier de Yopougon. Affaire que j’ai contribué à monter de toutes pièces.
Tout a commencé dans la nuit du jour où le général Robert Guéi a capitulé devant la mobilisation des Ivoiriens. Cette nuit-là, Kaba, un ami coxer à la gare routière d’Abobo, m’a approché pour qu’on fasse un travail. Nous avions l’habitude de travailler ensemble dans le cadre de la livraison de sable. Cette fois-ci, Kaba est venu louer mes services pour un autre type de travail. A savoir transporter, non pas du sable, mais des cadavres sur recommandation de M. Ally Coulibaly, responsable de la Communication du RDR. Kaba m’a dit qu’Ally Coulibaly proposait 50 millions FCFA et souhaitait que les cadavres soient déposés derrière la MACA. J’ai tout, de suite, accepté de faire le travail.
Dans la même nuit, Kaba a fait venir six personnes qui m’ont rejoint à la gare de sable d’Abobo. Je ne les connaissais pas. Deux personnes sont montées devant et, le reste, derrière la benne que j’ai acquise en héritage de mon frère aîné Adama Kamagaté, décédé à la MACA.
Sur indication de Kaba, nous nous sommes rendus devant la pharmacie Sainte Odile (Dokui) d’Abobo. Nous avons ramassé les corps qui jonchaient le sol pour les mettre dans le camion. Je suis allé les déverser au lieu indiqué par Ally Coulibaly. Puis nous sommes allés à Cocody. Comme je ne connais pas le quartier, je ne suis pas en mesure de préciser les endroits exacts. J’ai fait cette nuit-là trois voyages. Les corps que nous avons déposés étaient habillés. Une fois le travail fini, je suis allé descendre les six personnes que Kaba avait envoyées à la gare de sable, exactement devant le domicile d’Adama Sanogo. Restés à deux, Kaba est venu me chercher à la gare de sable pour m’envoyer au domicile d’Ahmed Bassam. A 16 h, j’ai été reçu par Alassane Dramane Ouattara (ADO) et Ally Coulibaly. Ils m’ont félicité en me disant que “j’ai fait du bon travail”. ADO, tout en posant sa main sur mon épaule, m’a présenté à un Blanc en ces termes : “Voici le monsieur qui a déposé les corps au lieu indiqué. Allez faire votre travail!” Dans le salon d’Ahmed Bassam, se trouvaient, outre lui-même, Henriette Dagri Diabaté et Adama Toungara. C’est au domicile d’Ahmed Bassam que Kaba m’a remis les 50 millions FCFA. Il les a reçus des mains d’Ally Coulibaly. En me remettant l’argent, Kaba a ajouté que “je devais, dans les trois jours qui suivent, quitter la Côte d’Ivoire”. Puis Ally Coulibaly m’a donné trois documents en me recommandant de les garder soigneusement : un passeport, un billet d’avion, puis une interdiction de séjour sur le sol ivoirien.
Ce jour où je quittais Abidjan, j’ai été escorté jusqu’à Pogo dans une 4X4. Une fois à Sikasso, j’ai décidé de me construire une maison. J’ai donc remis la somme de 500.000FCFA à un de mes frères officier de police pour acheter un terrain. C’est lui qui m’a dit que l’argent était faux. On s’est rendu compte que les 50 millions FCFA étaient de faux billets. J’ai compris que Ally Coulibaly, ADO et autres m’avaient nargué. Ecœuré, j’ai décidé d’effectuer le voyage de Sikasso à Abidjan pour venir porter à votre connaissance ces faits. Il faut que les Ivoiriens sachent que l’affaire du charnier est du faux, tout comme les 50 millions F CFA que j’ai reçus pour ramasser les corps”.

Propos recueillis par Allan Aliali »



jeudi, 24 août 2006

Au MEDDA : merci pour ce message



Mes remerciements à Christian Bailly-Grandvaux, du MEDDA, pour le signalement de mon blog http://delugio.zeblog.com/, et pour l’action du MEDDA dans ce combat qui n’est pas facile à faire comprendre. Je me souviens ainsi que la publication de cet article : http://medda.over-blog.com/article-155480.html sur mon blog http://blogs.nouvelobs.com/Delugio/ avait été refusée en son temps par la censure de blogs.nouvelobs.com…
Tous mes encouragements au

MEDDA Mouvement Européen de Défense de la Démocratie en Afrique
Pour une redéfinition des relations Europe-Afrique
http://medda.over-blog.com/ :


«
Mardi 22 Août 2006
Un BLOG a voir absolument

Chèr(e)s ami(e)s,

Le combat de l'Afrique contre l'impérialisme n'est pas terminé, loin de là. Malheureusement, les Français ne se sentent pas concernés par les situations qu'engendrent le néo-colonialisme et les réseaux politico-maffieux (principalement ceux de la droite française) en terre africaine.

Pourtant, on nous parle d'immigration à longueur de journée et de ces soi disant méfaits. Si les africains et autres populations sur-exploités se sentaient bien chez eux, dans une véritable démocratie qui vit avec l'exploitation rationnelle et juste des ressources de son pays, je peux croire qu'il n'y aurait aucune immigration clandestine des ces peuples vers les pays occidentaux. Voit-on des américains des USA immigrés clandestinement en Europe?
L'Afrique détient les plus grandes richesses du monde actuellement et reste pourtant le continent le plus pauvre. Cet anachronisme devrait nous faire réfléchir sur ce que deviennent ces richesses et à qui elles profitent.

Pour cela, les français doivent s'interesser de près aux causes de ce déséquilibre, et avec l'aide de l'internet aujourd'hui, ils ne devraient pas avoir de peine à trouver les réponses, car ces dernières ne se trouvent pas dans les médias de grande diffusion mais sont facilement accessible sur le Net.

Dans cet objectif, je vous livre ci dessous, l'adresse d'un blog sérieux et riche d'analyses pertinentes. N'hésitez pas à propager cette adresse autour de vous, d'inciter vos proches, amis, collègues à y aller faire un tour ainsi que sur le blog du MEDDA bien sur.

http://delugio.zeblog.com/

Votre dévoué
Christian Bailly-Grandvaux»





mercredi, 23 août 2006

Mais pour qui roule l’AFP ?!



Avec tout ce qui se passe en Côte d’Ivoire :
— les anciens thèmes de dénigrement de la résistance à la Françafrique qui s’écroulent (cf. ce blog hier) ;
— les peuples de l’Afrique entière qui soutiennent les patriotes ;
— les populations du Nord qui secouent de plus en plus le joug rebelle ;
— les jeunes des deux camps qui signent un accord (au point de n’être pas suivis de façon toujours enthousiaste dans leurs partis respectifs) pour que l’identification se fasse de façon transparente ;
— le premier ministre qui reconnaît la légitimité de cette demande…

…bref, quand les diverses tentatives de reprise de pouvoir de ceux qui ont été battus dans les urnes semblent s’apprêter à tourner au fiasco, que fait l’AFP ? Elle résume tout cela en une dépêche où elle donne la parole aux tenants du pouvoir d’antan, les ex-ennemis et désormais alliés Bédié (ex-«ivoiritaire») et Ouattara (ex-«anti-ivoiritaire») que tout cela fâche, pour nous annoncer en titre : «
L'opposition ivoirienne demande à l'Onu de limiter les décisions de Gbagbo» ! (http://www.izf.net/izf/AFP2/francais/special/afrique/0608...)

Et on s’étonnera de découvrir que les agences de presse et autres médias français sont considérés en Côte d’Ivoire comme partisans — roulant pour l’opposition et la rébellion !




mardi, 22 août 2006

Après les «escadrons de la mort» et l’«ivoirité», le «charnier de Yopougon» :



Le troisième pilier du dénigrement de la Côte d’Ivoire républicaine en train de s’écrouler à son tour...



En commun avec les deux autres, ce lieu central de la diabolisation de la Côte d’Ivoire républicaine a trouvé sa caisse de résonance (au minimum) dans les médias français et françafricains.

Le Monde a été condamné par les tribunaux français pour sa promotion des fameux «escadrons de la morts de Gbagbo» — condamnation qu’en général les Français ignorent. Le concept d’«ivoirité» promu par la presse française quasi-unanime (seul Bernard Debré s’était opposé à l’époque à cette caricature) a fait long feu.

Quant au charnier de Yopougon, dont la découverte au moment de l’investiture de Gbagbo était promue par RFI, on savait déjà par les autopsies qu’il recelait quelques bizarreries, comme la présence de fusillés décédés par noyades…

Mamadou Koulibaly vient de porter le coup fatal à ce troisième pilier du dénigrement, promu via les médias français :


«Les graves révélations de Mamadou Koulibaly» titrait hier Le Courrier d’Abidjan Parution N° 794 du Lundi 21 Aout 2006 — http://news.abidjan.net/presse/courrierabidjan.htm :

«Charnier de Yopougon – Le président de l’Assemblée nationale, le Pr. Mamadou Koulibaly a dévoilé, hier au cours d’un grand meeting au stade d’Anyama, comment le charnier de Yopougon a été monté de toute pièce par les déstabilisateurs de la Côte d’Ivoire. Et pourquoi le chef des hommes qui ont exécuté l’opération à Abidjan s’est repenti, après avoir été expatrié au Mali.
La Côte d’Ivoire a en sa possession des preuves importantes sur le charnier de Yopougon (la plus grande commune de Côte d’Ivoire), a expliqué le président de l’Assemblée nationale, le Pr. Mamadou Koulibaly. Selon lui, les cadavres présentés comme étant des gens massacrés par le pouvoir du président Gbagbo sont en réalité des corps des événements qui ont suivi l’élection présidentielle de 2000.
"Ce sont les morts des massacres perpétrés par Boka [Yapi] et ses hommes qui ont été ramassés pour constituer le charnier de Yopougon (…). Et l’autopsie a clairement montré que ces gens n’ont pas été tués au même endroit et de la même manière. On a découvert que certains sont morts par noyade, certains ont été asphyxiés, d’autres ont été tués par balles ou à l’arme blanche…" {…}
Le Pr. Mamadou Koulibaly précise surtout que «le monsieur qui a été chargé de mener l’opération était allé au Mali quelques temps après avoir fait le travail qui lui était confié. Mais il est revenu à Abidjan parce que ceux qui lui ont demandé de ramasser ces cadavres pour eux l’ont trompé. Ils lui ont remis 10 millions de francs de faux billets…. Nous sommes allés avec lui chez le juge. On l’a filmé avec les témoins. {…}»



Cf. plus bas, l’article de
Fraternité Matin - 21 août 2006.


La nature des réactions de la presse d’opposition politico-rebelle ne fait que donner l’impression d’un net désarroi ; ce qui confirme le sentiment que Mamadou Koulibaly n’a pas lancé de tels propos à la légère.

Exemple, Le Patriote, journal du RDR de Ouattara, propose pour toute contradiction — http://news.abidjan.net/h/208278.html — :
— l’idée paradoxale que Mamadou Koulibaly appelant les populations du Nord à rejoindre sans crainte la République, prônerait de la sorte la sécession !
— que son report du témoignage de l’homme chargé de l’opération selon lequel les 57 cadavres du charnier ont été entassés là à dessein est à assimiler aux propos de Le Pen faisant de la Shoah un détail de l’histoire ! Dernier clin d’œil désespéré au public français et françafricain, qui a été jusque là si fidèle pour soutenir le dénigrement de la République ivoirienne…


Les populations du Nord, elles, ne suivent pas cette argumentation désespérée :

«
Touré Moussa (chef central des Malinké d`Anyama) - “Nous sommes d`accord avec Mamadou Koulibaly”»
titre ainsi Notre Voie - 8/21/2006 — http://news.abidjan.net/h/208237.html.


Quand on sait que dans l’opinion africaine en général — témoin, les réactions à l’interview de Gbagbo au Cameroun (cf. 2e article ci-dessous) — les effets du dénigrement médiatique orchestré sont passés, il ne manquait plus que ce dernier coup, et le ralliement de plus en plus net des populations des zones occupées au camp républicain (que Le Patriote tente de présenter comme «sécession»), pour que l’isolement de la thèse médiatique françafricaine ne soit ignoré que des Français.

Je ne désespère cependant pas d’un sursaut. Et je renvoie à l’appel du Pr Maurice Gnagne au Pr Bernard Debré — http://delugio.zeblog.com/ — pour que l’on perçoive bien qu’il n’y a rien d’anti-Français dans ce retournement de situation… mais qu’il serait temps de se réveiller.


******


Fraternité Matin - 21 août 2006 -
«Les révélations de Mamadou Koulibaly - Crise ivoirienne»

http://news.abidjan.net/article/?n=208131 :

«Le président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly était hier face aux ressortissants du nord du pays, résidant à Anyama.
Ce sont plusieurs centaines de Malinké et Sénoufo qui ont pris d’assaut le stade municipal de la capitale de la colas, pour écouter leur “ fils et frère ”, venu leur expliquer les tenants et aboutissants de la crise ivoirienne.
Contrairement à ses interventions habituelles, le président Mamadou Koulibaly a entretenu pendant près d’une heure ses parents en malinké pour mieux passer son message.
Evoquant les raisons de la crise ivoirienne, le président de l’Assemblée nationale a indiqué que la rébellion a menti aux nordistes en leur faisant croire que le combat qu’elle mène est le leur. C’est-à-dire entre nordistes et sudistes ou entre musulmans et chrétiens. Faux, explique Mamadou Koulibaly, pour qui la crise ivoirienne n’est rien d’autre que la traduction de l’intérêt géo-politique de la France qui est en jeu sur le territoire ivoirien. Pour l’orateur, le vrai adversaire de la Côte d’Ivoire dans la crise qu’elle traverse est la France. Qui dans sa volonté d’imposer un Chef d’Etat en Côte d’Ivoire pour continuer de piller les richesses, a armé des rebelles pour défendre leurs intérêts, comme cela a toujours été depuis la colonisation. Et le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara, est le cheval sur lequel mise la France. Puisque ce dernier avec la politique de privatisation dans les années 90, a permis à la France d’avoir des structures stratégiques, telles que l’eau et l’électricité.

Charnier de Yopougon
LA CONFESSION DU METTEUR EN SCÈNE DÉJÀ EN FILM

Dans sa course à la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, la France a utilisé plusieurs stratégies dont le charnier de Yopougon, pour salir le pouvoir en place.
A ce sujet, la vérité est enfin connue, à en croire le président Mamadou Koulibaly. Qui a révélé que le principal auteur de ce charnier monté de toutes pièces par le RDR est enfin connu. Bientôt le film témoignage sera diffusé sur les antennes nationales.
Selon le président de l’Assemblée nationale, un propriétaire de camion de sable aurait été approché en 2000 par Aly Coulibaly le porte-parole du RDR, pendant la crise qui a suivi l’élection du Président Gbagbo, afin que ce transporteur ramasse et assemble des cadavres dans la forêt du Banco, contre la bagatelle de 10 millions de francs CFA. Seulement le salaire promis a été payé en faux billets de banque. L’auteur du prétendu charnier s’en rendra compte seulement pendant son exil au Mali où tous ces billets ont été refusés sur le marché. S’étant donc senti floué, explique le président de l’Assemblée nationale, ce transporteur dont l’identité n’a pas été révélée a décidé de se mettre à table.

Trafic café-cacao vers le Mali et le Burkina
BICTOGO A REÇU 250 MILLIARDS
Revenant à la crise elle-même, Mamadou Koulibaly a expliqué à “ses parents”, que contrairement à ce qui leur a été dit, la situation conflictuelle que vit le pays ne profite qu’à certains individus dont Adama Bictogo du RDR, qui aurait reçu 250 milliards, pour le trafic de cacao et café qu’organise la rébellion vers le Mali et le Burkina.
Face donc à tout ce que le président de l’Assemblée nationale a qualifié de mensonge et d’endoctrinement des populations du nord, il a demandé à “ses parents”de ne pas céder aux discours tendant à opposer les musulmans aux chrétiens et le nord au sud. “Evitez les discours tribalistes”, a lancé le président Mamadou Koulibaly aux nordistes. Avant de les inviter à véhiculer ce message à leur frères restés dans les zones occupées. Pour lui, dès que les Malinké diront non aux mensonges de la rébellion, la guerre finira en Côte d’Ivoire.
Le président de l’Assemblée nationale a profité de sa présence à Anyama pour traduire au Chef de l’Etat, la volonté des jeunes de cette cité de tourner le dos à toutes velléité d’association aux mouvements rebelles. “M. le président, les jeunes d’Anyama disent que l’erreur est humaine. Mais ne pas la reconnaître est grave. C’est pour cela que les populations d’Ayama disent qu’elles ne veulent plus être les têtes de pont de la rébellion au sud”. Le président de l’Assemblée nationale était accompagné à Anyama par le Directeur général du Port, Marcel Gossio, du secrétaire national de la JFPI Konaté Navigué et de certains députés du groupe parlementaire FPI.
Auteur: Marc YEVOU»



Le Courrier d’Abidjan
Parution N° 795 du Mardi 22 Aout 2006 — http://news.abidjan.net/presse/courrierabidjan.htm :

Article de
Benjamin Silué :

«Constat - Après son interview sur la télévision privée camerounaise Canal 2, la côte du président de la République de Côte d’Ivoire est montée dans l’opinion publique camerounaise. Au pays de Paul Biya, on comprend mieux le combat que Laurent Gbagbo mène pour l’Afrique.

Un véritable événement. C’est ainsi que les observateurs ont qualifié l’interview du président Gbagbo à la chaîne de télévision privée camerounaise Canal 2. Alors que le même jour, pratiquement à la même heure, le FC Barcelone de la superstar Samuel Eto’o disputait un match contre l’Espanyol, où joue le gardien camerounais Carlos Kameni, la majorité des téléspectateurs a préféré regarder l’interview du président Gbagbo.
Qu’ont-ils retenu ? «Dans le fond, les Camerounais connaissent très bien la crise ivoirienne, et les explications de Gbagbo les confortent dans l’idée qu’ils ont : un coup d’Etat manqué qui se mue en rébellion», explique un analyste qui a effectué une enquête d’opinion rapide. Le flou engendré par la propagande de RFI et consorts existe tout de même, et les mises au point du numéro un ivoirien sont bienvenues, selon un autre observateur.
«Les Camerounais ont été séduits par sa simplicité, et sa fierté d’être un enfant du ghetto qui n’accepte pas que d’autres souffrent comme il a souffert hier», entend-on également.
Le Forum des lecteurs du quotidien Le Messager, qui a publié l’entretien en intégralité, montre également le point de vue des Camerounais sur la question. Un lecteur affirme par exemple : «Je pense que le président Gbagbo est sincère et il faut le soutenir. On ne peut pas soutenir la rébellion dans un pays au point de lui dérouler un tapis rouge et demander au président élu de céder son pouvoir aux putschistes. La communauté internationale devait aider la Côte d’Ivoire à se débarrasser des putschistes. Le pouvoir doit être pris par les urnes. Les Européens encouragent en Afrique ce qui ne peut faire l'objet d'un rêve chez eux. Je souhaite bon courage à Gbagbo. Qu'il tienne bon», écrit un lecteur. Les débats dans les forums camerounais sur Internet (cameroon-info.net, cameroonlink.net, etc…) laissent également entrevoir la même tendance.
Selon nos informations, de nombreux membres du gouvernement camerounais, mais aussi de la société civile, ont appelé l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Cameroun, Paul Ayoman, pour lui traduire leurs félicitations et leur admiration envers le président Gbagbo. «J’en suis à me demander pourquoi ne l’avoir pas fait plus tôt, pourquoi ne pas le faire dans d’autres pays ? Cette crise est aussi une guerre de communication. Et il n’y a pas mieux que ce genre de communication, où des Africains parlent à d’autres Africains des problèmes d’un pays d’Afrique. Sans intermédiaires», nous a par exemple confié un journaliste camerounais.»




lundi, 21 août 2006

Ça ressemble à une fable de La Fontaine



… Et ça se passe dans le silence des médias français — qui répercutent de la façon que l’on sait le moindre semblant de gêne qu’oppose la rébellion ivoirienne au pouvoir élu de son pays…


«Pendant qu’il parle "paix négociée" en Côte d’Ivoire : Wade veut désarmer ses rebelles par la force»

Le Courrier d’Abidjan Parution N° 793 du Samedi 19 Aout 2006 — http://news.abidjan.net/presse/courrierabidjan.htm

par
Anassé Anassé :

«
Or donc il n’y a pas mille façons de faire entendre raison à un rebelle. Le président sénégalais vient de l’apprendre à ses dépens. En effet, depuis trois jours, Me Abdoulaye Wade a décidé de reconquérir la Casamance, riche territoire situé au Sud du Sénégal, par la voie des armes. Le «Pape du Sopi» a engagé – par surprise – les hostilités contre les rebelles du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC), le mouvement indépendantiste armé qui occupe la région depuis 1982.
L’armée sénégalaise, dirigée par son tout nouveau chef d’Etat-major, le Général de Division Abdoulaye Fall – celui-là même qui a servi en Côte d’Ivoire à la tête de la MICECI puis de l’ONUCI et qui a aidé, avec la force française Licorne, à la consolidation des positions des rebelles dans le Centre, le Nord et l’Ouest du pays -, a décidé de mettre fin à une rébellion qui dure maintenant depuis près de vingt-cinq ans. Pour ce faire, elle a lancé depuis trois jours, une offensive tous azimuts (airs et terre) contre les positions rebelles du MFDC, dans le Nord de la Casamance. Les combats font en ce moment rage entre l’armée sénégalaise et le mouvement indépendantiste armé dirigé par l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor. En dépit d’un énième «accord général de paix» (cessez-le-feu) signé le 30 décembre 2004 entre le gouvernement sénégalais et la direction du MFDC, et devant mettre fin à une rébellion indépendantiste armée qui a fait des centaines de morts depuis son déclenchement, en 1982. Des négociations de paix, prévues par cet accord, ont été reportées à deux reprises, fin 2005 et début 2006.
C’est donc en parfaite violation du cessez-le-feu que le président Abdoulaye Wade, chef suprême des armées du Sénégal, a commencé à pilonner depuis jeudi, les positions de sa rébellion casamançaise. Des combats qui vont certainement encore faire de nombreux morts et déplacés dans les rangs de la population civile, mais le président Wade n’en a cure. Car il veut coûte que coûte recouvrer l’intégralité de son territoire. Toute chose que n’a pu faire son prédécesseur Abdou Diouf, actuel Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Pourtant, en novembre 2004, quand le président ivoirien Laurent Gbagbo avait donné l’ordre aux Forces de défense et de sécurité ivoiriennes de reconquérir de force le reste du territoire ivoirien, illégalement occupé par les bandes armées de Soro Guillaume, le président sénégalais s’était retrouvé en première ligne des chefs d’Etat qui ont condamné «avec la dernière énergie», la violation du cessez-le-feu en Côte d’Ivoire. Et dans une réunion informelle de la CEDEAO - improvisée et sponsorisée par la France – à Abuja, au Nigeria, Abdoulaye Wade était de ceux qui ont réclamé avec urgence – et obtenu – l’embargo sur les armes à destination de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, l’histoire rattrape le président sénégalais. Celui qui a le plus torpillé le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire et qui a néanmoins reçu, en mai 2006, le prix Houphouët-Boigny (2005) pour la Recherche de la Paix – Houphouët «yako !» -, engage la guerre contre ses rebelles pour restaurer la paix au Sénégal.
En optant pour la solution militaire pour mettre fin à une rébellion quasi-trentenaire dans son pays, le président Abdoulaye Wade montre la voie à son homologue ivoirien, Laurent Gbagbo. Que la paix négociée est une utopie, et que toute rébellion se mate. Wade mérite vraiment son sobriquet du «Pape du changement»
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