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samedi, 21 octobre 2006

En vue de la prochaine réunion du conseil de sécurité des Nations unies



PROCHAINE REUNION DE L'ONU — «Comment Annan veut parachever le complot de Chirac»

Le Matin d’Abidjan
Samedi 21 Octobre 2006 http://www.lematindabidjan.com/visual_article.php?num_act... :

par
ROBERT KRA

«A peine les rideaux se sont refermés sur la 64e réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'union africaine que le secrétaire général sortant des Nations unies, Kofi Annan, donne de la voix pour réaffirmer sa volonté de suspendre la loi fondamentale ivoirienne. Cette sortie de Kofi Annan dont le parti pris et la complicité avec le président français Jacques Chirac dans le règlement de la crise ivoirienne ne souffrent d'aucun doute ne surprend pas dans le microcosme. Jacques Chirac a échoué au niveau des récents sommets qui ont réuni successivement les Etats ouest-africains et ceux qui sont membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. Pourtant, le numéro 1 français n'a pas ménagé ses services durant les jours qui ont précédé cette rencontre. A la veille du sommet d'Addis-Abeba par exemple, Chirac s'est montré très actif et a dépêché des émissaires en direction des chefs d'Etat de tous les pays membres de cette institution. L'objectif de ce lobbying tous azimuts n'était autre que de faire adhérer les pays membres du Conseil de paix et de Sécurité de l'UA à son projet de déstabilisation des institutions de la République. Dans les messages adressés à ses pairs africains, Chirac prévoit le non renouvellement du mandat du Président Gbagbo dont la prorogation ne doit pas excéder les 12 mois après le 31 octobre 2006. Aussi la Constitution ivoirienne devrait être suspendue et les recommandations du conseil de paix et de sécurité ne devraient pas mentionner explicitement la primauté des résolutions onusiennes sur cette loi fondamentale de la Côte d'Ivoire ; enfin l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire devrait être dissoute purement et simplement au cours de cette nouvelle transition. Le complot ayant été éventé avant même l'ouverture du sommet c'est tout naturellement que le CPS de l'UA n'a pas tenu compte de la volonté du chef de l'Etat français qui est en guerre contre le président Gbagbo. Mais, la Françafrique qui a essuyé un échec lors de ces sommets africains sur la Côte d'Ivoire n'a pas encore dit son dernier mot. C'est ainsi que, le futur candidat à la présidentielle au Ghana, Kofi Annan, principal allié de Chirac contre Gbagbo aux Nations unies, entre en scène. Le secrétaire général de l'Onu indique dans un rapport rendu public au lendemain d’Addis-Abeba que "à chaque étape critique du processus de paix, certains des principaux dirigeants politiques ivoiriens ont eu recours à l'obstruction calculée, exploitant les failles dans les accords de paix, usant d'arguties juridiques et incitant souvent leurs partisans à la violence". Pour Kofi Annan, en effet, "cette transition doit être la dernière et la plus courte possible et constituer le dernier délai donné aux dirigeants de ce pays avant leur mise à l'écart. S'ils échouent encore, la Cedeao, l'UA et le CPS devraient envisager la mise en place d'arrangements transitoires, faisant appel à d'imminentes personnalités de la société civile non partisanes. Les instruments internationaux établissant les modalités de transition auront en cas de doute la prééminence sur la Constitution et les lois ivoiriennes". A quatre jours de la prochaine réunion du conseil de sécurité des Nations unies prévue le 25 octobre 2006, Annan annonce son intention de parachever le complot de la France contre la Côte d'Ivoire. Aussi, ses menaces et intimidations n'ont pour seul but que de préparer les esprits à la suspension dans un délai très court de la Constitution ivoirienne. Dans son schéma, Annan n'exclut pas la provocation en vue d'un soulèvement populaire dans le pays, ce qui justifiera une éventuelle mise de la Côte d'Ivoire sous la tutelle des Nations unies.»




jeudi, 19 octobre 2006

Une devinette…



Devinette : qui a pu tenir le propos suivant ?


« L’ONU devrait […] souligner que les décisions internationales doivent s’imposer à la loi nationale ». Qui donc a bien pu tenir un tel propos ?

Contre quel pays ennemi l’auteur de ce propos demande-t-il que soit mis fin à sa souveraineté ? (Puisqu’en l’occurrence, faut-il le préciser, par « loi nationale », il faut entendre la loi fondamentale, à savoir la Constitution.)

Quel pays, auteur de quels actes de terrorisme international se voit-il demander de la sorte la récusation de souveraineté ? Quelle haine inextinguible a-t-il pu susciter pour se voir attirer de la sorte le dédain — et de quel autre pays menacé ? Quelle espèce d’énorme menace pèse sur cet autre pays — nucléaire, chimique ? — grave en tout cas !

Que le lecteur ne cherche pas dans cette voie ! Il ne trouvera pas. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il s’agit d’un opposant, qui réclame cela contre son propre pays — la Côte d'IVoire — ! Il s’agit d’Alphonse Djédjé Mady, porte-parole du « Rassemblement houphouétiste pour la démocratie et la paix » (RHDP), regroupant l’ancien parti unique et ses dissidences diverses, légales et putschistes, qui tente par là de faire renverser le gouvernement élu dans son pays, gouvernement issu de la première alternance par les urnes. (Cit. AFP – Abidjan,
jeudi 19 octobre 2006 — 13h57.)

L’extrait de citation complet : « Nous souhaitons la clarification de certaines dispositions qui peuvent prêter à confusion. L’ONU devrait par exemple souligner que les décisions internationales doivent s’imposer à la loi nationale, car jusqu’ici, la primauté accordée à la Constitution [votée par référendum il y a 6 ans à 86% des voix à l’appel de tous les partis y compris celui de M. Djédjé Mady] a nourri les blocages ». (Sic !)




mercredi, 18 octobre 2006

Après la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA



«64E REUNION DU CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE DE L'UA, HIER
Le coup d’Etat de Sassou Nguesso!»

Le Matin d’Abidjan — Mercredi 18 Octobre 2006 — http://www.lematindabidjan.com/visual_article.php?num_act... :

par William-Varlet ASIA, envoyé spécial à Addis Abeba (Ethiopie) :

«
La 64è réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, convoquée par le Président Gbagbo pour statuer sur la crise qui secoue la Côte d'Ivoire a eu lieu hier mardi à Addis Abeba. Le moins qu'on puisse en dire est que la Côte d'Ivoire n'est pas encore sortie de l'auberge, si l'on s'en tient aux actes honteux dont l'UA a fait preuve en dessaisissant le médiateur et en tentant de donner les pouvoirs de Gbagbo à Banny. Ce, au sortir de 10 heures de travaux.

Pour véritablement planter le décor de cette réunion, les audiences et autres lobbyings qui avaient pris le dessus la veille, ont refait surface ce mardi matin. Ainsi, le Président Gbagbo a-t-il pu recevoir en audience, tour à tour, et dès 10h30 GMT, le ministre angolais des Affaires étrangères et 15mn plus tard, son homologue du Rwanda. Toute chose qui laissait croire que les chefs d'Etat des pays cités se sont fait remplacer. D'ailleurs, le ministre d'Etat Paul Antoine Bohoun Bouabré le confirmera plus tard. Lui qui revenait la veille d'une tournée de lobbying du Rwanda et du Burundi où il a eu des entretiens fructueux avec les présidents Paul Kagamé et Bingo Wa Mutawarika, dans la perspective même de ce sommet du CPS. De ce qui précède, il est sûr que M. Bohoun y est allé demander un soutien ferme de ces deux pays membres du CPS. Pendant que le Président Gbagbo recevait l'hôte rwandais, le président et médiateur Thabo Mbeki, arrivé très tard la veille, sollicitait une audience. Vers 11h47 mns GMT, l'homme fort de Pretoria pointait au Hilton Addis avec ses plus proches collaborateurs. On note parmi eux, la présence de M. Patrick Lekota, ministre de la Défense, président de l'ANC et incontournable à Pretoria sur le dossier de la crise ivoirienne. C'est en ce moment qu'un élément de la sécurité du président Mbeki fait la révélation suivante: "le nom du ministre Lekota ne figurait pas sur la liste officielle de ceux devant accompagner Le Chief Mbeki. Même après enregistrement et jusqu'à lundi, il était appelé à d'autres obligations. Mais, l'importance du sujet a contraint le président à le rappeler”. Conséquence, ce changement de dernière minute est à la base de l'arrivée tardive du Président Mbeki à Addis. N'empêche. C'est à 11 h45 que le médiateur, logé au Sheraton Addis Abeba, prend pied au Hilton Hôtel. Après un long tête-à-tête avec Blaise Compaoré, il rejoint par l'escalier, et non l'ascenseur, la suite du Président Gbagbo. S'ensuit alors un autre tête-à-tête de 15mn, à l'issue duquel Mbeki, Lekota, Gwadiso et Sokupa regagnent leurs bases. Vers 12 heures locales, les chefs d'Etat, de même que les chefs de gouvernement et toutes les personnes et institutions impliquées dans le règlement de la crise ivoirienne arrivent les uns après les autres au siège de l'UA. Le président de la commission, le Malien Alpha Omar Konaré, ouvre le bal, suivi de Blaise Compaoré, de Bongo arrivé très tard ce mardi matin, de Sassou, de Banny et enfin du Président Gbagbo, souriant et plus serein que jamais. Dans la salle des plénières du centre de conférence de l'UA, Wade, Mbeki, le président malawite et bien d'autres chefs d'Etat et de gouvernement sont déjà sur place. 6 chefs d'Etat sur 15 sont là. Compaoré, Sassou, Bongo, Bingo Wa Mutarika, Wade, Mbeki et le premier ministre Meless Zenawi. Les autres, à savoir Obasanjo, Dos Santos, Kagamé, Moubarak, Bouteflika, Biya Kufuor (pour ne citer qu'eux) se sont excusés et se sont fait représenter par de très proches collaborateurs.

Aperçu de l'exposé de Gbagbo


Une fois les obligations relatives à l'accueil et au protocole terminées, les travaux ont été ouverts par une séance à huis clos, réservée uniquement aux membres du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'UA, dont la teneur a failli être trahie par un direct qui a duré 3mn. Heureusement, les services de l'UA s'en sont rendus compte et ont donc interrompu le passage télé qui faisait le direct du discours d'ouverture du président Sassou NGuesso. Après quoi, plus rien à se mettre sous la dent, excepté les bruits de couloirs généralement infondés. C'est finalement à 15h50 GMT que l'on aperçoit le Président Gbagbo. Ce dernier, de même que quelques collaborateurs s'engouffrent dans les différents véhicules de commandement. Destination : l'hôtel Hilton : "le chef a fini son exposé. Etant donné que la Côte d'Ivoire n'est pas membre du Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA, il prend donc congé de ses pairs qui vont procéder à la délibération", nous informe un diplomate ivoirien ayant pris part au huis cos. C'est alors que nous poussons un peu plus loin la curiosité. "Dans l'ensemble, le Président Gbagbo s'est très bien défendu. C'est un exposé encore plus fouillé que celui produit le 6 octobre dernier à Abuja devant les pays de la CEDEAO, qu'il a fait. Son volumineux rapport a passé au peigne fin tous les acquis, tous ses sacrifices à la demande du médiateur Mbeki qu'il a salué au passage. Le président a aussi identifié les blocages et ceux qui en sont responsables. Il a aussi fait part de sa volonté d'en finir avec cette crise qui n'a que trop duré, en demandant à l'UA de prendre des mesures courageuses pour aider la Côte d'Ivoire ou à tout le moins, de lui donner les moyens de former un gouvernement propre à lui, afin de relever le chalenge de la réunification. Au passage, le président a averti contre la volonté chez certaines personnes de biaiser dans les prises de décisions. Il a, pour finir, dit, dans la droite ligne de son exposé, que le débat sur le maintien ou non de la Constitution ivoirienne ne devrait même pas avoir lieu. La Constitution ivoirienne ne se négocie pas, a-t-il dit. De la même façon, il a trouvé ridicule l'arrangement qui voudrait que ses pouvoirs reviennent au Premier ministre Banny. Dans l'ensemble, ce fut un autre grand discours de rupture", relève notre interlocuteur. Qui ajoute en sus que l'exposé du Président Gbagbo était si dense et complet, avec des éléments nouveaux qui ont surpris plus d'un, que l'ensemble des pays anglophones et surtout ceux d'Afrique Australe, un peu loin du conflit ivoirien, ont sollicité une rallonge de sa séance d'exposé afin, disent-ils, de se faire une vraie idée de ce conflit plutôt que de se contenter de coupures de presse et de rapports de canaux d'informations occidentaux. C'est volontiers qu'il s'est prêté à cet exercice qui a satisfait les uns et les autres." En quittant le centre de conférence de l'UA, le Président Gbagbo a laissé en base arrière, quelques lieutenants dont Désiré Tagro, son porte-parole, Mme Sarata Touré et d'autres collaborateurs, chargés d'apprécier éventuellement le communiqué final et de lui faire cas, le plus rapidement, des zones d'ombres qu'il pourrait y avoir. Cependant, concède encore notre interlocuteur, la partie fut très serrée: "Selon l'ordre du jour, Ibn Chambas, secrétaire général de la CEDEAO, Pierre Schori, représentant spécial de Annan en Côte d'Ivoire, Gérard Stoudman, haut représentant chargé des élections, M. Banny et enfin le Président Gbagbo devaient faire chacun son exposé. Les trois premiers se sont acquittés de leur devoir avec la partialité qu'on leur connaît. En dernier ressort, au lieu d'inviter Banny à exposer, le Président Sassou fait plutôt appel au président Gbagbo au crachoir. Fin de non-recevoir. Le chef de l'Etat ivoirien estime que la civilité protocolaire devrait plutôt faire du Premier ministre le premier exposant. Réaction d'approbation dans la salle. Banny expose donc, tant bien que mal, en demandant un renforcement de pouvoirs pour mener à bien sa mission, avant de céder la place au Président Gbagbo pourl'exposé dont je vous ai donné les grandes lignes..."

Thabo Mbeki se retire


Le discours a donc fait son effet selon notre source. Plus tard, on apprendra officiellement que le président Gbagbo a fait 5 requêtes fondamentales dans son adresse. Il a appelé tour à tour à condamner la rébellion, à exiger son désarmement, à la suppression de la zone de confiance, à l'application pure et simple de la Constitution et des lois de Côte d'Ivoire et enfin au maintien à son poste du médiateur Thabo Mbeki. Le président Gbagbo a en outre demandé à former un gouvernement propre à lui avec un Premier ministre de son choix. Après cette séance d'information, s'en sont suivis les débats sous forme de questions-réponses, sanctionnés peu après par une pause. Plus tard les seuls présidents des pays membres du CPS ont été appelés pour la séance de délibérations. Le président Wade qui n'y trouvait certainement pas son compte a quitté la salle vers 7 heures locales. Destination, la Mecque, nous dit-on. Les délibérations ont duré jusqu'à 18h50, heures locales quand la salle des plénières a été ouverte au public. Là, le responsable communication de l'UA fait savoir que "le projet de communiqué final va être soumis à un comité restreint comprenant 4 pays. Ce sont, l'Afrique du Sud, en tant que membre permanent du CPS et assurant la médiation, le Congo pour le statut du président Sassou, un pays de la CEDEAO et un dernier pays, certainement de l'Afrique du Nord. Le travail consistera pour ce groupe-là, à apporter toutes les corrections possibles avant adoption en tant que communiqué final". On retient cependant et selon les premiers bruits qui ont couru que le médiateur Thabo Mbeki s'étant senti inutilement vilipendé par les uns et les autres, a décidé sagement de se dessaisir du dossier ivoirien. L'Ua arguera de ce que Mbeki a agi ainsi parce que son pays vient de se voir nommé depuis avant-hier membre du conseil de sécurité de l'ONU. Ce qui est faux. Tout compte fait, le communiqué final fait cas du maintien en l'état de la Constitution, du renforcement des pouvoirs de l'ONUCI et du GTI pour conduire le processus de sortie de crise, de pouvoirs renforcés pour Banny, qui a maintenant autorité et pouvoirs dits renforcés sur l'Armée dite "intégrée" suivis de possibilité de nommer dans la haute administration civile et militaire. Et la possibilité d'opérer par ordonnances et décrets en Conseil des ministres. Mais on retiendra que l'UA a mis 2 heures pour pondre un communiqué qu'il avait du mal à rendre public. Simplement parce qu'à chaque fois et par un simple jeu de combines, il fallait barrer tel paragraphe ou ajouter un terme comme "intégré" pour la soi-disant nouvelle armée. En outre, si la version anglaise du communiqué final ne dit rien en son point 13 sur le cas Mbeki, la troisième mouture de la version française fait cas de son dessaisissement du dossier ivoirien. Comment dans un tel contexte peut-on faire confiance aux Africains eux-mêmes dans la résolution des crises qui les frappent? Un ministre burkinabé, membre de la délégation du président Compaoré, pouvait même s'en délecter, puisqu'il annonçait à un confrère de l'opposition, que "Tout ce que Gbagbo a demandé, on ne lui a pas donné". Après plusieurs heures de tergiversations, c'est finalement Sassou Nguesso, lui-même, qui est venu faire sa conférence de presse. Il dira en substance que la période de transition remise en selle ne devra pas excéder 12 mois et de finir par un "Nous pensons que tout sera mis en œuvre pour qu'il nous soit possible d'organiser les élections en Côte d'Ivoire...nous devons prendre le contre-pied des blocages...il est bien entendu que nous n'irons pas de report en report" Et vlan ! Aux yeux de la Côte d'Ivoire républicaine. Rodolphe Adada qui suivait de près son maître, peut enfin tomber dans les bras de Pierre Schori, en criant, "We did it !", "Nous avons réussi'', notre mission, semblait -il dire. A Gbagbo de jouer maintenant sa partition. Le voici reine d'Angleterre s'il le veut bien. La vraie lutte ne fait que commencer.

Comment la CEDEAO sacrifie Mbeki et la paix


La CEDEAO a montré hier qu'elle n'est pas favorable à la paix en Côte d'Ivoire. Le 06 octobre dernier, elle a produit un premier communiqué officiel publié partout dans la presse avant de se rebiffer pour en envoyer un autre, faisant office de recommandations à l'UA, mais jamais publié. C'est à ce même jeu qu'elle s'est adonnée hier à Addis Abeba. Revenons cependant sur le point focal de ce communiqué secondaire d'Abuja, jamais formalisé et transmis à l'UA par des canaux non moins officiels. L'un des paragraphes de ce prétendu communiqué écrit au noir, décide de mettre en chantier les volontés de la Françafrique, sans tenir compte des recommandations, ni des obligations du dernier sommet de Yamoussoukro avec Annan, ni même de la qualité de la médiation Mbeki encore moins des sacrifices consentis par le Président Gbagbo. Ce paragraphe dont nous avons pu obtenir copie dit ceci: "Les chefs d'Etat et de gouvernement ont exprimé le besoin d'éviter les médiations multiples et parallèles dans le cadre du règlement de la crise en Côte d'Ivoire et ont convenu que le président de l'Union africaine et son homologue de la CEDEAO devraient conduire les efforts de médiation, pendant que le GTI entreprendrait une espèce de suivi et de médiation journalière du processus tout en servant de conduit pour toute contribution extérieure devant s'insérer dans ce nouveau processus de médiation. Dès lors, on comprend aisément pourquoi à sa sortie de l'Elysée le week-end dernier, le président Sassou Nguesso faisait allusion à "des décisions d'envergure" qui devraient être prises dans la capitale éthiopienne, pour régler la crise ivoirienne. A la vérité, pour un Sassou Nguesso conditionné par Chirac, ces décisions ne devraient valoir que parce qu'elles doivent écarter le médiateur Mbeki dans le règlement de la crise ivoirienne, C'était donc cela le sens de l'allégeance à Chirac. Le sens du grand boucan de Sassou sur le perron de l'Elysée. Mais surtout la manifestation du forcing de la CEDEAO qui est passé outre les obligations démocratiques et républicaines pour faire adopter enfin son noir schéma.

Pourquoi Mbeki a décidé de se retirer


Ce n'est pas tant parce que sa démarche est imparable, qu'elle gêne énormément Paris. Ce n'est pas tant parce qu'il est intraitable que le président Mbeki s'attire les foudres de la CEDEAO par Chirac interposé. Depuis avant-hier, le sommet d'Addis a permis une autre révélation. L'Afrique du Sud vient de décrocher au Conseil de Sécurité de l'Onu un poste dévolu à l'Afrique. L'information qui court encore les couloirs feutrés du siège de l'Onu devra être officialisée dans 2 mois. Mais déjà, elle n'est pas du goût de Chirac qui estime sa chère Françafrique doublée au profit du nouvel ogre sud-africain. Il faut donc empêcher Mbeki de gagner sur cet autre terrain. Certains grands pays d'Afrique sont donc invités à comploter contre Mbeki. La sanction et l'humiliation suprême, le faire donc partir de la tête de la médiation dans la crise ivoirienne. Pendant longtemps, Sassou et ses sbires ont manqué de courage pour le dire haut et fort. Hier, avec la complicité de la CEDEAO, la Françafrique a atteint son but. Mais pour combien de temps quand l'on sait qu'assis au Conseil de Sécurité de l'ONU, Mbeki sera encore plus fort, en ce sens que l'Afrique du Sud aura toute latitude de bloquer les résolutions farfelues de la France dans le cadre du règlement de la même crise ivoirienne. Chirac est-il vraiment sorti de l'auberge? Que non, car il n'a fait que déplacer, sans résoudre, le problème ivoirien. De l'avis des observateurs, "il est plus intéressant que Mbeki soit sorti des griffes de la CEDEAO. Dans sa position actuelle, il sera plus redoutable que jamais. En fait, ce sommet n'a fait que complexifier la crise ivoirienne". Et les pays de l'Afrique digne qui ont bien vite compris le sens de la volonté de la CEDEAO ont donc refusé de cautionner la mascarade, en boycottant cette réunion. C'est le président malawite qui a d' ailleurs bien posé le problème, lors de son intervention: "Je ne comprends pas comment est-ce qu'on peut donner les pouvoirs du président à un Premier ministre. Nous-mêmes assis ici ne l'accepterons jamais, c'est pourquoi, je voudrais qu'il ne soit pas donné de suite à cette requête. Même Bongo l'a approuvé. Tard dans la nuit pourtant, Sassou Nguesso et ses sbires donnaient mandat à Banny pour prendre la République. Ainsi va l'Afrique.»





mardi, 17 octobre 2006

«Ouverture du sommet de l’UA aujourd’hui - Des étincelles en l’air - la françafrique joue son va-tout!»



Le Matin d'Abidjan
— mardi 17 octobre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=218226

Par
Guillaume N'Guettia :

«
Il y a de l'électricité dans le ciel d'Addis-Abeba. Le sommet de l'UA qui s'y tient aujourd'hui, est l'occasion rêvée par Chirac et ses obligés, pour donner forme à la dislocation de l'armée, et la dilution du corps électoral. En face, le camp présidentiel veille.

"La réalité est que nous arrivons présentement dans une période où quelque chose va se passer. " Ainsi s'est exprimé hier sur les ondes de la radio locale de l'ONU, Gerard Studman. Une sortie, après celle de Pierre de Schori, à quelques jours d'intervalle, par le même canal. Et qui situe sur l'enjeu du sommet du Conseil de paix et de sécurité. A entendre le haut commissaire onusien chargé des élections, la connexion anti Gbagbo joue son va-tout à Addis-Abeba, où se tiennent les tractations. Conduite par Chirac, la nébuleuse françafricaine se jette corps et âme dans la bataille diplomatique. A défaut d'obtenir le départ de Laurent Gbagbo, Chirac et ses complices de l'ONU ne font pas mystère de dépouiller le président ivoirien de ses prérogatives. Gérard Studman reprécise cette option. " Le Premier ministre va jouer un rôle qu'il faut à l'avenir, plus important que ce qu'on a vu jusqu'à maintenant ", soutient-il, pour lever à jamais le voile sur l'ambition de fouler la Constitution au pied. C'est clair, la réunion qui s'ouvre ce mardi est capitale pour l'Elysée. Paris manœuvre ferme, en vue de démanteler les points clé du régime ivoirien. En attendant de tout finaliser à New York dans les jours à venir, la tribune de l'organe statutaire de l'Union africaine va servir de tremplin. Le haut représentant chargé des élections n'en fait pas mystère. Et deux axes majeurs sont explorés. De fait, s'accordent de nombreux observateurs, le démantèlement des Forces de défense et de sécurité dans sa nomenclature actuelle est de mise. Sous le couvert d'une ''restructuration'' aux contours des plus flous, l'Elysée et ses obligés veulent anéantir la force militaire de Gbagbo. C'est de notoriété, l'armée est dans le viseur de la coalition politico-armée. La Grande muette est accusée de faire corps avec la présidence de la République. Konan Banny est donc pressenti pour exécuter la décapitation de l'état-major des FDS, que dirige le Général Philippe Mangou. "Il faut restructurer les forces armées comme au Liberia ou en Sierra Leone", conçoit Studman, pour coller aux desiderata de la rébellion qui réclame depuis des lustres ''un état-major intégré''. Il est donc mis en œuvre, le schéma des deux pays sus-cités, où l'armée n'existait plus après de longues années de crise armée. Si ce passage en force est obtenu à Addis-Abeba, alors la voie est balisée pour dénaturer le corps électoral, au profit de Ouattara. Le processus d'identification est l'occasion pour le GTI de naturaliser en masse des ressortissants de pays voisins, et en faire des électeurs potentiels, contre les normes prescrites. Ce, après obtention de certificats de nationalité au cours des audiences foraines. Là-dessus, Gerard Studman est sans ambiguïté. " Il ne faut pas respecter la loi, parce que c'est la loi ", martèle le fonctionnaire international pince sans rire, pour marquer le dédain de l'ONU pour les prescriptions en vigueur. Il conseille de délivrer des papiers d'identité " dans des conditions flexibles. " Adieu donc le guide des audiences foraines édité par les services de la Primature, et qui a valu une volée de bois vert de la rébellion à Banny. Si le représentant de Kofi Annan est d'avis que " la Côte d'Ivoire n'est pas sous tutelle ", il prône néanmoins que la CEDEAO soit l'ange gardien de ce pays. L'organisation sous-régionale, dans le plan de déstabilisation de Gbagbo, devra veiller à l'application des pouvoirs, que la communauté internationale, qui se résume en fait à la France, veut octroyer au Premier ministre. Avant l'ouverture du sommet, la presse parisienne joue sa partition. ''Le Monde'' dans sa parution de ce week-end, dévoile le plan de sortie de crise conçu par Chirac et ses affidés au sein de la CEDEAO. Selon le quotidien, le communiqué officiel de la réunion d'Abuja est truffé de bluff. A ceux qui estiment que ce communiqué n'a pas abordé " la question clé de la répartition des pouvoirs entre le Chef de l'Etat Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny ", Le Monde qui se veut dans les secrets des dieux, apporte un démenti. " La réalité est différente. Le texte de 5 feuillets que Le Monde a pu consulter constitue un tournant. Certes les chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest recommandent que le ''le Président Gbagbo demeure chef de l'Etat'', mais ils préconisent de le dépouiller de tous ses pouvoirs au profit de Konan Banny ", éclaire le quotidien français. Et de préciser : " Ce dernier disposera de tous les pouvoirs nécessaires, qu'il s'agisse d'établir des listes électorales fiables, ou de désarmer les diverses milices. Pour neutraliser le chef de l'Etat, lui et ses ministres auront la possibilité de gouverner par ordonnances ou décrets-lois." Constat, le haut représentant chargé des élections et Le Monde voguent sur les mêmes eaux. Mettant à nu le projet de la Françafrique, qui vise à parachever le coup d'Etat de septembre 2002. Ceci dit, à la pratique, cette option s'avère plutôt difficile à réaliser. Dans le camp des résistants républicains, le maintien de la Constitution et les prérogatives présidentielles ne sont pas négociables. Le camp présidentiel veille. Autant dire que ce matin, il y a des étincelles dans le ciel d'Addis-Abeba.
»




 

lundi, 16 octobre 2006

Crise ivoirienne : la Déclaration du CNRD



Notre Voie
— lundi 16 octobre 2006 — http://news.abidjan.net/presse/notrevoie.htm :


Le Président de la République qui est demeuré à son poste conformément aux dispositions constitutionnelles, vient de participer à la réunion au sommet de la CEDEAO, convoquée sur la crise ivoirienne. Cette réunion s'est tenue à quelques jours de l'échéance fixée par la résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour la réalisation de la feuille de route du Premier Ministre Charles Konan Banny.
A l'occasion de cette importante réunion et dans la droite ligne de son discours de rupture prononcé devant les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) à la veille de la rencontre de New York, le président de la République a brillamment défendu, devant ses pairs de la CEDEAO, sa solution de sortie de crise.
Aujourd'hui, les Ivoiriens et les amis de la Côte d'Ivoire notent avec satisfaction que le cercle des africains, soutenant le combat du peuple de Côte d'Ivoire pour sa dignité et sa liberté s'agrandit de jour en jour, tant au niveau des dirigeants politiques qu'à celui des populations.
Le CNRD (Congrès National de la Résistance pour la Démocratie) qui s'est engagé, depuis sa création, à convaincre l'ensemble de nos compatriotes sur l'impérieuse nécessité d'unir le pays autour de l'idéal républicain, sans considération de chapelle politique, se réjouit d'être de plus en plus entendu. En effet, de nombreux dirigeants et hauts cadres de partis politiques membres de la coalition politico rebelle du G7 se rangent publiquement du côté de la république et de la légalité. Ces cadres se démarquent en masse des positions incongrues de certains partis politiques (dont ils sont membres des instances) qui ont pris fait et cause pour la rébellion et pour la prise du pouvoir par les armes.
Persistant dans sa folie destructrice du socle de la nation et se refusant à tout retour en arrière après être allé si loin, la coalition politico rebelle du G7 n'a d'autre recours que de s'en prendre aux personnalités et chefs d'état africains de la trempe des Présidents Thabo M'beki, Konaré, Amadou Toumani Touré, etc. qui ont choisi d'œuvrer à l'éveil d'une Afrique longtemps marginalisée et humiliée.
Au mépris de toute règle diplomatique, de tout code de bonne conduite, ils couvrent de leur venin ceux qu'ils adulaient hier. Parallèlement, ils feignent de ne pas voir que leurs parrains, d'ici comme d'ailleurs, croulent sous le poids des scandales sur fond de trahison, de manigances et de coups bas, révélant ainsi leur vrai visage. Ils sont un véritable danger pour l'émancipation de l'Afrique et pour la démocratie.
Les récentes déclarations de Soro Guillaume qui invite ses alliés de l'ombre à "ne plus compter sur les instances que sont la CEDEAO, l'Union Africaine et les Nations Unies pour mener le combat à (notre) place et à ne plus demander à la communauté internationale d'enlever Gbagbo du pouvoir à ( notre) place" achèvent de convaincre les Ivoiriens que ce sont des pouvoirs extérieurs à la Côte d'Ivoire qui constituaient l'essentiel de la capacité de nuisance de la rébellion.
La crise ivoirienne reste et demeure une tentative de coup d'état qui s'est muée en une rébellion. Cette rébellion doit donc être condamnée et c'est parce que cette condamnation n'a pas été sincère que les accords de Linas Marcoussis ont été un échec dans leur application.
Le CNRD (Congrès National de la Résistance pour la Démocratie) rappelle que personne, ni aucune puissance ne peut venir à bout de la résistance d'un peuple et de sa soif de justice, si pauvre soit ce peuple.
C'est sans doute faute de l'avoir compris que le Premier Ministre Charles Konan Banny a échoué dans sa mission. Il a échoué malgré le soutien franc et sincère du Président de la République qui l'a doté de tous les pouvoirs et moyens nécessaires à l'accomplissement de ladite mission.
Maintenant qu'il a reconnu son échec, il serait logique que le Premier Ministre Charles Konan Banny remette sa démission au Président de la république.
Contre toute justice et sagesse il a choisi le sentier du positionnement personnel, ratant le boulevard de son propre futur politique.
Le Premier Ministre Charles Konan Banny est venu compliquer l'état du problème; il restait à faire le désarmement. Lui, était plus soucieux de:
- plaire à son mandant extérieur et faire sa volonté au détriment des intérêts de son pays. En conséquence, on a pu constater :
- une grande complaisance à l'endroit de la rébellion et de ses alliés;
- sa duplicité dans une alliance stratégique avec le GTI en vue du délitement de l'état;
- son refus obstiné de collaborer avec l'Assemblée Nationale.
- user de méthodes dilatoires pour masquer le refus de ses mandants d'aller à la paix. On peut relever ainsi:
- le parachutage de la "concomitance" du désarmement et de l'identification, non prévue dans aucun accord;
- la préférence de l'illégalité à des fins électoralistes;
- la recherche effrénée de pouvoirs supplémentaires alors que sa nomination ne repose sur aucun suffrage populaire;
- la tentation à défier vainement l'autorité du Président de la république, démocratiquement élu.
- voyager en quête de soutiens extérieurs pour le renforcement de ses pouvoirs, même quand le front social était en ébullition;
Ironie du sort et comme une cerise sur la gâteau de son échec, le Premier Ministre Charles Konan Banny dont le premier engagement à ce poste a été de débarrasser le district d'Abidjan de ses ordures, termine sa mission dans un district qui n'a jamais été aussi sale qu'aujourd'hui avec en sus le scandale des déchets toxiques.
Le Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD)
- salue à nouveau la grandeur d'esprit et la courageuse fermeté dont continue de faire preuve SEM le Président de la République dans son nouveau plan de résolution de la crise ivoirienne;
- félicite le Président de la république, SEM Laurent Gbagbo pour sa très brillante participation à la réunion de la CEDEAO qui lui a valu l'admiration de ses pairs;
- assure le Président de la république, SEM Laurent Gbagbo de son total soutien et de sa disponibilité à poursuivre le combat de la résistance pour la libération et la dignité de notre peuple;
- remercie les chefs d'état et les peuples africains pour leur soutien au peuple de Côte d’Ivoire dans sa juste et légitime quête de liberté, de dignité et de progrès économique et social et les assure de son infinie reconnaissance;
- remercie particulièrement et solennellement le président Thabo M'beki de la république sœur d'Afrique du Sud, pour son soutien juste et constant dans le combat que mène le peuple ivoirien pour sa souveraineté;
-invite solennellement et respectueusement le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union Africaine à endosser le plan de sortie de crise proposé par le Président Laurent Gbagbo, seul moyen de cessation des souffrances des populations et de la surenchère du bloc politico rebelle dont les actions sont aux antipodes de la morale;
- prie le Président de la république, SEM Laurent Gbagbo de bien vouloir former un gouvernement de salut national, dès lors que le processus de sortie de crise tel que défini par la Résolution 1633 des Nations Unies est un échec.
- demande, en raison de leur rôle nocif dans la résolution de la crise ivoirienne, la dissolution immédiate du GTI et le départ de la force Licorne et au besoin son remplacement par des forces africaines;
- demande que le médiateur de l'Union Africaine, le président Thabo M'beki, pour sa parfaite connaissance du dossier ivoirien et son esprit d'équité, soit la seule personnalité, en dehors du chef de l'état ivoirien, à présenter aux institutions internationales, tout texte, tout dossier ou projet de résolution sur la crise ivoirienne;
- exige la suppression de la zone de confiance et son passage sous contrôle gouvernemental pour que cessent les pires souffrances qu'y subissent les populations et que se fasse la réunification du pays;
- exige la démission du Premier Ministre Charles Konan Banny ;
-félicite le peuple de Côte d’Ivoire pour son combat exemplaire désormais connu et respecté à l'extérieur de nos frontières;
- invite tous les ivoiriens, toutes tendances politiques confondues, à continuer de se mobiliser pour faire échec au plus long coup d'état de l'histoire contemporaine;

Fait à Abidjan le 12 Octobre 2006
Le Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD)