« lun. 02 oct. - dim. 08 oct. | Page d'accueil
| lun. 16 oct. - dim. 22 oct. »
samedi, 14 octobre 2006
«Déstabilisation du régime - Des diplomates français s’élèvent contre Chirac»
Le Matin d'Abidjan — samedi 14 octobre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=217821 :
par Philippe Kouhon,
Correspondant Europe :
«L’acharnement du Président français et ses services sur le Président Gbagbo est mal perçu d’un grand nombre de Français dont des diplomates. Ces derniers s’élèvent contre l’attitude du Président français qui engage toute la France dans un conflit de personnes et d’intérêts malsains. Ils se sont confié à un conseiller du chef de l’Etat ivoirien.
Logé dans le tout premier cercle des proches du président ivoirien depuis seulement huit mois, M. Sylvain de Chambry, est en guerre contre les médias français. Lui-même d'origine française, le nouvellement nommé, conseiller en communication politique pour l'espace européen, pour le compte du président Laurent Gbagbo, arpente chaque jour les locaux des médias français pour " porter le message du n°1 ivoirien ."
Quoi de plus logique. Mais comment peut-on réussir une t-elle mission quand on est soit même lié par le sang et le sol avec la France ? En tout cas loin d'être un simple travail d'expert en communication, la mission de monsieur De Chambry est plus qu'une mission " d'amour que j'ai pour le personnage du chef de l'Etat ivoirien ". S'exprimant hier face aux correspondants des journaux ivoiriens en France, l'homme a dit être particulièrement séduit par la simplicité du N°1 ivoirien. " Quand à Abidjan j'ai sollicité une audience à la présidence, je m'apprêtais à voir un boulanger avec une poêle ou un boucher avec une hache."
" L'AFP et RFI sont loin d'être des médias objectifs "
Du contenu de sa mission, voici ce qu'il a dit aux journalistes : " Je suis allé moi-même devant le président lui proposer mes services. Les débuts ont été difficiles mais lorsque le contact s'est établi, j'ai été très heureux du privilège et flatté de la confiance que le président a placée en ma modeste personne. J'ai une équipe de communicants qui travaille en Côte d'Ivoire et en France. Nous décryptons tous les sujets traités dans les médias concernant la Côte d'Ivoire. En cas de contrevérité, nous apportons des rectificatifs. La fonction de communicateur a plusieurs volets. Mais nous essayons de remplir notre cahier de charge au maximum. Vu le contexte politique actuel de la Côte d'Ivoire, il est clair que les avis sont partagés selon la ligne éditoriale du média et le camp qu'on occupe. C'est pourquoi, en tant que français, et au vu de la portée ou l'audience des médias internationaux tels que RFI et l'AFP, je me suis insurgé contre la méthode employée pour rendre les informations en provenance de la Côte d'Ivoire. Si cela est fréquent pour les pays africains, je suis désolé que ces deux presses soient loin d'être des médias objectifs en ce qui concerne la Côte d'Ivoire et son président. Je l'ai maintes fois signifié à leurs différents responsables. La question de la parité se pose. Je ne peux pas supporter que la parole soit donnée à tour de bras aux rebelles et seulement une ou deux fois tous les six mois au camp présidentiel. A l'AFP (agence France presse), je regrette le trop de commentaire fait au sujet de la Côte d'Ivoire. L'AFP étant par excellence une agence, une source d'information pour plusieurs médias du monde. ". Puis de poursuivre : " l'autre volet de ma mission concerne la décrispation des relations entre la France et la Côte d'Ivoire. Pour ne pas dire le rapprochement des deux chefs d'Etat. Il n'est un secret pour personne, la crise ivoirienne dure parce que le président Chirac a décidé volontairement de bouder son homologue ivoirien. Lui-même l'a reconnu à Bucarest quand il dit ne plus se souvenir de son dernier coup de fil avec le président Gbagbo. Je ne peux pas comprendre que 72% de l'opinion ivoirienne soit favorable à un président démocratiquement élu dans un pays souverain et en face on trouve des personnes qui légitiment des acteurs d'un coup d'Etat manqué et qui s'est mué en rébellion. Mais ce que je regrette en tant que français, c'est de regarder avec impuissance mon pays soigner avec mes impôts des gens qu'on appellerait ici en occident des terroristes, alors qu'en plus de leurs salaires de ministres ivoiriens, payés par les contribuables de la seule partie sous contrôle des forces loyalistes, ces rebelles continuent de piller la zone sous leur contrôle en direction des pays limitrophes.
Beaucoup de diplomates français que j'ai rencontrés m'ont dit qu'ils ne comprennent pas non plus l'attitude de l'Elysée en Côte d'Ivoire. " M. De Chambry a par ailleurs reconnu que la parade n'est pas simple mais avec qu'un peu de conscience et de responsabilité, les deux principaux acteurs que sont Chirac et Gbagbo sauront placer en avant l'intérêt des peuples et non celui des multinationales, qui ont pour seuls objectifs de faire du bénéfice.
M. De Chambry qui se déplace régulièrement en Côte d'Ivoire dit y être le bienvenu et en sécurité. " Je me promène dans les rues d'Abidjan librement sans être escorté par des blindés. Aussi, ce que j'ai remarqué c'est qu'il y a de plus en plus de blancs en Côte d'Ivoire qui malheureusement ne parlent pas le français. C'est dommage pour la France ! " Le nouveau conseiller auprès du président ivoirien a tenu à partager en fin d'entrevue une pensée du président Gbagbo qui est la suivante : " je serai le meilleur ambassadeur de la France si elle accepte de revoir sa vision."»
05:35 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 11 octobre 2006
Après l’appel d’Affi N’Guessan à la Cedeao
«Dominique Gnissi (Pdt de la jeunesse burkinabè en CI) : “Nous ne nous sentons pas concernés par une quelconque menace”»
L’Inter — mercredi 11 octobre 2006 — http://news.abidjan.net/presse/linter.htm
par Hippolyte Oulaï :
«Ayant assisté au meeting d’Affi N’Guessan à Mossikro, dans la commune d’Attécoubé le lundi 2 octobre dernier, Dominique fait remarquer que le président du Fpi n’a fait qu’interpeller les chefs d’Etat de la Cedeao qui se sont réunis le vendredi 6 octobre à Abuja pour ébaucher un nouveau schéma de sortie de crise en Côte d’Ivoire. “ Il les invitaient à prendre des décisions populaires, responsables et qui respectent la légalité constitutionnelle en Côte d’Ivoire. Il les exhortaient à ne pas commettre l’erreur de prendre des décisions qui viendraient envénimer la situation au risque de mettre à feu et à sang un pays qui est le creuset de la dispora africaine ”, a déclaré Dominique Gnissi. Selon lui, Affi N’Guessan appellait la Cedeao à ne pas faire plaisir à la France en prenant des décisions incendiaires qui vont brûler la Côte d’Ivoire. Car, les conséquences d’une détérioration de la situation n’épargneraient personne, y compris la forte communauté étrangère. Donc, pour Dominique Gnissi, l’adresse d’Affi N’Guessan à la Cedeao n’était qu’une interpellation et non des propos incendiaires comme le déplorait Kofi Annan, encore moins une mise en garde ou des menaces comme le feraient croire la presse étrangère, Rfi et Bbc. “ Nous ne nous sentons pas concernés par une quelconque menace. Si nous sommes menacés, nous le dirons. Nous sommes assez responsables pour le dénoncer ”, a confié Dominique Gnissi, qui dénonce une campagne d’intoxication au dessein inavoué. Se prononçant sur le sommet d’Abuja, il a annoncé que son association a déposé un courrier à la représentation permanente de la Cedeao à Abidjan, le mercredi 4 octobre. Dans ce courrier, l’Ajb-CI écrit que “ l’Ua et la Cedeao ont l’obligation solennelle d’œuvrer pour des élections libres et démocratiques en Côte d’Ivoire en respectant sa Constitution votée à 86%. Refuser de régler la question ivoirienne par cette voie, c’est accepter de légitimer la rébellion et d’être à son service pour des raisons inavouées. La communauté étrangère africaine en Côte d’Ivoire, par le biais de la jeunesse burkinabé, dit non à cette férule humiliante et lance une voie suppliante mais pleine de réalisme à tous les chefs d’Etat africains pour que la crise ivoirienne se règle dans la légalité et le respect de la Constitution ivoirienne ”. Selon Dominique Gnissi, le représentant permanent de la Cedeao à Abidjan a refusé de transmettre à Abuja ce courrier appuyé par une pétition des jeunesses étrangères en Côte d’Ivoire.»
03:05 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 09 octobre 2006
«Comment Gbagbo a ruiné les espoirs des rebelles»
Notre Voie — lundi 9 octobre 2006 - http://news.abidjan.net/article/?n=216783
Par Augustin Kouyo Envoyé spécial à Abuja :
«Il est 20h20 min le vendredi 6 octobre, au Transcorp Hilton d'Abuja. Pierre Schori, Gérard Stoudmann, Rodolphe Adada et Charles Konan Banny discutent debout et rient aux éclats sous les regards des journalistes et des membres des délégations des différents pays venus au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Juste à côté, dans la vaste salle des congrès de l'hôtel, réunis autour d'une table en U, onze chefs d'Etats de la sous-région et trois représentants de leurs présidents planchent sur la crise ivoirienne depuis près de neuf heures. Après avoir dressé un sévère réquisitoire contre le régime de Laurent Gbagbo et proposé qu'il soit dépouillé de tous ses pouvoirs au profit du Premier ministre, les personnalités citées plus haut ont été priées de sortir de la salle afin de permettre aux chefs d'Etat et à leurs représentants de travailler entre eux. Mais contrairement à ce que nous avions écrit, et selon des sources crédibles, Charles Konan Banny a été autorisé, à la demande du président Gbagbo, à assister à cette séance au cours de laquelle le projet de résolution préparé par la CEDEAO a été discuté.
Dans le hall, tout le monde s'impatiente. Parce que, la réunion traîne en longueur. Les journalistes guettent tous les mouvements. Et se ruent vers l'entrée de la salle des congrès à chaque fois qu'un président sort pour aller se soulager. On se demande ce qui fait traîner les choses. Il a fallu attendre jusqu'à 21h 20 min pour voir la longue attente prendre fin avec l'annonce de la fin du sommet.
Le communiqué final montre clairement que faute d'avoir réussi à dépouiller leur collègue Laurent Gbagbo de ses pouvoirs, les chefs d'Etat de la CEDEAO ont opté pour le statu quo ante en indiquant que la résolution 1633 reste le seul cadre de règlement de la crise ivoirienne. En réalité, les choses n'ont pas été aussi simples pour eux face à la perspicacité de leur homologue ivoirien.
La tentative de coup d'Etat
Dès que les chefs d'Etat se sont retrouvés entre eux, lecture a été faite du projet de résolution. Un projet qui attribue les pouvoirs de l'exécutif au Premier ministre et fait du président de la République un président protocolaire. Et qui remet également en cause la légitimité de l'Assemblée nationale. La réaction du président Gbagbo est immédiate. Il menace de claquer la porte si ses homologues chefs d'Etat n'abandonnent pas ce discours qui n'est rien d'autre que celui du chef rebelle Soro Guillaume. Cette menace a le don de faire prendre conscience aux membres de la CEDEAO du risque d'échec qui se profile à l'horizon. Le président Gbagbo leur distribue des exemplaires de la Constitution ivoirienne puisqu'ils soutiennent qu'ils ne l'ont pas lue. Le reste ne sera plus qu'une partie de démolition d'un complot préparé dans les officines de la Ffrançafrique. Laurent Gbagbo expliquera et expliquera à ses homologues qu'il tient ses pouvoirs de la Constitution ivoirienne et non de quelque autre institution que ce soit. Et que nul ne peut se permettre de les lui arracher. Au final, le sommet a adopté des recommandations à transmettre au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. Des recommandations qui sont fondamentalement différentes de celles contenues dans le projet de résolution. Le rêve de la France et de ses valets d'avoir en Côte d'Ivoire un Premier ministre doté de tous les pouvoirs de l'exécutif a été brisé. Tout comme le sommet a mis fin au désir de certains de dissoudre l'Assemblée nationale.
On comprend la déception des rebelles qui attendaient que le sommet prononce la fin du mandat de Gbagbo. Mais le camp présidentiel a le triomphe modeste. Puisqu'il y a encore d'autres étapes dans les prochains jours. Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, bien sûr, mais aussi, le Conseil de sécurité des Nations unies. Il s'agira surtout pour le président Gbagbo de faire comprendre au monde entier qu'il tient ses pouvoirs de la Constitution de son pays et qu'il a assez fait la volonté de la rébellion.
Rendez-vous est donc pris pour Addis-Abeba le 17 octobre.»
08:20 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0)



