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vendredi, 06 juin 2008

Laurent Gbagbo sur les événements de 2004



Interview d’Ulysse GOSSET pour France 24

Interview en entier : http://appablog.wordpress.com/2008/06/05/laurent-gbagbo-p...

Ulysse Gosset s’est entretenu avec Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire, un pays en crise depuis plusieurs années. Regardez l'entretien dans son intégralité sur le "Talk de Paris" vendredi 6 juin à 19h10, heure de Paris (GMT+2).
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[…]

M. Laurent GBAGBO.-
[…] je ne me sens pas dans la peau d’un coupable. [...]
Il y a eu une guerre civile dans mon pays. L’état français, dirigé par Jacques Chirac, a pris des positions qui nous ont amenés à le suspecter légitimement. Bon !
Nous avons, dans une offensive militaire, décidé de rompre toutes les bases arrières de la rébellion. On nous a déclaré que ces bombardements ont fait des morts français.
Je m’incline encore devant les morts, mais j’ai dit qu’il fallait des enquêtes pour vérifier si ce sont nos bombardements qui ont coûté ces morts, et dans quelle situation, quelle condition. Ce n’est pas encore fait.

Là-dessus, l’armée française, présente en Côte d’Ivoire, est dirigée par le général Poncet. A-t-il reçu des ordres de Paris ou pas ? Je n’en sais plus rien aujourd’hui. Il se met à casser toutes nos flottes aériennes.

M. Ulysse Gosset.- C’était une mesure de réaction de la France…

M. Laurent GBAGBO.- Oui, oui. La réaction populaire dans la rue ne s’est pas fait attendre. Les Ivoiriens sont descendus dans la rue, outrés qu’une puissance étrangère vienne casser sa flottille militaire. Telles sont les conditions dans lesquelles, eux, ils ont certainement été agressés et sont partis.
Si on veut discuter des responsabilités, je suis prêt à le faire, mais de toutes les responsabilités. On ne peut pas dire : “Oui, ceux qui ont tout perdu”, et jouer sur les sentiments. Le droit ne joue pas sur les sentiments mais sur les faits.

M. Ulysse Gosset.- Vous, est-ce que vous seriez prêt à les indemniser personnellement en tant que chef de l’Etat ?

M. Laurent GBAGBO.- Je fais ce qui est bien pour mon pays. En tant que chef d’état, je fais ce qui est bien pour mon pays. Il y a des entreprises, je pense qu’elles sont indispensables au bien-être de mon pays, donc je les aide.

M. Ulysse Gosset.- Qu’est-ce que vous dites à tous les Français…

M. Laurent GBAGBO.- Je leur dis que ce n’est parce que j’ai décidé d’indemniser les entreprises à se réinstaller, que je considère que j’ai tort dans l’affaire. Il faut que ce soit clair. Je ne considère pas du tout que j’ai tort, et je considère même, et je le demande depuis longtemps, qu’une enquête soit ouverte sur l’ensemble des éléments.
Certains députés français ont demandé une commission d’enquête française. Elle n’a pas eu lieu cette commission, elle n’a pas fonctionné.
Si aujourd’hui, je décide d’aider à ouvrir l’école française, si je décide vraiment d’aider certaines entreprises à s’installer, dans la mesure de mes moyens, c’est parce que c’est utile pour mon pays. Cela ne vaut pas acceptation d’une culpabilité quelconque.

M. Ulysse Gosset.- Quel est message que vous adressez à ces Français expatriés, qui vivaient en Côte d’Ivoire, qui sont partis ? Vous leur dites : “Venez, c’est calme” ?

M. Laurent GBAGBO.- Je dis : venez chez vous parce qu’à part ces quelques malheureux militaires français dont on nous a signalé la mort sur le front là-bas, et pour lesquels je demande une enquête qui n’a jamais pu avoir lieu, je demande qu’on élucide ça, aucun Français n’a été détroussé en Côte d’Ivoire, aucun Français n’a été pillé, aucun Français n’a été tué, chassé.

M. Ulysse Gosset.- Il y a quand même eu de graves incidents. Des français ont été molestés et d’autres choses graves. Vous le savez bien…

M. Laurent GBAGBO.- Oui, mais je vous ai resitué le contexte, mais sur ça, je ne me sens pas coupable, pas du tout !

M. Ulysse Gosset.- Pour l’avenir, vous leur dites : “Il est temps de revenir en Côte d’Ivoire” ?

M. Laurent GBAGBO.- Voilà ! Il est temps de revenir chez vous. C’est pourquoi, Monsieur Gosset, je vous dis que les hommes qui font de la politique doivent être toujours sérieux et toujours responsables. En effet, chaque homme qui fait la politique est responsable des millions de vies, et les gens ne savent pas que les mots qu’ils prononcent, les phrases qu’ils prononcent peut amener à des débordements. Il faut que, de part et d’autre, nous soyons responsables.


Ici : sur l'affaire Kieffer.



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