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dimanche, 02 septembre 2007
Doudou Diène, rapporteur des Nations-Unies contre le racisme...
SUR LE DISCOURS DE SARKOZY
« Le silence des chefs d’Etat africains est étonnant ! »*
http://www.sudonline.sn/spip.php?article4991
Genève – «Pour Nicolas Sarkozy l’homme noir est attaché à la nature, il ne peut pas faire le saut quantique de la nature à la civilisation et il est resté collé à la nature. » Nicolas Sarkozy est venu à Dakar avec un discours révisionniste. On a appris que Mbeki a remercié Sarkozy pour sa prestation à Dakar. Le rapporteur des Nations-Unies contre le racisme, le Sénégalais Doudou Diène, interrogé sur sa lecture du discours de Nicolas Sarkozy partage l’opinion de beaucoup d’intellectuels africains qui demandent à Me Wade, actuellement en vacances en Suisse, de répondre à son homologue français. Encore qu’il court le bruit au niveau de la Diaspora noire que « les Sénégalais sont des traîtres ». Certains se demandant combien d’euros Me Wade a-t-il reçu pour laisser Sarkozy perpétrer à Dakar le crime contre l’Humanité pour reprendre l’expression de l’historien Mamadou Diouf de Columbia University. Des Africains étudient par ailleurs les modalités de saisine du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme.
M. Diène, il est constant pour tout observateur averti que Nicolas Sarkozy à Dakar, a péché par ignorance, arrogance en se trompant dangereusement d’époque. Quelle est votre lecture de sa déclaration ?
« Ce n’est qu’une juxtaposition de textes différents avec des propos forts sur la culture africaine et sur l’homme africain. Deuxièmement, et le plus critique, c’est la posture politique. Comment comprendre qu’un homme d’Etat français puisse venir dire aux Africains ce qu’ils sont, ce qu’ils doivent faire. Sur ce point c’est au pouvoir politique de répondre à Nicolas Sarkozy. Cette réponse est attendue même après son départ. Le dernier élément, c’est la vision historique qu’a le Président français du Continent africain. M. Sarkozy pèche par ignorance. Il a dans sa vision historique de l’Afrique reproduit mot à mot les stéréotypes sur l’homme Noir qui a été décrit comme un être inférieur par des savants des Lumières pour légitimer l’esclavage et plus tard la colonisation. Et c’est de cette littérature qu’est née l’anthropologie du racisme anti-Noir en décrivant une absence de civilisation de l’Afrique et de l’homme Africain. Pour Nicolas Sarkozy l’homme noir est attaché à la nature, il ne peut pas faire le saut quantique de la nature à la civilisation et il est resté collé à la nature. C’est là une reproduction des vieilles constructions idéologiques qui ont été faites à l’encontre des autres peuples non-européens. Malgré tout ce qui a été fait par des scientifiques français comme africains à l’image du parrain de l’Université de Dakar Cheikh Anta Diop, que Nicolas Sarkozy a délibérément oublié dans son adresse à la jeunesse africaine. C’est un silence voulu. Un silence idéologique. »
Même quand il passe la pommade aux Africains, c’est pour mieux les rabaisser. Quand on connaît bien le débat en France, ne peut-on pas dire que Sarkozy ne s’adressait pas uniquement à la jeunesse africaine ?
« Ce discours exprime la montée de deux courants idéologiques en Occident. Premièrement, le courant du révisionnisme historique qui est en train de monter et qui a été illustré par le débat sur la « dimension positive de la colonisation ». Dans leur posture révisionniste des historiens essaient de démontrer que l’esclavage était l’œuvre même des victimes. Le deuxième courant propose une relecture ethnique des faits sociaux. Les tenants de ce courant suggèrent par exemple que l’immigration n’est plus un phénomène dont il faut avoir une lecture historique de tous les peuples mais exclusivement de peuples dont les valeurs culturelles ne sont pas en conformité avec la civilisation. Il s’agit d’intellectuels de renom comme le philosophe français Alain Finkielkraut ou l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse qui avait considéré que la révolte des banlieues était liée à la polygamie. C’est un courant assez profond. Ce que dit Nicolas Sarkozy est donc une expression politique d’un courant idéologique profondément révisionniste. Cependant, on ne peut pas accuser Nicolas Sarkozy d’être raciste. Il ne l’est peut-être pas. Le problème se trouve en France même. C’est la crise identitaire que vit la République française. Le surgissement d’un courant avant-gardiste et révisionniste est lié à une certaine idée d’une Europe blanche et chrétienne. Ces vieilles constructions identitaires sont en contradiction avec la société européenne d’aujourd’hui. »
N’est ce pas le signe avant-coureur d’un tournant historique très profond ?
« Il y a aujourd’hui une interprétation ethnique qui veut valider le retard de l’Afrique en en faisant un Continent anhistorique. Pour ces occidentaux les immigrés constituent une menace. Une seule question à Nicolas Sarkozy comment interprète-t-il le fait que des milliers d’Africains se retrouvent dans les cimetières français ? N’étaient-ils pas appelés au nom de la « mère-patrie » pour défendre la Liberté et la Démocratie ? »
Partagez-vous l’idée que Me Abdoulaye Wade doit répondre à Me Nicolas Sarkozy ?
« Il y a une interpellation des hommes politiques africains par le fait qu’un homme politique français vienne chez eux leur apporter une relecture historique de leur histoire, de leur propre être et de l’histoire de la colonisation. Leur silence est étonnant ! Le Chef de l’Etat sénégalais devrait donner son point de vue. Dans un esprit de dialogue critique, courtois mais de fond. Ce dialogue critique-là est attendu par les peuples sénégalais et africain. Et ce n’est pas seulement le Président du Sénégal qui est interpellé. De même les intellectuels africains sont interpellés. Il est temps qu’il se réapproprie la connaissance et la réécriture de leur propre histoire. Quelles sont les recherches faites dans nos universités sur l’histoire de l’Afrique ? Quels sont les efforts des autorités politiques sur l’enseignement de l’histoire africaine ? De même les intellectuels français et européens sont interpellés dans ce débat. Quels sont les travaux récents qui ont été faits sur l’histoire de la France et de l’Afrique ? Ces intellectuels doivent se positionner sur l’histoire coloniale. C’est en définitive leur propre société multiculturelle qui les interpelle. »
Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE, (ContinentPremier ONU – Genève)
* Il n'est pas chef d'Etat, mais notons la réponse d'un responsable africain : celle du Président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly.
23:20 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vingtaine, côte d'ivoire, afrique, delugio, politique, actualité, international
vendredi, 31 août 2007
"Témoignage de Berté Seydou - Les doutes de l’épouse de Kieffer"
Le Courrier d'Abidjan — No: 1098 du Jeudi 30 Aout 2007 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/a_la_une.asp?id=15717
par Sylvie Kouamé :
« L’opération médiatique de la «nébuleuse», consistant à présenter sur France 3 du «réchauffé» (c’est-à-dire le témoignage de Berté Seydou, disponible depuis plus d’un an) a-t-elle eu les effets escomptés? En tout cas, elle a suscité de la réserve chez de nombreux observateurs, y compris… Osange Silou-Kieffer, l’épouse antillaise de l’ancien journaliste de La Tribune.
Dans une interview au quotidien Nord-Sud, Mme Kieffer revient sur les «révélations» de France 3. Elle affirme ne pas avoir vu le reportage avant sa diffusion et admet que le témoignage de Berté Seydou est sujet à caution. «Je n’ai pas été informée du déplacement du journaliste de France 3. J’ai découvert ce reportage, cette interview en même temps que tous les Français qui étaient devant leur télévision jeudi soir. Ceci dit, si c’est un témoignage qui a été consigné il y a un an, ce n’est pas un témoignage qui a été rendu public. Le fait que France 3 le rende public, n’est pas une mauvaise chose. Qu’on identifie des lieux, qu’il explique ce qui s’est passé… même si, comme dit le procureur, ça peut être un témoignage qui peut être contesté, c’est un témoignage qui existe. Il y en a beaucoup de choses dans ce dossier qui sont encore plus contestables que le témoignage de M. Seydou et d’autres qui sont beaucoup plus crédibles. Ça fait partie d’un tout lié à l’enlèvement de Guy-André Kieffer.» Si l’on suit le raisonnement de Osange Silou-Kieffer, l’élémentaire devoir de prudence doit s’imposer à une presse française qui se fonde sur des pièces dont la crédibilité est relative pour accuser, de manière très légère, le président ivoirien.
Mme Kieffer, qui avoue au passage que ce que Berté a dit à France 3 est différent de ce qu’il a affirmé au juge Ramaël (au sujet de son statut de témoin oculaire ou de témoin de second rang) va plus loin et s’interroge lourdement – comme Le Courrier d’Abidjan, dès le lendemain de la diffusion de l’élément sur France 3 – sur le fait que Berté Seydou témoigne à visage découvert. «Moi la seule chose qui me gêne dans ce reportage, c’est que ce monsieur témoigne à visage découvert. Quand il avait pris contact avec moi, il avait dit qu’il ne voulait pas qu’on sache qui il était. Qu’il témoigne maintenant à visage découvert, je me suis dit soit il est inconscient, ou alors il est un témoin téléguidé, mais pourquoi ?» Une question se pose de toute façon : où se trouve aujourd’hui Berté Seydou ? En France, comme Jean-Tony Oulaï ? Interrogée sur ce que devient Tony Oulaï et sur son statut en France, Osange Silou-Kieffer avoue sa perplexité : «Je ne sais pas. Le juge me dit que Jean Tony Oulaï est placé sous contrôle judiciaire. Oulaï, lui, soutient qu’il ne l’est pas, puisqu’il a donné quelques interviews à quelques confrères en l’affirmant. Il est pour moi un peu dans ce dossier, comme l’arlésiennne. C’est quelqu’un qu’on voit partout. A l’heure qu’il est, je suis incapable de dire s’il a été un des exécutants premier des donneurs d’ordre, juste en dessous des commanditaires ? Est-ce qu’il a participé avec autant de force que le dit M. Seydou (…) ou est-ce qu’il s’agit de règlements de comptes entre les Ivoiriens ? Je ne sais pas.»
Décidément, le «scoop» de France 3 pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. »
Voir aussi, de Sylvie Kouamé :
http://www.lecourrierdabidjan.info/a_la_une.asp?id=15697.
15:00 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Vingtaine, Côte d'Ivoire, Afrique, Delugio, Politique, Actualité, International
mardi, 28 août 2007
Affaire Kieffer - Procureur Tchimou : “Une nouvelle piste nous conduit en France”
Le Courrier d'Abidjan — No: 1095 du Lundi 27 Aout 2007 — http://www.lecourrierdabidjan.info/a_la_une.asp?id=15654
par Michelle Topé :
C’est sûrement dans le pays de Nicolas Sarkozy que se cache l’assassin (?) du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Dans une conférence de presse samedi dernier au parquet, le procureur de la République a révélé que l’enquête en vue de mettre le grappin sur celui ou ceux qui aurait (ent) attenté à la vie de Kieffer les mène tout droit en France. «Jusque là, nous avons exploité des pistes purement externes. Quand l’affaire a éclaté, tout le monde voyait la Présidence (…). Ça ne nous a rien donné pendant 3 ans. Il y a des pistes internes qui sont assez importantes pour nous aujourd’hui et qu’il y a lieu de prendre en compte. Pendant longtemps, les gens ont fait savoir que Guy-André Kieffer était venu en Côte d’Ivoire sur invitation du président de la République. Et nous avons suivi cette piste. Par la suite, nous nous sommes rendus compte que non! Il n’était pas venu en Côte d’Ivoire en tant que journaliste, mais plutôt en tant qu’un consultant d’une société bien déterminée qui a fonctionné pendant un certain temps ici en Côte d’Ivoire dans le domaine du négoce. Mais, sans vous donner trop de précisions, il n’ y avait pas une bonne ambiance dans cette structure. Elle a fini par disparaître. Chacun est parti de son côté. (…) Guy-André Kieffer avait-il des ennemis? J’ai demandé au juge d’instruction de faire faire une enquête de moralité sur la personne du disparu. Je pense que nous avons assez d’éléments. La nouvelle piste nous conduit en France. Nous allons l’exploiter mais ensemble avec nos collègues français», a développé Raymond Tchimou.
Pourquoi le témoignage de Berté Seydou ne fait pas avancer l’enquête
Visiblement étonné de la sortie de Berté Seydou sur la télévision publique française France 3, le procureur de la République s’est fait fort de réagir sans laisser une minute s’écouler. Arguments à l’appui, il a démonté le scénario présenté par le prétendu témoin oculaire de l’enlèvement de Kieffer.
«Son témoignage ne nous fait pas avancer», a fait remarquer le magistrat. Selon lui, il n’y a rien de nouveau sous le ciel même si le témoignage émeut plus d’un. Auditionné le 23 août, Seydou Berté rapportait les mêmes faits. Le seul nouvel aspect, c’est que, un an après, il devient un témoin oculaire. Sinon, tout ce qu’il a dit a déjà été exploité. «Dans le cas de cette procédure, tous les lieux et sites dont il fait mention dans le reportage ont été, en son temps, perquisitionnés par les juges français et ivoiriens en charge de ce dossier», a déclaré M. Tchimou qui met par ailleurs en doute l’histoire dite par M. Seydou. «Comment un chauffeur de taxi a pu être témoin d’un fait pareil ?», s’interroge-t-il, avant d’ajouter: «C’est tout de même un peu gros ce qu’il a dit». Selon ses explications, le nommé Berté Seydou n’était qu’un des chauffeurs d’un des taxis du présumé coupable, le capitaine Jean-Tony, ex-membre des Services spéciaux ivoiriens. N’étant pas le chauffeur personnel du capitaine, et donc n’étant pas à bord de la fameuse 4X4 avec laquelle le captif aurait été enlevé et conduit à la Présidence avant d’être conduit deux jours après dans une villa (Cocody-Angré) puis dans une ferme aux volailles (PK17) où il aurait été abattu, comment aurait-il pu assister à une quelconque exécution de Kieffer ? Question. «Ce genre d’individu profite de la crainte des parents pour les escroquer et s’enrichir. C’est donc une aubaine pour Berté Seydou d’empocher de l’argent car la famille du disparu a promis des récompenses à qui aiderait à trouver leur époux, père et frère», a répondu M. Tchimou.
En outre, Berté Seydou, en son temps, avait livré plusieurs versions des faits à la justice. Toutefois, le magistrat l’invite à mettre à la disposition de la justice les nouvelles pièces qu’il détient - si nouvelles pièces il y a - au lieu d’en faire un chou gras dans la presse.
16:05 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vingtaine, côte d'ivoire, afrique, delugio, politique, actualité, international



