Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 03 juil. - dim. 09 juil. | Page d'accueil | lun. 17 juil. - dim. 23 juil. »

dimanche, 16 juillet 2006

Festival de cinéma de Ouagadougou : «La Victoire aux mains nues» censuré



samedi, 15 juillet 2006

Et si Zidane avait attendu pour régler ses comptes?



Telle est la solution qu’aurait préférée un internaute — appuyée de la thèse voulant que l’expulsion de Zinade ait nui à ses co-équipiers : http://blogs.nouvelobs.com/pyroman/index.php?afficheFichi...

J’avoue que cette thèse me tente. Elle présente cependant, à mes yeux, un inconvénient : elle reste — j’allais dire — strictement footbalistique. Au-delà de la «tasse», selon l’appellation anglaise du fameux trophée, il est vrai que la question du CV des copains interpelle… toujours sur un plan strictement footbalistique.

Je me demande toutefois si l’effet collatéral du geste de Zidane — et c’est là, j’ai essayé de le dire ces derniers jours, son intérêt essentiel : en deçà du football officiel et brillant, un coup de pied (ou de tête) dans la fourmilière officieuse du football des coups fourrés et autres insultes, harcèlement moral et racisme (cf. Aragonès ou Calderoli) jamais condamné clairement jusque là — ; je me demande si cet effet collatéral, lié à la notoriété de Zidane, et probablement non-prémédité, eût été produit dans les deux hypothèses qu'avance cet internaute : règlement de comptes au vestiaire en cas de victoire des Bleus (donc anonyme) ; sur le podium en cas de défaite — où le rapport avec les insultes aurait été fort improbablement fait. Et là, on aurait été fondé à soupçonner quelque chose de caractériel : aller tabasser sur le podium l’artisan de la défaite (l’auteur du but de l’égalisation) !

Aurait toujours manqué la force constatée de l’effet collatéral «du geste», a fortiori si le règlement de compte a posteriori relevait de l’ordre de la métaphore, et se réduisait donc à une série supplémentaire des déclamations tribunistiques auxquelles on est de toute façon habitué.

Décidément, à un plan non-strictement footbalistique, au regard de l’heureux effet collatéral sus-mentionné, les choses se sont passées au mieux !

Cela dit, à propos des remarques d’un autre internaute (http://blogs.nouvelobs.com/ARTEMIS/index.php?afficheFichi...) quant aux sanctions de l’acte, concernant Zidane : - une sanction footbalistique lui a déjà été infligée, - une enquête est en cours au plan de la Fifa, qui peut avoir des conséquences extra-footbalistiques. Reste que les injures aussi, notamment, le cas échéant, à caractère racial, tombent sous le coup de la loi. Et cet aspect des choses ne serait jamais venu au jour sans le grief sus-nommé et déjà en partie sanctionné : qui aurait eu l’idée d’aller fouiller les bandes vidéos pour y appliquer la lecture labiale ? Et, indépendamment des sentences des instituts de sondage, les Aragonès et autres Calderoli auraient continué à sévir sans être inquiétés. Sans trop rêver sur l’avenir concernant leur indécence, on peut espérer qu’ils soient plus portés à quelque, relative, rétention circonspective.



vendredi, 14 juillet 2006

Langue de bois : morceau d’anthologie. Un cas exemplaire.



Voilà un texte bref qui fait un véritable morceau de choix, digne d’une anthologie des exemples remarquables de maniement de la langue de bois.

Il s’agit d’un article paru dans Libération de ce jour (14 juillet, ça ne s’invente pas), sous le titre «Timide réchauffement diplomatique entre Lomé et Paris», signé de Thomas Hoffnung — http://www.liberation.fr/actualite/monde/193368.FR.php.

Gageons qu’avant la chute du mur de Berlin, cette brève composition de Thomas Hoffnung eût été donnée comme matière d’exercices dans les écoles de journalisme préparant les serviteurs de l’État à travailler à La Pravda.

Déjà le titre : «Timide réchauffement diplomatique entre Lomé et Paris». Où l’on se pince dès l’abord ! Ai-je bien lu ? L’inénarrable Hoffnung continue-t-il de peaufiner une carrière de comique ? — comme lorsqu’il nous expliquait (en déc. 2004) que les tirs des chars français sur le palais de Gbagbo, puis l’encerclement de l’hôtel Ivoire à Abidjan étaient la conséquence d’une erreur d’orientation : les chars français s’étaient trompés de route et l’État major français ne savait pas que l’Hôtel Ivoire était un des centres névralgiques du pouvoir ivoirien — il était donc étonné que les Français d’Abidjan menacés ne soient pas là ! Non, la foule des manifestants non armés sur lesquels on avait tiré n’étaient pas là pour protéger le pouvoir élu d’un coup d’État, mais pour menacer les Français — et tant pis s’ils n’étaient pas ici !

Hoffnung préparerait donc une retraite comme comique au Music Hall ? Eh non, apparemment ! — : si on lit la suite de l’article, on s’aperçoit que le titre ne doit pas être lu dans le registre de l’humour.

Hoffnung soutient vraiment que si Faure n’a toujours pas bénéficié comme papa d’une réception officielle bien comme il faut à Paris, c’est qu’il y a vraiment un «froid». Oh, certes, prudent, il use des guillemets, mais n’en dit pas moins ce qu’il annonce !

Apparemment si Hoffnung s’inspire du cinéma burlesque, il connaît moins ce genre de films policiers où le commanditaire d’un forfait évite de recevoir de façon trop ostensible l’exécutant qu’il en a chargé — jusqu’à ce que les vagues judiciaires soient passées.

C’est que manifestement pour Hoffnung, l’ «élection» de Faure, au prix de centaines de morts, et l’entérinement de cette «élection», ne doivent rien à Paris, qui a simplement «reconnu sa victoire, à l'instar de la communauté internationale». (Tiens, Hoffnung a perdu à nouveau l’usage des guillemets de «communauté internationale», qu’il semblait avoir découverts dans un article récent concernant la Côte d’Ivoire, où il tentait à grand coup d’esbroufe de sauver ce qui reste de crédit à Paris dans les démêlés judiciaires consécutifs aux événements de Bouaké de nov. 2004 : il s’agissait alors de nous vendre que, pour cette fois, Paris et la communauté internationale étaient d’accord pour laisser faire Gbagbo — sic).

La «communauté internationale» reste ce concept commode qui permet de dédouaner de toute façon toute action françafricaine. On est au cœur du maniement de la langue de bois. Et l’usage habile, tant du concept que de la concession ponctuelle des guillemets, montre qu’en la matière, Hoffnung est un expert.

Bref, «à l'instar de la communauté internationale», la France n’a fait que reconnaître, presque à contre-cœur, faut-il entendre, la victoire de Faure.

Cela dit, faut-il toujours entendre, notre diplomatie n’en était pas moins fâchée, de cette victoire ! Effectivement la langue de bois, et Hoffnung, ne peuvent que concéder qu’il y eut «fraude massive» ! Et donc, forcément, on est fâché ! — en «froid».

Et Hoffnung de nous resservir, en le plaçant naturellement dans la bouche du directeur de cabinet de Faure (bien utiles citations), le sempiternel poncif selon lequel les arrière-boutiques de la Françafrique, «c’est une autre époque».


Et donc, toute cette fâcherie était sérieuse, faut-il comprendre : «En réalité, la France attendait des gestes d'apaisement de la part des autorités de Lomé. Elle plaidait notamment pour l'ouverture d'un dialogue national qui serait parachevé par l'organisation de législatives "propres"», assure Hoffnung. Et poursuit-il, sans émettre le moindre doute quant à cette volonté parisienne d’élections «propres» (on aura noté ses guillemets), ça y est presque : «Une première étape a été franchie, lundi, avec la signature, par la majorité de l'opposition togolaise d'un accord politique "de base" portant, notamment, sur la mise en place d'une commission électorale indépendante. Toutefois, le principal adversaire du régime, l'Union des forces de changement de Gilchrist Olympio, a refusé de le parapher, parlant d' "escroquerie"». Aucun commentaire sur ce refus d’Olympio — bref, il pourrait y mettre un peu de bonne volonté !

Et pour conclure : «
Reste le cas Charles Debbasch», écrit Hoffnung. Cela pour nous dire quoi ? Que «Lomé n'a pas l'intention de l'expulser. Et Paris de le lui demander. Récemment, Debbasch, un ex-conseiller du président Giscard d'Estaing, a séjourné en France sans être inquiété.»

Bref, Paris voudrait bien, sans doute, «l’inquiéter», mais même s’il vient sur le territoire national, c’est tout de même embarrassant  pour nos bonnes relations avec le Togo : c’est eux, qui ne veulent pas le livrer !

Ce faisant, en nous donnant l’impression de nous apprendre, sur un ton détaché mais désapprobateur, ce que tout le monde sait, Hoffnung obtient un triple bénéfice : passer pour un vertueux dénonciateur d’un régime honni, regretter que Paris soit si «timide» à son égard, et du même coup, disculper totalement Paris, qui serait, hélas, si impuissant face à tout cela !

Si La Pravda avait pu prendre la leçon, le mur de Berlin serait peut-être encore en place…


jeudi, 13 juillet 2006

Zidane : échos en Afrique



Afrik.com : «Zidane s’excuse mais ne regrette rien»

Le meilleur joueur de ce Mondial donne ses premières explications — http://www.afrik.com/article10094.html

mercredi 12 juillet 2006, par Ali Attar


«Ce mercredi soir sur Canal +, Zinedine Zidane s’est expliqué pour la première fois sur les motifs du coup de tête qu’il a donné au défenseur italien Marco Materazzi lors de la récente finale du Mondial. Il s’excuse, mais ne regrette pas son geste car il y a des choses, des personnes, auxquelles nul ne peut toucher.

Pour la première fois depuis la finale de Dimanche, Zinedine Zidane, meilleur footballeur du Mondial a donné ses explications, toutefois sans répéter précisément ce qu’avait dit le défenseur italien. Morceaux choisis :
« Je lui ai dit d’arrêter de tirer mon maillot et que s’il le voulait, on pourrait faire l’échange à la fin du match", raconte Zidane, "Il a alors dit des mots très durs, des mots qui me touchaient au plus profond de moi. C’était très grave et très personnel. Cela concernait ma mère et ma sœur (...) J’aurais préféré une droite dans la figure...". "Je m’excuse auprès des milliards de téléspectateurs, je m’excuse haut et fort auprès des enfants, des éducateurs. Mais je ne peux pas regretter mon geste, cela signifierait que Materazzi a eut raison de dire ce qu’il a dit." ’Je ne crains pas l’enquête de la Fifa mais (...) le coupable est celui qui provoque. Ca suffit de toujours sanctionner la réaction. Il faut sanctionner le vrai coupable».

Quelques minutes plus tard, cette fois ci sur TF1, Zidane a ajouté que des propos tenus par des italiens, en particulier le dirigeant de la Ligue du Nord, Roberto Calderoli, vice-président du Sénat italien, qui a parlé de l’Equipe de France comme d’une équipe de "noirs, d’islamistes, de communistes", étaient encore plus choquants que son propre geste. Sur ce point, afrik s’étonne d’ailleurs qu’il n’y ait pas encore eu de réaction officielle de l’Etat français et des pays africains. Le discours de Roberto Calderoli devrait être condamné par l’ensemble de la Communauté Internationale.

Une polémique loin d’être terminée

Le président de la FIFA, Sepp Blatter, a déclaré ce mercredi que Zinedine Zidane pourrait se voir retirer son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde en raison du coup de tête porté à Materazzi. "Le vainqueur de cette récompense n’est pas désigné par la FIFA mais par une commission internationale de journalistes", a précisé Sepp Blatter dans le quotidien italien "La Repubblica". "Ceci dit, le comité exécutif de la FIFA a le droit, et le devoir, d’intervenir lorsqu’il est confronté à un comportement contraire à l’éthique sportive". On pourrait penser que ce discours pourrait s’adresser au moins autant aux provocations italiennes. Retirons son titre de meilleur joueur à Zizou, mais retirons aussi la Coupe du Monde à l’Equipe italienne dans ce cas...

Heureusement que d’autres ont une vision plus élevée. La poétesse cubaine Zoé Valdes a ainsi déclaré dans le quotidien espagnol El Mundo que Zidane était un héros. Ce fut, selon elle, "une histoire implacable et un drame (...) magnifique dans son déroulement, avec une conséquence humaine, celle du héros redevenant un homme"."Nous avons pu apprécier une idole dans toute sa fragilité", mais aussi "sa grandeur, son intégrité en tant que personne".

Quel que soit le résultat de l’enquête de la FIFA, Zinedine Zidane restera comme le plus grand joueur de ces dix dernières années, alors que tout le monde aura bientôt oublié Monsieur Blatter. Mais pour que son geste ne soit pas perdu, il faut aussi espérer que les Materazzi et Calderoli soient sévèrement sanctionnés.»



mercredi, 12 juillet 2006

Zidane : un autre enjeu



Avez-vous remarqué que la fête italienne se cantonne en un îlot italien, dont le centre est le Cirque Maxime ? — cette arène de gladiateurs ; tout un symbole !

Îlot désormais en effet, car l’enjeu s’est bel et bien déplacé, quoiqu’il en soit de la joie de ceux qui ont rejoint cette fête et quoiqu’il en soit de leurs raisons.

Ainsi, f
ace à l’injustice qu’a subie la Côte d’Ivoire républicaine de la part du pouvoir français, je comprends très bien la joie qui peut animer certains de voir frustrer ce pouvoir d’une victoire au Mondial qui aurait forcément rejailli sur lui. Cela dit, l’enjeu est désormais ailleurs.

Le reste du monde est déjà passé à un autre sujet, qui dépasse le sport, la victoire italienne et la défaite des «bleus» : «l’affaire» Zidane-
Materazzi.

Car c’est ici qu’est désormais le véritable enjeu de ce Mondial. Et c’est ici du coup que pourrait être le fondement de la victoire italienne (si tant est que l’on puisse percer le mystère d’une victoire ou d’une défaite au foot !) : des jurons racistes ayant entraîné l’expulsion de Zidane et la démoralisation de «bleus» qui dominaient très largement. Dès lors, l’avantage aux tirs au but pouvait-il être vraiment du côté de l’équipe déstabilisée ? — et à quel prix : celui des injures racistes qui fleurissent sur les stades européens ?!

Ce qui fait que désormais, il est temps pour quiconque n’a pas perdu toute lucidité d’abandonner les cris de triomphe. Cela vaut aussi pour les Italiens.

On a cru dans un premier temps que Zidane sortait déchu du stade de Berlin et du Mondial. On commence à se réveiller de la léthargie des lendemains de fête — fût-elle gâchée. Il apparaît déjà que le geste de Zidane, loin de l’avoir diminué, l’aura au final probablement grandi.

Ne serait-ce que parce que l’humanité n’a jamais diminué un homme. Quelle que soit la victoire ou la défaite à un jeu où le hasard joue un rôle non négligeable, et qui n’en reste pas moins un jeu, il n’y a pas de honte à montrer de la faiblesse. Dans deux registres différents, les larmes de Thuram et le coup de tête de Zidane relèvent de la grandeur.

Et si leur teneur nous reste cachée, il est des mots dont la petitesse ne rejaillit en rien sur celui qui en est à ce point blessé.

Mais surtout, déjà se pose cette question, qui va bien au-delà des défaites et des victoires sportives :  et si «le geste» de Zidane était celui auquel il fallait enfin en venir pour mettre vraiment et clairement le holà — au-delà des déclarations lénifiantes concédées tardivement par la FIFA contre le racisme — à ce que tout le monde sait depuis longtemps et que dénoncent SOS Racisme, Licra et d’autres, en vain.

L’indécent sélectionneur espagnol insultant Thierry Henry en le traitant de «merdeux de Nègre» n’a à ce jour subi aucune sanction significative, le public continue de brailler son racisme contre les joueurs «de couleur», et ce Materazzi aurait continué impunément à déverser de sa bouche ses propos malodorants…

Et aujourd’hui certains s’offusquent de ce qui serait un «mauvais exemple» de Zidane ! Oh certes, il n’y a pas lieu d’exalter les coups de tête ! Mais cette façon de dénoncer le geste dénonciateur plutôt que la faute récurrente — autrement grave — qui sévit sur les stades, ressemble fort au carton rouge levé contre Zidane.

Ce carton rouge pourrait alors devenir aussi le panneau d'alerte enfin levé, qui verrait des sanctions enfin sérieuses contre l’indécence tue. Déjà, bonne nouvelle, SOS Racisme a demandé une enquête. Zidane serait alors le premier qui a dit la vérité, et de quelle façon — avec une éloquence qui remplace bien des mots. Et si, alors, la défaite des «bleus» devenait la victoire de la décence ?




mardi, 11 juillet 2006

«Ces "Bleus" si "Black"»



«Pan Afrique: Coupe du monde 2006 - Ces "Bleus" si "Black": vive la racaille!»