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mercredi, 06 septembre 2006

Déchets toxiques à Abidjan – Un début d’explication du silence des médias français ?



Voilà une catastrophe écologique majeure : le déversement de déchets hautement toxiques amenés depuis le port autonome d’Abidjan en divers endroits de la ville. Déjà des morts et nombreuses personnes gravement malades. Des familles entières ont dû fuir leur domicile.

medium_bateau_poubelle.JPGL’affaire fait la Une de tous les journaux ivoiriens, est relevée par l’AFP,… et pas un mot en France.

Or, sans compter le fait que la gravité de la chose demanderait au moins un mot, on aurait là apparemment tout ce qu’il y a d’explosif, à un moment opportun : à quelques semaines de la rencontre de l’Onu où il va être question de la Côte d’Ivoire alors que les élections prévues ont été renvoyées sine die suite au refus rebelle de désarmer. Raison de plus de s’étonner de ce silence de nos médias pourtant d’ordinaire si prompts à relever tout ce qui peut nuire au pouvoir Gbagbo.

Les médias français ne nous ont-ils pas habitués à mettre à profit les périodes comme celle qui s’approche pour fragiliser autant que possible le pouvoir Gbagbo ? Ainsi, on nous a ressorti ces derniers temps l’affaire de la disparition de G.-A. Kieffer, pour nous livrer quelques conditionnels pas bien nouveaux — qui n’arrivent toujours pas atteindre celui qu’ils cherchent à viser, Gbagbo. À défaut de l’atteindre, ces conditionnels ont à nouveau servi à l’attaquer et à réclamer qu’il soit démis «de gré ou de force» (Hoffnung – Libération) (sic !).

Et en même temps, éclate une affaire énorme, susceptible de faire tomber bien du monde… et aucun média français ne s’en saisit ? Malgré la gravité écologique et sanitaire de la catastrophe ! Voilà qui est curieux !

Pourquoi donc un tel silence ?

Et si ce que dévoile L’inter (journal considéré comme ‘indépendant’ par les médias français) ci–dessous donnait l’explication ? À savoir : le pouvoir Gbagbo n’est probablement pas en cause ! Une attaque à ce point se révèlerait rapidement vaine — :


L’interhttp://news.abidjan.net/presse/linter.htm :

«La thèse du deal se précise. Voici le ministère incriminé»

«L’affaire du déversement des déchets toxiques à Abidjan continue de livrer ses secrets. Mieux, la thèse du deal se précise. L’Etat ivoirien par le truchement de son ministère des Transports, a accepté d’accueillir ces déchets toxiques sur le sol au détriment de la santé de ses populations. Ce, alors même que les responsables de ce navire pollueur ont pris soin d’informer les autorités ivoiriennes de la toxicité du produit qu’ils transportent. Pourquoi le ministère des Transports et le port d’Abidjan ont-ils quand même permis à ce bateau d’accoster. Le fait qui interpelle plus d’une personne c’est la célérité avec laquelle cette opération de vidange a été menée. Tout porte à croire que c’est une affaire parfaitement huilée depuis plusieurs semaines. Jugez-en vous même. Le 12 juillet 2006, la société Tommy spécialisée dans le vidange des eaux usées, l’entretien et le soudage des bateaux, reçoit son autorisation de création des mains du ministère des Transports {Ministre Innocent Kobena Anaky - Mouvement des forces de l'avenir, opposition bloc ‘houphouëtiste’}. Moins d’un mois après, soit le 09 août, le Port autonome d’Abidjan (Paa)* accorde à la société Tommy, le contrat pour le vidange du bateau ‘’Probo Koala’’. Un si gros marché pour une société qui a moins d’un mois d’existence. Dix (10) jours plus tard, le navire accoste avec son contenu toxique. Après avoir été codifié par les soins du service ‘’Point de contact’’ du port d’Abidjan, le navire devait être inspecté par les agents des affaires maritimes, direction rattachée au ministère des Transports et ceux du Ciapol, service spécialisé au ministère de l’Environnement. Mais de sources digne de foi, le navire n’aurait pas subi ces étapes. Pourquoi ? Le Ciapol affirme que les prélèvements ont eu lieu sur les sites, notamment à la décharge d’Akouédo et non pas sur le bateau ? Ce fait est des plus curieux dans la mesure où le Ciapol devait d’abord faire des analyses sur la toxicité du produit transporté avant de donner l’autorisation à la société Tommy de faire le vidange. Pourquoi, les choses se sont-elles passées ainsi ? Pourquoi, le Port a-t-il libéré le bateau alors que le Ciapol au vu des résultats de ses analyses sur les échantillons prélevés à Akouédo, a demandé la garde à vue de ce navire ? Bien des interrogations qui confirment la thèse d’un deal entre la société Tommy et le port, le ministère des Transports et même le district d’Abidjan qui a ouvert les portes de la décharge à une heure aussi avancée de la nuit.» JLG


Aurait-on là l’explication du silence de nos médias ? Silence similaire, apparemment, à celui concernant les tirs policiers sur des étudiants dont on n’a pas eu d’écho non-plus – cf. ce blog hier et l’article d’Anassé Anassé du Courrier d’Abidjan : http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14...).



* Précision importante :  MISE AU POINT DU PORT AUTONOME D’ABIDJAN RELATIVE AUX DECHETS TOXIQUES DEVERSES A ABIDJAN publiée dans le Courrier d'Abidjan (6.09.06) - où il apparaît que le PAA n'est pas en cause.



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