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samedi, 05 août 2006

Hollande et le PS sur la Côte d’Ivoire : la dérive des incontinents



Après le lâchage peu glorieux des socialistes ivoiriens et de la Côte d’Ivoire républicaine par le PS français, se rangeant pitoyablement derrière les excès diplomatico-militaro-coloniaux de la droite française ; jugeant, par la voix du premier secrétaire Hollande, Gbagbo infréquentable ; allant jusqu’à demander par un appel (lancé dans le Nouvel Obs par Montebourg et cosigné par une dizaine de responsables PS) l’excommunication du FPI de l’Internationale Socialiste — après tout cela, le PS se rend-il compte qu’il s’est fait avoir ?!

Dans le nouveau ton de son premier secrétaire interviewé par Jeune Afrique, on assiste à une tentative confuse d’explications, qui montre, hélas que la gauche française n’a cependant toujours pas compris ce qui se passe en Afrique. Admettons que les dérives et l’incontinence verbale des Hollande, Montebourg, Moscovici, Besson, & Cie, aient été faites de bonne foi. Admettons qu’ils se soient laissé piéger par la propagande françafricaine du pouvoir relayée par la presse française unanime (après tout, même l’extrême gauche, qui a pourtant vu la dimension néo-coloniale de l’attitude française, a cru à la propagande médiatique sur l'«ivoirité» et la xénophobie — pourquoi pas le PS aussi ?). Admettons donc qu’ils aient été de bonne foi. Que ne sont-ils donc pas plus clairs, alors, pour dire leur prise de conscience ?

Au lieu de cela, interviewé par le célèbre magazine françafricain, Hollande, semblant peaufiner un possible avenir élyséen familial ; Hollande, après des excuses qui n’en sont pas, puisqu’il tient quand même à dire qu’il a eu au fond raison de tenir ses propos indécents d’il y a deux ans, après donc ce qui revient à la vieille arrogance coloniale de celui qui donne des leçons (qui n’ont même pas lieu d’être !) à son «camarade» ; après cela, Hollande nous sert une resucée de Sarkozy, qui l’a précédé de quelques semaines dans le passage obligé en Afrique de sa campagne électorale, pour nous asséner de façon grandiloquente la même banalité que nous servent sur les relations France-Afrique tous les candidats aux élections en France en ces termes : «
Un maître mot pour conclure : la transparence. Le temps de l'opacité et de la connivence est révolu.»

«Maître mot» a-t-il dit ! Ce «maître mot» en forme de mot du maître qu’ont tenu tous ceux qui ont ambitionné d’être le maître de l’Élysée, jusqu’à Sarkozy le mois dernier, et qui engage à quoi ? Chirac lui-même n’est–il pas pour la transparence ? Voilà certes qui ne mange pas de pain, surtout quand on vient, en forme d’esquisse d’excuses, dans un flot d’incontinence verbale, de ne rien dire…

PS français, encore un effort si vous vous voulez passer enfin à la décolonisation de vos esprits…


Ci-dessous la lecture des propos de Hollande dans un journal ivoirien :


Le
Courrier d’Abidjan — Parution N° 780 du mercredi 2 Aout 2006, rubrique «Le blog de Théo»
http://news.abidjan.net/presse/courrierabidjan.htm

par Théophile Kouamouo :


«L’ami François !


François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste français, probable futur «Premier Monsieur» de France (sa compagne Ségolène Royal est bien placée pour gagner les élections), a donné une interview à Jeune Afrique. Dans laquelle il était question, bien entendu, de la Côte d’Ivoire et de Laurent Gbagbo, qu’il jugeait «infréquentable» il y a quelques années – en pensant que cette sentence impériale avait une quelconque importance dans la vie politique réelle. Trouve-t-il toujours que le président ivoirien doit être mis en quarantaine ? Non. «S’il revient à Paris, je suis prêt à le voir», dit-il sans se demander si la réciproque est vraie et si l’enjeu a la moindre importance pour le camarade d’Abidjan. Insulte-t-il toujours Gbagbo avec la même flamme ? Non. Il s’est ramolli, et préfère opter pour une langue de bois prudente et politiquement correcte, dont le principal objectif est de justifier toutes ses positions précédentes – y compris les écarts de langage. «Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir en Côte d'Ivoire de façon démocratique et dans des circonstances très difficiles. Il a ensuite été emporté dans un maelström de conflits régionaux et ethniques qui l'ont amené, notamment en utilisant le concept de l'ivoirité, à s'éloigner des principes qui étaient les siens à l'origine. Certes, il a été l'objet d'une tentative de déstabilisation, et il a fallu qu'il se défende et qu'il défende l'intégrité de son pays. Mais, même s'il y a eu provocation, cela n'excuse pas les exactions que ses partisans ont commises. Nous les avons condamnées. Non pas dans le souci de lui nuire, mais pour lui rappeler les principes essentiels qui fondent son appartenance à la famille socialiste», dit Hollande. Ses contorsions et son désir maladroit de se justifier nous renseignent sur les expectations du Parti socialiste tendance Hollande-Royal, plus tout à fait convaincu que l’ami Laurent est sur le départ – mais conscient qu’une porte ouverte à Abidjan peut toujours servir. Mais surtout, l’on sent une sorte de morale missionnaire étrange, qui ne se justifie pas. Le PS tolérerait-il que le FPI lui rappelle avec le même ton les principes qui fondent son appartenance à la famille socialiste ? Le PS utiliserait-il ce ton pour rappeler à Tony Blair par exemple, les mêmes principes ? Y a-t-il dans la famille socialiste des enfants légitimes et des enfants adoptés ? Pour sauver l’Internationale socialiste, des hommes comme Hollande doivent faire leur psychanalyse et tuer en eux «le colon de gauche».»



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