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mercredi, 07 février 2007
Étrange arrestation
Le Matin d’Abidjan & L'humanité
Le Matin d’Abidjan — mercredi 7 février 2007 — http://news.abidjan.net/h/236209.html :
«Incarcération d’un jeune patriote a Paris - Ce que la justice française lui reproche»
par Philippe Kouhon :
«Le mystère qui entoure jusque là l’arrestation d’un jeune pariote ivoirien à Paris reste entier. Au point que la presse française qui semblait n’accorder aucune importance au sujet a décidé de s’y interesser. Cela fait deux semaines que le jeune patriote ivoirien, Yapo Assi Innocent dit Kalaï est écroué à Paris. Interpellé à son domicile en banlieue parisienne le 23 janvier dernier, "Kalaï ne sera pas de nouveau entendu par la justice française avant fin février", avait averti maître Carine Bourdier, l'avocate commise d'office et qui a assisté le jeune prévenu, le premier jour de l'instruction. C'était le jeudi 25 janvier, le jour de son incarcération à la prison parisienne de la santé. Depuis, sa compagne peine à obtenir de la juge d'instruction, un permis de visite. De leur côté, les deux avocats désignés par les proches de Kalaï ont dû batailler fort pour arriver à rencontrer leur client et organiser la défense des juges d'instruction et des avocats; qui ont prétexté du secret d'instruction pour justifier son action; nous avons donc pu en savoir davantage sur les motifs de l'arrestation du jeune patriote. Une source proche du dossier nous a en effet confié ceci : "Le jeune ivoirien aurait appartenu à un groupe de manifestants qui ont pillé et saccagé un Lycée français à Abidjan lors des évènements de novembre 2004… Mais sur les photographies prises sur les lieux, on voit juste un groupe de jeunes manifestants devant plusieurs appartements…On ne sait pas où exactement… Dans tous les cas, ni la police, ni la gendarmerie, encore moins la justice, n'ont de preuves formelles de la participation de votre ami à ces actes… Seulement ils savent qu'il (Kalaï) en sait beaucoup…Et espèrent qu'il parlera ". Et d'ajouter : " C'est d'ailleurs sur plainte du directeur du lycée français, rapatrié en France aux premières heures des évènements, en même temps que plusieurs autres familles françaises vivant en Côte d'Ivoire, qu'une commission rogatoire a été ordonnée par la juge Ducos (affaire civile)…Ce qui est différent de l'enquête de la juge Florence Michon du tribunal aux armées qui s'occupe des affaires militaires telles que le bombardement du camp français de Bouaké". Au moment de l'interpellation déjà, deux des gendarmes qui ont effectué le déplacement du domicile du jeune couple ivoirien disaient revenir d'Abidjan. Dès les premières heures de leur interpellation, il avait été proposé à Kalaï de collaborer en échange d'un titre de séjour. Véritable chantage qui rappelle les cas de IB (l'un des chefs de la rébellion ivoirienne) et Tony Oulai (un déserteur de l'armée ivoirienne), interpellés en France dans le cadre d'une "atteinte à la sûreté de l'État ivoirien", écroués puis relâchés avec en prime, des cartes de séjour. Ce, après avoir été maintenus longtemps à la prison de la santé et utilisés comme appâts; soit pour renouer avec Abidjan, soit pour tenter d'incriminer Laurent sur des sujets comme les évènements de novembre 2004 à Bouaké et Abidjan. Les patriotes ivoiriens résidant en l'Europe se disent "très préoccupés" par l'arrestation de l'un des leurs. Depuis donc l'incarcération à Paris du jeune Yapo Innocent Assi, ils sont nombreux à venir aux nouvelles. Des appels de Londres, Allemagne, Suisse, Autriche, USA, Italie, Belgique…sont enregistrés chaque jour, par le petit comité parisien de soutien à sa cause. Le week-end dernier, ils ont appelé à une mobilisation pour la "libération de leur camarade". Et au dire du président du comité, Pacome Zégbé, les patriotes ivoiriens veulent se faire entendre lors du prochain sommet France-Afrique (14-17 février à Cannes), surtout en prenant une part active aux manifestations qui rentrent dans le cadre du contre-sommet, à Paris, à Cannes et à Lyon. De son côté, l'ambassade de Côte d'Ivoire en France, qui a reçu ce week-end, la réponse à sa note d'explication auprès du Quai d'Orsay souhaite jouer sa partition. "Maintenant que nous avons la réponse des autorités françaises, nous allons faire ce qui est de droit", nous confiait, S.E.M. Hyacinthe Kouassi.»
L'humanité :
«Étrange arrestation
Depuis le 23 janvier, un jeune partisan de Gbagbo est détenu à la Santé. Les Ivoiriens de Paris, partisans de Laurent Gbagbo, s'organisent pour protester contre l'arrestation, le 23 janvier, d'Innocent Yapo et son incarcération à la prison de la Santé. Il a été arrêté à son domicile des Yvelines puis interrogé par les gendarmes, sur ses activités en Côte d'Ivoire, en novembre 2004. Dans le contexte d'une rébellion ''tenant'' toute la partie nord du pays, cette date marque le bombardement du camp de la force française ''Licorne'' à Bouaké, par deux avions pilotés par des mercenaires ''slaves'', qui a causé la mort de neuf militaires français. Le doute subsiste sur le déroulement de l'opération. La justice ivoirienne demande, entre autres, l'autopsie des neuf morts. En représailles, en novembre, intervient la destruction au sol, de l'aviation ivoirienne par l'armée française, puis des manifestations antifrançaises réprimées par les soldats de ''Licorne'' dans Abidjan, avec 67 morts ivoiriens. Du 4 au 13 janvier dernier, trois magistrats ivoiriens sont venus à Paris, rencontrer le juge d'instruction du tribunal des armées pour demander l'exécution de commissions rogatoires internationales pour l'audition de militaires français. Mais la démarche n'a pas abouti, comme le révèle l'interview du procureur d'Abidjan réalisée le 17 janvier par Philippe Kouhon, corres-pondant en France du Matin d'Abidjan. C'est dans ce contexte qu'Innocent Yapo a été arrêté pour un dossier présenté par la juge d'instruction comme "une affaire d'État". On lui reprocherait vol et pillage en réunion avec voie de faits, sur la base de témoignages de Français qui se sont portés partie civile dans la destruction de leurs biens, lors des mani-festations d'Abidjan. Les Ivoiriens de Paris dénoncent une provocation alors que la situation semble se détendre dans leur pays. Jacques Chirac, ayant invité Laurent Gbagbo au sommet France-Afrique, à Cannes, du 14 au 16 février, le maintien en détention de ce ''témoin'', voire de ce ''lampiste'', semblerait plutôt mal venu. Surtout après le refus de la justice de coopérer à l'enquête ivoirienne.»
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lundi, 05 février 2007
Règlement de la crise ivoirienne - Le rôle du Burkina Faso
macotedivoire.info - 05-février-2007 - http://www.macotedivoire.info/alaune.php?action=lire_mess...
par Armand Bohui :
"Plusieurs observateurs de la crise ivoirienne se demandent pourquoi les discussions se passent au Burkina Faso et si le dialogue est véritablement direct. Des précisions méritent d’être faites…
Certains diront : "c’est de là-bas qu’est partie la guerre et c’est encore de là bas que devrait venir la paix. Ils ont certainement raison. Car il est constant que le Burkina Faso, pays frère de la Côte d’Ivoire a quelque chose à avoir avec la guerre imposée à la Côte d’ivoire depuis bientôt cinq ans.
Au plus fort des combats entre les rebelles et les loyalistes, des éléments de l’armée régulière du Burkina Faso ont été pris, y compris des civils qui ont participé aux cotés des rebelles à combattre les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) de Côte d’Ivoire. Concernant les rebelles ivoiriens, c’est au Burkina Faso qu’ils ont établi pour certains leurs bases et c’est surtout dans ce pays frère qu’ils ont été entraînés. Le Burkina de Blaise Compaoré n’est donc pas étranger à la guerre qui se passe en Côte d’Ivoire. Le Président Blaise Compaoré lui-même s’est plusieurs fois prononcé sur la crise ivoirienne sans précaution, estimant à la suite du président français, que le président ivoirien dont le pays a été attaqué doit faire l’objet de poursuites judiciaires. Tous ces souvenirs font que des ivoiriens n’arrivent pas à comprendre pourquoi le règlement de la crise devrait se passer au Burkina Faso. Ils s’interrogent sur le rôle exact du président du Faso dans cette crise.
Blaise n’est pas médiateur
Dans le processus initié par le président ivoirien, il n’y a pas de médiation. Le président Blaise Compaoré dont le pays abrite les négociations inter-ivoiriennes n’est pas un médiateur et ne remplace aucunement le président sud-africain Thabo Mbeki. Au cours de leur dernier sommet, la CEDEAO et l’UA ont demandé au président burkinabé de faciliter "le dialogue direct" entre le Président de la République de Côte d’Ivoire et la rébellion. Par conséquent le Chef de l’Etat Burkinabé n’est que facilitateur. En demandant au président Compaoré d’être facilitateur, les Africains sont conscients que cette requête se justifie. Ils savent qu’au Burkina Faso, les rebelles ivoiriens seront à l’aise et aussi en sécurité. Il reste à savoir si on peut parler de "dialogue direct" dans un autre pays.
Le dialogue est-il direct ?
Dans le cadre de règlement de la crise proposé par le président ivoirien, il y a cinq propositions. La plus importante est de l’avis de beaucoup d’analystes, "le dialogue direct". Cela signifie que les rebelles doivent être face-à-face avec le Président de la République. L’essentiel étant de discuter sans intermédiaire, le lieu importe peu. Pourvu que les discussions se passent entre les seules deux parties. C’est pourquoi il faut estimer que le dialogue est direct."
18:35 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0)



